L'AVEUGLE
remarquèrent un grand vol de corbeaux qui tournoyaient sans fin au-dessus de la plaine, puis s'abattaient comme une pluie noire en tas à la même place , repartaient et revenaient toujours.
La semaine suivante, ils étaient encore là, les oiseaux sombres. Le ciel en portait un nuage comme s'ils se fussent réunis de tous les coins de l'horizon; et ils se laissaient tomber avec de grands cris dans la neige éclatante, qu'ils tachaient étrangement et fouillaient avec obstination.
Un gars alla voir ce qu'ils faisaient, et découvrit le corps de l'aveugle, à moitié dévoré déjà, déchiqueté. Ses yeux pâles avaient disparu, piqués par les longs becs voraces.
Et je ne puis jamais ressentir la vive gaieté des jours de soleil, sans un souvenir triste et une pensée mélancolique vers le gueux, si déshérité dans la vie que son horrible mort fut un soulagement pour tous ceux qui l'avaient connu.
L'Aveugle a paru dans le Gaulois du vendredi 31 mars 1882.
DISONS qu'elle s'appelait M"'" Anserre, pour qu'on ne découvre point son vrai nom.
C'était une de ces comètes parisiennes qui laissent comme une traînée de feu derrière elles. Elle faisait des vers et des nouvelles, avait le cœur poétique et était belle à ravir. Elle recevait peu, rien que des gens hors ligne, de ceux qu'on^ appelle communément les princes de quelque chose. Etre reçu chez elle constituait un titre, un vrai titre d'intelligence; du moins on appréciait ainsi ses invitations. ^
Son mari jouait le rôle de satellite obscur. Etre l'époux d'un astre n'est point chose aisée. Celui-là cependant avait eu une idée forte, celle de créer un Etat dans FEtat, de posséder son mérite à lui, mérite de second ordre, il est vrai; mais enfin, de cette façon, les jours où sa femme recevait, il recevait aussi; il avait son public spécial qui l'appréciait, l'écoutait, lui prêtait plus d'attention qu'à son éclatante compagne. 11 s'était adonné à l'agriculture; à l'agriculture en chambre. H y a comme cela des généraux en chambre, — tous ceux qui naissent, vivent et meurent sur les ronds de cuir du ministère de la guerre, ne le sont-ils
pas? — des marins en chambre, — voir au ministère de {a marine, — des colonisateurs en chambre, etc., etc. II avait donc étudié l'agriculture, mais il l'avait étudiée profondément, dans ses rapports avec les autres sciences, avec l'économie politique, avec les arts, — on met les arts à toutes les sauces, puisqu'on appelle bien ((travaux d'art» les horribles ponts des chemins de fer. Enfin il était arrivé à ce qu'on dît de lui : ((C'est un homme fort.» On le citait dans les Revues techniques; sa femme avait obtenu qu'il fût nommé membre d'une commission au ministère de l'agriculture.
Cette gloire modeste lui suffisait.
Sous prétexte de diminuer les frais, il invitait ses amis le jour où sa femme recevait les siens, de sorte qu'on se mêlait, ou plutôt non, on formait deux groupes. Madame, avec son escorte d'artistes, d'académiciens, de ministres, occupait une sorte de galerie, meublée et décorée dans le stvie Empire. Monsieur se retirait généralement avec ses laboureurs dans une pièce plus petite, servant de fumoir, et que M™' Anserre appelait ironiquement le salon de l'Agriculture.
Les deux camps étaient bien tranchés. Monsieur, sans jalousie, d'ailleurs, pénétrait quelquefois dans l'Académie, et des poignées de main cordiales étaient échangées; mais l'Académie dédaignait infiniment le salon de l'Agriculture , et il était rare qu'un des princes de la science, de la pensée ou d'autre chose se mêlât aux laboureurs.
