‹ Œuvres posthumesChapitre 32 sur 74 · G U G E N II E I M · texte numérisé non relu

G U G E N II E I M

Quand même Ils seraient Kurdes j'ai donné mon prix suprême. Oui. Non. Réfléchissez, il en est temps encor.

(Désignant les bijoux d'un doigt méprisant.) D'ailleurs, toc, galvanoplastie et similor !

hortensia, indignée.

Du toc ! — Un bracelet donné par mon monarque Abyssin, mon beau nègre aimé ! — Du toc ! — La marque Du contrôle est visible, et quant au diamant, S'il est faux je veux bien vous prendre pour amant De cœur. — Du similor ! Veuillez moins me la faire A l'oseille : un collier qui me parvint du Caire Un mois avant l'auguste arrivée et l'amour Suave du plus fort des Turcs ! Voyez ! le jour Pénètre, allume et fait flamboyer les topazes Et métamorphose en éclairs les chrysoprases ! J'enpasse, et des meilleurs. — C'est de la galvanoplastie, hein ? ce camée, offre d'un Hispano- Américain qui m'a su plaire, le pauvre ange ! Et ce nœud de rubis plus vaste qu'une orange Toc, peut-être ? — Il me vient — tais-toi, mon cœur, tais-to De l'Empereur Machin Quatorze, — non du Roi Balandard Cinq, ce vieux si simple en sa toilette Et qui se contentait d'une pure omelette

A déjeuner. — De quoi parlais-je ? — Ah ! bien, j'y suis. Voyons, mon cher monsieur Gugenheim, vingt louis De plus ?

guqenheim, brusquement.

Soit, au comptant, et vingt pour cent d'escompte, hortensia, extatique.

Tope là, vieux voleur !

(Gugenheim met les bijoux dans ses poches paye lentement et minutieusement, se fait délivrer un reçu, salue et sort. — Entre un crevé.)

hortensia, minaudant.

Bonjour, monsieur le comte.

(Le décor change.)

Page 1