MADRIGAL CONTRE BOYER
es pièces de théâtre de Boyer étoient si dé^ criées dans Baris, qu'il se vit à la fin obligé de supprimer son nom quand il en ronloit produire quelqu'une. Avant qu'il se fût avisé de cet expédient, il en fit représenter une qui eut la destinée des autres. On la produisit un vendredi , qui est ordinairement le grand jour de la comédie, et peu de gens y vinrent. Heureusement pour lui, il pleu- Yoit fort ce jour-là; il s'avisa de dire, pour sauver cette
Sai Bons Mots.
solitode, que la pluie en étoit cause. Le dimanche ensuite on donna une seconde représentation où il y eut encore moins de monde. Le temps étoit fort beau ce jour-là^ et le mallieareux Boyer imputa au beau temps sa triste destinée^ prétendant que par un si beau soleil on avoit mieux aimé aller promener que de venir à la comédie. On trouva si plaisante cette manière de se disculper que Ton la mit en vers de cette sorte :
Quand les pftcM si peu rantëes
De Bojrer «ont représentées , Chagrin qn'U esfc d^y roir si peu de gens,
Voici comme U tourne la chose :
Le vendredi, la plnie en est la cause,
Et le dimanche le beau temps.