Ces réceptions se faisaient sans frais : un thé , une brioche, voilà tout. Monsieur, dans les premiers temps, avait réclamé deux brioches, une pour l'Académie, une pour les laboureurs; mais Madame ayant justement observé que cette manière d'agir semblerait iiidi(|uer deux camps, deux réceptions, deux partis,
Monsieur n'avait point insisté; de sorte qu'on ne servait qu'une seule brioche, dont M™^ Anserre faisait d'abord les honneurs à l'Académie et qui passait ensuite dans le salon de l'Agriculture.
Or, cette brioche fut bientôt, pour l'Académie, un sujet d'observation des plus curieuses. M""" Anserre ne la découpait jamais elle-même. Ce rôle revenait toujours à l'un ou à l'autre des illustres invités. Cette fonction particulière, spécialement honorable et recherchée, durait plus ou moins longtemps pour chacun : tantôt trois mois, rarement plus; et l'on remarqua que le privilège de «découper la brioche» semblait entraîner avec lui une foule d'autres supériorités, une sorte de royauté ou plutôt de vice-royauté très accentuée.
Le découpeur régnant avait le verbe plus haut, un ton de commandement marqué; et toutes les faveurs de la maîtresse de maison étaient pour lui, toutes.
On appelait ces heureux dans l'intimité, à mi-voix, derrière les portes, les «favoris de la brioche», et chaque changement de favori amenait dans l'Académie une sorte de révolution. Le couteau était un sceptre, la pâtisserie un emblème; on félicitait les élus. Les laboureurs jamais ne découpaient la brioche. Monsieur lui-même était toujours exclu, bien qu'il en mangeât sa part.
La brioche fut successivement taillée par des poètes, par des peintres et des romanciers. Un grand musicien mesura les portions pendant quelque temps, un ambassadeur lui succéda. Quelquefois un homme moins connu, mais élégant et recherché, un de ceux qu'on appelle, suivant les époques, vrai gentleman, ou parfait cavalier, ou dandy, ou autrement, s'assit à son tour devant le gâteau symbolique. Chacun d'eux, pendant son règne éphémère, témoignait à l'époux une
considération plus grande; puis quand l'heure de sa chute était venue, il passait à un autre le couteau et se mêlait de nouveau dans la foule des suivants et admirateurs de la «belle Madame Anserre».
Cet état de choses dura longtemps, longtemps; mais les comètes ne brillent pas toujours du même éclat. Tout vieillit par le monde. On eût dit, peu à peu, que l'empressement des découpeurs s'affaiblissait ; ils semblaient hésiter parfois , quand on leur tendait le plat; cette charge jadis tant enviée devenait moins sollicitée; on la conservait moins longtemps; on en paraissait moins fier. M'"" Anserre prodiguait les sourires et les amabilités; hélas! on ne coupait plus volontiers. Les nouveaux venus semblaient s'y refuser. Les «anciens favoris» reparurent un à un comme des princes détrônés qu'on replace un instant au pouvoir. Puis, les élus devinrent rares, tout à fait rares. Pendant un mois, ô prodige, M. Anserre ouvrit le gâteau; puis il eut l'air de s'en lasser; et l'on vit un soir M"'' Anserre, la belle Madame Anserre , découper elle-même.
Mais cela paraissait l'ennuyer beaucoup; et, le lendemain, elle insista si fort auprès d'un invité qu'il n'osa point refuser.
Le symbole était trop connu cependant; on se regardait en dessous avec des mines effarées, anxieuses. Couper la brioche n'était rien, mais les privilèges auxquels cette faveur avait toujours donné droit épouvantaient maintenant; aussi, dès que paraissait le plateau, les académiciens passaient pêle-mêle dans le salon de l'Agriculture comme pour se mettre à l'abri derrière l'époux qui souriait sans cesse. Et quand jyjme Anserre, anxieuse, se montrait sur la porte avec la brioche d'une main et le couteau de l'autre, tous semblaient se ranger autour de son mari comme pour lui demander protection.
