‹ Œuvres. Pub. par le baron Kervyn de Lettenhove (volume 4)Chapitre 40 sur 50 · RHYTHMES · texte numérisé non relu

RHYTHMES

Bourbonnois, Casselois à le guerrier duits Furent par son chastoy à grand douceur réduits. Il mit France en tel ploy qu'à bon droit trouveras Du seigneur au sujet la paix quise à Arras.

A Broussave vainquy l'englois duc de Glocestre, Et Hollande et Zellande il conquist à sa dextre. Maugré ses mal veuillans, subjugua Luxembourg Et possessa Brabant, Haynault, Namur, Lembourg.

De Bruges la fureur vaillamment eschappa ; Depuis les malfaiteurs punit et attrappa. Réduits furent Gantois par sa fière puissance, Après batailles grans, à son obéissance.

Il mit siège à Calais où peu il exploita Par desroy de commun où povre exercite a. Evesque à Utrech fit malgré pays contraire Et trois fortes cités contraindit à ce faire.

Pour le monde esmouvoir contre les infidèles, A Rainsebourc il fut : nul n'en prit peines telles. Ses haynneux Allemans requirent paix adoncques Et fut mieux recueilly que prince ne fut oucques.

Pape Eugène à grant tort par le concil desmis Fut en faveur de luy en son estât remis. L'Empereur en grant bruit s'en vint à Besançon Pour besongner à luy et véoir sa façon.

Grande armée sur mer plusieurs fois esleva, Dont le siège des Turcqs de Rodes se leva : Il y fut mesme aie atout sa grant noblesse Pour la foy soustenir, n'eust esté sa viellesse.

Quant Loys fugitif cinq ans il eut norry. Il le couronna roy dont puis il fut marry. Eduart, duc d'Iorc, deschassé de sa terre, Vint requérir son sort, dont roy fut d'Engleterre.

SLll LE DUC PHILIPPE. 285

Il vit son fils avoir la plus noble victoire, Tesmoing- Mont-le-Hcrry dont il soit point' mémoire, Pendant laquelle il fit l'orgueil de Liège abattre Au lieu de Moutenac où Liégeois fit combattre.

Depuis en ses vieux jours volt aller ù Bouvines

Où devant luy son fils mit Dînant eu ruines.

11 maintint ses pays en paix et en vigueur.

Aux bons monstroit douceur, et aux mauvais rigueur.

Mieux avoir se savoit entre dames que nuls. Estrangers à sa court estoient très-bien venus. Belle personne estoit de tout le monde amé, Vaillant et plantureux, près et loing renommé.

Chascun s'entremettoit à luy faire service, Car prince oncques ne fut où moins il eut de vice. En mille quatre cents soixante sept années Furent ses grans vertus par la mort terminées.

Soixante-onze ans vesquit le chief des créatures, A qui bien appartient le chief des sépultures. Cy fine l'abrégié du prince mort sans blâme. Dont Dieu en son saint lieu veuille recevoir 1 ame.

Pro Francis. — fLe, pLebs, fLos pVrVs franCoeVM

CeCIDIt.

Pro occidentalïbus. — Léo MagnVs oCCIdentIs ConCVssVs est.

' Cette ptrase peut s'expliquer en deux sens. Le mot point peut ctre le participe passé du verbe poindre, et- il faudrait traduire ceci par : dont la mémoire grandisse ; ou bien, il n'y a ici qu'une négation, et en ce cas (ce qui me paraît le plus probable), cette phrase indiquerait seulement le désir d'oublier une guerre qu'un traité de paix a terminée.

28 i RHYTH31ES SUR LE DUC PHlLll'PE.

•xjrince bien amé, partout redoubté, Mardy reclamé, plein de grant bonté, Heureux en fait d'armes, port en pesant faix, t-ioyal en ses armes, pourveu en ses faits , •-'uste justicier, très-miséricors , •nuissant chevalier, le plus fort des forts, Prudent en bon sens, net en conscience, tdgal entre gens, le chief d'excellence.

De cœur jettez pleur.

Bourgs, cités, provinces :

Dieu a pris la fleur De tous les aultres princes.

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