‹ Œuvres. Précédées de sa vie, et accompagnées de notes historiques, additions, développmentsChapitre 49 sur 65 · NEUVIÈME OBJECTION · texte numérisé non relu

NEUVIÈME OBJECTION

L'évêque de Chiapa dit aussi que les guerres inspirent aux vaincus une haine profonde pour la religion des vainqueurs , et que cette disposition s'aggrave ici de tout le scandale que présente la vie effrénée des soldats , puisqu'elle fait croire aux Indiens que la religion chrétienne n'est digne que de mépris et d'horreur.

Mais qu'on se rappelle que nous avons déjà du que nous ne conseillons pas la guerre pour con-

verlir, mais seuleinenL pour soumeLtie les Indiens. Lorsqu'ils seront sujets du roi d'Espagne les prédicateurs leur feront entendre la parole de Dieu , et n'auront pas de peine à leur prouver, par l'exposilion de la doctrine chrétienne et par la conduite des vrais chrétiens , que notre religion est sainte -, pacifique , et étrangère aux excès que les soldats auront commis. Saint Augustin , dans la quarante-huitième de ses lettres , dont j'ai déjà parlé, s'exprime ainsi au sujet des païens : a Si l'on répandait la terreur » parmi les infidèles sans leur enseigner la vérité, » celte espèce de domiiiation serait une injustice ; et » si l'on se contentait de leur prêcher la doctrine sans » leur inspirer aucune crainte, l'habitude invétérée )) de leur ancienne croyance rendrait. la prédica- » tion beaucoup plus diflicile , et serait impuissante » pour faire naître dans leurs âmes le désir de leur » salut éternel. » Le frénétique abhorre le médecin; l'enfant prend son maître en aversion; et cependant celui-ci continue d'instruire son élève, et celui-là de traiter son malade ; et le temps arrive , dit encore saint Augustin , où tous les deux s'en trouvent bien.

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