Des années encore passèrent. Personne ne découpait plus; mais par suite d'une vieille habitude invétérée, celle qu'on appelait toujours galamment la «belle Madame Anserre» cherchait de l'œil, à chaque soirée, un dévoué qui prît le couteau, et chaque fois le même mouvement se produisait autour d'elle : une fuite générale, habile, pleine de manœuvres combinées et savantes, pour éviter l'offre qui lui venait aux lèvres.
Or, voilà qu'un soir on présenta chez elle un tout jeune homme, un innocent et un ignorant. Il ne connaissait pas le mystère de la brioche; aussi lorsque parut le gâteau, lorsque chacun s'enfuit, lorsque M'"" Anserre prit des mains du valet le plateau et la pâtisserie, il resta tranquillement près d'elle.
Elle crut peut-être qu'il savait; elle sourit, et, d'une VOIX émue :
— Voulez-vous, cher monsieur, être assez aimable pour découper cette brioche?
II s'empressa, ôta ses gants, ravi de l'honneur.
— Mais comment donc, madame, avec le plus grand plaisir.
Au loin, dans les coins de la galerie, dans l'encadrement de la porte ouverte sur le salon des laboureurs, des têtes stupéfaites regardaient. Puis, lorsqu'on vit que le nouveau venu découpait sans hésitation, on se rapprocha vivement.
Un vieux poète plaisant frappa sur l'épaule du néophyte :
— Bravo! jeune homme, lui dit-il à l'oreille.
On le considérait curieusement. L'époux lui-même parut surpris. Quant au jeune homme, il s'étonnait de la considération qu'on semblait soudain lui montrer, il ne comprenait point surtout les gracieusetés marquées, la faveur évidente et l'espèce de reconnaissance
30 CEUVRES POSTHUMES.
muette que lui témoignait la maîtresse de la maison.
11 paraît cependant qu'il finit par comprendre.
A quel moment, en quel lieu la révélation lui lutelle laite? On l'ignore; mais il reparut à la soirée suivante, il avait l'air préoccupé, presque honteux, et regardait avec inquiétude autour de lui. L'heure du thé sonna. Le valet parut. M'"" Anserre, souriante, saisit le plat, chercha des yeux son jeune ami; mais il avait fui si vite qu'il n'était déjà plus là. Alors elle partit à sa recherche et le retrouva bientôt tout au fond du salon des «laboureurs». Lui, le bras passé sous le bras du mari, le consultait avec angoisse sur les moyens employés pour la destruction du phylloxéra.
— Mon cher monsieur, lui dit-elle, voulez-vous être assez aimable pour me découper cette brioche?
Il rougit jusqu'aux oreilles, balbutia, perdant la tête. Alors M. Anserre eut pitié de lui et, se tournant vers sa femme :
— Ma chère amie, tu serais bien aimable de ne point nous déranger : nous causons agriculture. Faisla donc couper par Baptiste, ta brioche.
Et personne depuis ce jour ne coupa plus jamais la brioche de M'"" Anserre.
DE Dieppe au Havre la côte présente une falaise ininterrompue, haute de cent mètres environ, et droite comme une muraille. De place en place, cette grande ligne de rochers blancs s'abaisse brusquement, et une petite vallée étroite, aux pentes rapides couvertes de gazon ras et de joncs marins, descend du plateau cultivé vers une plage de galet où elle aboutit par un ravin semblable au lit d'un torrent. La nature a fait ces vallées, les pluies d'orages les ont terminées par ces ravins, entaillant ce qui restait de falaise, creusant jusqu'à la mer le lit des eaux qui sert de passage aux hommes.
Quelquefois un village est blotti dans ces vallons, où s'engouffre le vent du large.
