L'AVEU DÉLICAT
Deux amans s'adoraient; mais, entourés d'Argus >.^^ Ils n'avaient pu trouver l'instant de se le dire : Quelques coups d'œil furtifs , quelques mots ambigus. Le plus impatient dit tout bas : « Quel martyre !
« Quoi ! l'œil jaloux de mes rivaux « Nous poursuivra partout ! pas un moment de trêve ! « Je ne puis hasarder que quelques demi-mots.... jf • « Oui , lui répond Zulmé ^ mais , moi , je les achève. »
i4o POÉSIES DIVERSES.
MONRECU A LEGROS,
CÉLÈBRE MÉCANICIEN ORTHOPÉDISTE, Qtii m'avait fait une jambe aux frais du gouvernement.
An nom , aux frais de la patrie ,
J'ai reçu , des mains du génie ,
Une jambe , heureux supplément De celle que m'ôta le sort impitoyable ,
Et que Legros , habilement , ■ "^^^ '
Sut faire à la défunte entièrement semblable.
Avec une jambe de bois ,
Si l'on peut monter au Parnasse,
Je veux , au moins pour cette fois ,
Empruntant la lyre d'Horace,
Chanter le talent de Legros.
D'autres ont chanté des héros Qui savaient emporter, mutiler, et pourfendre
Bras , cuisse , jambe , et cœtera ;
Quel encens ne doit pas attendre
Celui qui vous rend tout cela.^....
POÉSIES DIVERSES. i4i
L'encens tout seul n'engraisse guère ;
C'est la nourriture des dieux ;
Mais, s'il se nourrissait comme eux, ]
Un mortel ferait maigre chère.
Tout en servant l'humanité ,
Pour être immortel il faut vivre -, Et le nom de Legros , inscrit sur le grand-livre , N'en passerait que mieux à la postérité.
i^i POÉSIES DIVERSES.
««%%%%% %%%««« %%>t/»%/%%««'«%'*'%%«<fc*'*'^^*'*'*^'V«'«'«'%«'«^«%%««^'%'««'«l^'*««'l'^'^^'%^^^
SUR TIYOLI.
Des jeux, de la gaîté c'est l'aimable domaine ^
Là , des itéphyrs légers , la caressante baleine^;* u* j^;
Errant parmi les fleurs , iparmi les arbrisseaun^^ in'/l
Invite à reposer sous de rians berceaux -,
Là , l'oiseau , par ses cbants , au passant qui l'écoute,
Du temple des plaisirs semble indiquer la route 5
Là , sous l'ombrage frais de boscjtftts toujours verts ,
Au poëte inspiré Phébus dicte des vers ;
Là , le cours sinueux d^une onde calme et pure
Des tapis émaillés rafraîchit la parure ;
D'un dédale nouveau les verdoyans détours ,
Sans jamais vous lasser, vous égarent toujours.
Et d'un sentier fleuri la tortueuse chaîne
Est le fil qui conduit celui qui s'y promène.
Quand Laure va rêver dans ce réduit charmant ,
La rose, à son passage, inclinée humblement,
Recevant sous ses pas une grâce nouvelle ,
Se relève aussitôt et plus fière et plus belle.
Delille, c'est à toi de chanter ces beaux lieux :
Moi, je \es peins d'un trait : sëjour délicieux ,
Ils n'offrent, ni de l'art la magique parure,
Ni l'uniforme appas de la simple nature ;
Mais , par l'heureux concours du talent , du hasard ,
Tout y paraît nature , et tout y paraît art.
44 POÉSIEjS DIVERSES.
(»v»*««»»«»wv»%%»w%»***»*m««»*%**wi»*»v»%««»»«*vw»v»*»**«««»««**»»*****»****»**«'»