ACTE V, SCENE III
AGATHOPHILE.
Épargnez ma misère, J'ai fait ce qu'ordonnait un devoir nëcessaire^ï a^ étM
DIOCHARIS. -'i
Cœur ingrat! au mépris du plus tendre lien! Mais tu fis ton devoir et je ferai le mien.
AGATHOPHILE.
Hélas!
DIOCHARIS. "^
Tu l'as pu voir tracé dans cette lettre Qu'en tes mains , de ma part , hier on a dû remettre..;
A GATHOPHILE.
Une lettre! grands dieux ! Souvenir plein d'effroi !... Trop fatale imprudence ! entre les mains du roi Cet écrit est tombé.
DIOCHARIS.
Qu'entends-je ? Malheureuse ! Nous sommes tous perdus !
AGATHOPHILE.
Quelle lumière afireuse I
PHILOCLÈS
Où donc est ton courage ?
43a PÉRIANDRE,
AGATHOPHILE.
Oui , tout est ëclairci 5 Et je vois trop pourquoi l'on vous rassemble ici , Pourquoi l'on m'éloignait en feignant la clémence :
(Fièrement.)
On craignait... on a dû craindre ici ma présence.
PHILOCLÈS
Et c'est pourtant à lui que tu te confiais !
DIOGHARIS.
Ingrat ! tu vois à qui tu nous sacrifiais.
AGATHOPHILE.
Non , d'une trahison si noire , si coupable , Je ne puis croire encor Périandre capable. Si d'un- tel prix mon zèle était récompensé , Quand, pour sauver ses jours , je n*ai point balancé A lui sacrifier l'intérêt de ma flamme 5 Si , dans l'ombre ourdissant une sanglante trame , Le cruel m'invitait aux douceurs du sommeil Pour que le désespoir m'attendît au réveil 5 Pour que sans vous revoir je revisse l'aurore... Ce bras n'a point perdu toute sa force encore 5 Il s'est lassé pour lui 5 pour lui j'ai combattu , Mais c'est que je comptais encor sur sa vertu ,