J'ai passé l'été dans une de ces échancrures de la côte, logé chez un paysan, dont la maison, tournée vers les flots, me laissait voir de ma fenêtre un grand triangle d'eau bleue encadrée par les pentes vertes du val, et tachée parfois de voiles blanches passant au loin dans un coup de soleil.
Le chemin allant vers la mer suivait le fond de la gorge, et brusquement s'enfonçait entre deux parois
de marne, devenait une sorte d'ornière profonde, avant de déboucher sur une belle nappe de cailloux roulés, arrondis et polis par la séculaire caresse des vagues.
Ce passage encaissé s'appelle le «Saut du Berger».
Voici le drame qui l'a fait ainsi nommer :
« On raconte qu'autrefois ce village était gouverne par un jeune prêtre austère et violent. Il était sorti du séminaire plein de haine pour ceux qui vivent selon les lois naturelles et non suivant celles de son Dieu. D'une inflexible sévérité pour lui-même, il se montra pour les autres d'une implacable intolérance; une chose surtout le soulevait de colère et de dégoût : l'amour. S'il eût vécu dans les villes, au milieu des civilisés et des raffinés qui dissimulent derrière les voiles délicats du sentiment et de la tendresse, les actes brutaux que la nature commande, s'il eût confessé dans l'ombre des grandes nefs élégantes les pécheresses parfumées dont les fautes semblent adoucies par la grâce de la chute et l'enveloppement d'idéal autour du baiser matériel, il n'aurait pas senti peut-être ces révoltes folles, ces fureurs désordonnées qu'il avait en face de l'accouplement malpropre des loqueteux dans la boue d'un fossé ou sur la paille d'une grange.
II les assimilait aux brutes, ces gens-là qui ne connaissaient point l'amour, et qui s'unissaient seulement à la façon des animaux; et il les haïssait pour la grossièreté de leur âme, pour le sale assouvissement de leur instinct, pour la gaieté répugnante des vieux lorsqu'ils parlaient encore de ces immondes plaisirs.
Peut-être aussi était-il, malgré lui, torturé par l'angoisse d'appétits inapaisés et sourdement travaillé par la lutte de son corps révolté contre un esprit despotique et chaste.
Mais tout ce qui touchait à la chair l'indignait, le
jetait hors de lui; et ses sermons violents, pleins de menaces et d'allusions furieuses, faisaient ricaner les filles et les gars qui se coulaient des regards en dessous à travers l'église; tandis que les fermiers en blouse bleue et les fermières en mante noire se disaient au sortir de la messe , en retournant vers la masure dont la cheminée jetait sur le ciel un filet de fumée bleue : «l'ne plaisante pas là-dessus, mo'sieu le curé.»
Une fois même et pour rien il s'emporta jusqu'à perdre la raison. II allait voir une malade. Or, dès qu'il eut pénétré dans la cour de la ferme, il aperçut un tas d'enfants, ceux de la maison et ceux des voisins, attroupés autour de la niche du chien. Ils regardaient curieusement quelque chose, immobiles, avec une attention concentrée et muette. Le prêtre s'approcha. C'était la chienne qui mettait bas. Devant sa niche, cinq petits grouillaient autour de la mère qui les léchait avec tendresse, et, au moment où le curé allongeait sa tête par-dessus celles des enfants, un sixième petit toutou parut. Tous les galopins alors, saisis de joie, se mirent à crier en battant des mains : «En v'Ià encore un, en v'ià encore un!» C'était un jeu pour eux, un jeu naturel où rien d'impur n'entrait; ils contemplaient cette naissance comme ils auraient regardé tomber des pommes. Mais l'homme à la robe noire fut crispé d'indignation, et la tête perdue, levant son grand parapluie bleu, il se mit à battre les enfants. Ils s'enfuirent à toutes jambes. Alors lui, se trouvant seul en face de la chienne en gésine, frappa sur elle à tour de bras. Enchaînée elle ne pouvait s'enfuir, et comme elle se débattait en gémissant, il monta dessus, l'écrasant sous ses pieds, lui fit mettre au monde un dernier petit, et il l'acheva à coups de talon. Puis il laissa le corps saignant au milieu des nouveau-nés, piaulants et lourds, qui cherchaient déjà les mamelles.
