A JEHAN CASTEL. U
Que j'aj'me autant que frères ou nepveux, Pour te monstrer signe de cœur humain.
Que plust à Dieu que sans taster de main, Je te touchasse, aujourd'huy intangible, Et de ton œil tu me visses demain Sans regarder, et je fusse invisible.
Ici se trouvent intercalées dans le ms. 2366, deux strophes qui ne sont pas de Jean Castel ;
Adonay des cieulx fabricquateur, Qui du monde gouverne la machine.
Dont trois fois fut saint Pierre négateur Par la langue de lordeuse meschine, Face celluy des dos courbe ou d'eschine Ou au gibet trayner au chériot.
Qui trahison te pourchasse et machine, Comme Judas le traistre Scariot.
Escript par moy de l'université Estudiant Castel en un collège, Dedans Paris où maint divers cité Larron se voit quand il est sacrilège Ou homicide ou commet sortilège ; Là face fruict lequel a privilège, Dont est pitié quant après il fautqu'on Porte souvent l'arbre de Monfaulcon.
Le copiste du n» 2366 se nommait-il aussi Castel ? Il est fort probable qu'il était, comme il le dit, étudiant dans un collège de Paris, et ladjonction de ces deux strophes ne constitue qu'une farce d'écolier.
"Voici la fin de la réponse de Jean Castel :
Plus tien que mien me réputé castel Dont chastelain tu es, garde et concierge, Qui te vouldroye honneur faire en cas tel Qu'en gré Dieu l'eust et la très-doulce Vierge; Car plusardant que brandon, torche ou cierge, Mon désir est d'avoir ta congnoissanco, N'aultre que toy en ce monde ne quiers-je. Après mon Dieu et ceulx de ma naissance.