Il faisait de longues courses, solitairement, à grands pas, avec un air sauvage.
Or, comme il revenait d'une promenade éloignée, un soir du mois de mai, et qu'il suivait la falaise en regagnant le village, un grain furieux l'assaillit. Aucune maison en vue, partout la côte nue que l'averse criblait de flèches d'eau.
La mer houleuse roulait ses écumes; et les gros nuages sombres accouraient de l'horizon avec des redoublements de pluie. Le vent sifflait, soufflait, couchait les jeunes récoltes, et secouait l'abbé ruisselant, collait à ses jambes la soutane traversée, emplissait de bruit ses oreilles et son cœur exalté de tumulte.
Il se découvrit, tendant son front à l'orage, et peu à peu il approchait de la descente sur le pays. Mais une telle rafale l'atteignit qu'il ne pouvait plus avancer, et soudain, il aperçut auprès d'un parc à moutons la hutte ambulante d'un berger.
C'était un abri , il y courut.
Les chiens fouettés par l'ouragan ne remuèrent pas A son approche; et il parvint jusqu'à la cabane en bois, sorte de niche perchée sur des roues, que les gardiens des troupeaux trament, pendant l'été, de pâturage en pâturage.
Au-dessus d'un escabeau , la porte basse était ouverte, laissant voir la paille du dedans.
Le prêtre allait entrer quand il aperçut dans l'ombre un couple amoureux qui s'étreignait. Alors, brusquement, il ferma l'auvent et l'accrocha; puis, s'attelant aux brancards, courbant sa taille maigre, tirant comme un cheval, et haletant sous sa robe de drap trempée, il courut, entraînant vers la pente rapide, la pente mortelle, les jeunes gens surpris enlacés, qui heurtaient la cloison du poing, croyant sans doute à quelque farce d'un passant.
Lorsqu'il fut au haut de la descente, il lâcha la légère demeure, qui se mit à rouler sur la côte inclinée.
Elle précipitait sa course, emportée follement, allant toujours plus vite, sautant, trébuchant comme une bête , battant la terre de ses brancards.
Un vieux mendiant blotti dans un fossé la vit passer, d'un élan, sur sa tête et il entendit des cris affreux poussés dans le coffre de bois.
Tout à coup elle perdit une roue arrachée d'un choc, s'abattit sur le flanc, et se remit à dévaler comme une boule, comme une maison déracinée dégringolerait du sommet d'un mont, puis, arrivant au rebord du dernier ravin , elle bondit en décrivant une courbe et, tombant au fond, s'y creva comme un œuf.
On les ramassa l'un et l'autre , les amoureux , broyés , pilés, tous les membres rompus, mais étreints, toujours, les bras liés aux cous dans l'épouvante comme pour le plaisir.
Le curé refusa l'entrée de l'église à leurs cadavres et sa bénédiction à leurs cercueils.
Et le dimanche, au prône, il parla avec emportement du septième commandement de Dieu, menaçant les amoureux d'un bras vengeur et mystérieux, et citant l'exemple terrible des deux malheureux tués dans leur péché.
Comme il sortait de l'église, deux gendarmes l'arrêtèrent.
Un douanier gîté dans un trou de garde avait vu. Il fut condamné aux travaux forcés.»
Et le paysan dont je tiens cette histoire ajouta gravement :
— Je l'ai connu, moi, monsieur. C'était un rude
homme tout de même, mais il n'aimait pas la bagatelle O.
Voir Une Vie, p. 260 à 285.
Le Saut du Berger a paru dans le Gil-Blas du jeudi cj mars 1882 , sous la signature : MaufrigNEUSE.