CHAPITRE XLVIII
Comme il advint, en la cité de Pragues, une merveilleuse confusion entre religieux et demoiselles .d'icelle cité.
Donques, puisque ma plume tournée est en hérésie à l'occasion d'une seule personne particulière et que le temps et le lieu se concordent avecques la matière qui se présente à estre toucliée, présentement encore me convient employer en hérésie plus g-riefve et plus grande beaucoup, de quoy l'ennemi d'humain salut, par longues subtiles et couvertes voyes avoit infecté million d'âmes chrestiennes et distraites du chemin et sentier de la vraye foy sainte de Dieu et menés en la ténébreuse et obscure caverne de perdition par multitude d'erreurs et de contradictions en icelle nostre sainte foy vraye et salutaire, non pas en nombre de gens de cent, ne de deux, non pas en une seule ville ou cité, mais en un haut et puissant royaume, celuy de Bohême, dont la très-haute et très-fameuse cité de Pragues estoit chief et produiseresse du g-ernon ' premier et radical dont tout sourdy, par une estrange et merveilleuse occasion que je déclameray un petit, en courtes paroles, pour revenir plus tost à mes fins principales. Il est vray qu'en Pragues, qui est moult belle cité et riche, avoit une très-fameuse et très-magnifique abbaye de moynes,
' Gemon, germon? germe?
DE CITASTELLAIN. 2H
l'outrepasse de toutes les autres du royaume, et en avoiton réputé de tous temps les religieux, gens moult bien réglés et dévots et pleins de toute honneste conversation et de bonnes mœurs; par quoy, autres dévotes gens, nobles et notables bourgeois , avoient mis en eux grant part de leur affection et non moins de féableté et de confidence, parce que de vices estoient famés très-escharsement et loués et prisés largementde bonne et religieuse vie, comme je croiroye véritablement que ainsy en pouvoit estre pour l'heure d'alors, car à grant dur se peut-il faire qu'en longue continuation, vie vicieuse ne se descouvre, comme fort encore que parée soit d'ypocrisie, car jamais ceste-là ne faut à estre rattainte en la fin. Or advint que sous l'ombre de ceste grande et louable famé qu'avoient ces moisnes et que la confidence entièrement des hommes et des femmes estoit fichiée en leur vie dévote, les femmes nobles et bourgeoises de la cité, qui volontiers par tout le monde sont novellièresde leur nature et de légier provoquées à dévotion, ou au moins au samblant, admonestées, ne sçay, de quel esprit, une grande quantité d'elles commencèrent à fréquenter leurs services, et entre les autres, par semblant de dévotion, aller ordinairement aux matines de ces religieux, là où, pour faire brief compte, le dyable qui est subtil et qui ne quéroit que planter la rachine dont tout le monde seroit infecté après par aggouster le fruit, commença à embraser tantost et à faire esprendre le tyson de concupiscence entre ces femmes et ces religieux , et tellement forgier et pratiquer l'œuvre entre eux secrètement que l'habitude et cognoissance s'y trouva en commun accord : c'estoit que chascun de ceux de ceste bande auroit sa chascune, et chascune auroit son chascun infalliblement h leurs jours et heures establies, par venir ainsi à matines tous les
jours. Or est vra}- que pour conduyre ceste œuvre plus subtilement et afin de pouvoir décepvoir et abuser les pères, justes et dévots preudbommes, de ceste religion, dont il en y avoit quantité, bon fait à croyre, ces moyens-icy, jeusnes et raddes pervertis , à la suggestion de l'ennemi et constraints à malicieuse vie et dampnable , s'avisèrent tous d'un commun accord qu'à toutes leurs amyes venantes ainsy sous semblant de dévotion à leurs matines, ils reroient ' la teste et leur feroient la couronne toute et à telle manière et mesure comme eux-meismes la portoient, et par ainsy, elles venues à matines, en la noire nuit, tandis qu'on cbanteroit , elles pourroient venir cbascune en la chambre de son amy prendre une heure ou deux de repos avecqluy. Dont s'il advenoit que prieur ou abbé ou autre venist faire Visitation et demandast à tel ou à tel : « Qui « couche là avec toy? » l'autre pourroit respondre (et ne le verroit que par derrière à la couronne toute nue ) : « C'est un tel ou un tel novice qui couche avecques moy. » Et par ainsy le visiteur ignorant une telle malice, s'en iroit abusé à nuit d'un demain à un autre. Brief, comme il fut advisé , il fut fait ; et les femmes toutes , dont il en y avoit nombre très-grant, et les plus respectables de la cité et toutes les plus eslites, furent rèses à couronne en teste, et portèrent testes de moynes soubs couvre -chiefs de femme. Et en ceste fausse dérisoire simulation, par trèslongue espace de temps , continuèrent leurs ribaudises avecques leurs moynes qui les apprenoient à chanter versets et matines à neuf leçons et à trois, tels fois à plus, tels fois à moins, selon que le kalendrier demandoit beaucoup de suffrages et qu'on prenoit dévotion au saint. Or
' Ils revoient, ils raseraient.
advint ainsy que le poison infernal [s'espandist] après, pour auquel résister l'empereur Sigismond, prince mesme et roy du pays, se estoit exposé à l'encontre par armes , là où toutes voyes son efforcément ne luy pouvoit donner tel fruit que plus et plus ne continuassent et creussent tousjours, et avecques multiplication de peuples en leur secte, parvinrent aussi à multiplication de villes et de cliasteaux en renforcement de leurs querelles '. Sy en furent faites do-
• Le duc Philippe, qui ne cessa de rêver, à quelque titre que ce dût être, une suprématie sur tous les princes chrétiens, avait voulu se proclamer le chef d'une croisade contre les Hussites. Le ms. 1278, f. fr. de la Bibl. imp. de Paris, renferme à ce sujet des documents intéressants.
On lit dans une note relative à l'ambassade qui se rendra à Rome :
« Item, hastivement doit mondit seigneur envoyer du moins ung « chevalier et ung clerc, gens notables et expers, devers notre Saint- « Père en court de Romme, et illec exposer de par notre dit seigneur « comment mondit seigneur a oy très-révérend père en Dieu, monsei- « gneur le cardinal d'Engleterre, qui venoit des parties d'Allemaingne, « où de par notre dit Saint-Père il estoit commis légat pour pourveoir « et résister à la faulse et détestable entreprinse et hérisie que sous- « tiennent et croient les gens du royaulme de Behaigne, que l'on ap- « pelle Housses, les grandes inhumanités et déshonneur que ils font à « notre foy chrétienne. Pour quoy ce considéré il pria à mondit sei- « gneur de Bourgoingne que il se volsist disposer et mettre sus en « armes à rencontre des dessusdis hérittes. Et combien qu'il ait de >< grans affaires, nul n'en doit aller devant la besongne de la foy, et « aussi c'est le prince que ceulx des parties d'Allemaigne désirent le « plus qu'il volsist aller par delà en armes.
« Item dist mondit seigneur le cardinal que il avoit espérance ferme « de mener en ceste entreprinse et à compaignie de monseigneur de « Bourgongne de un ù vi mille archiers,tous du royaulme d'Engle- « terre.
« Item et pendant le temps que mondit seigneur le cardinal estoit de- « vers mondit seigneur le duc, arriva devers lui monseigneur le prieur « du Pont-Saint-Esprit, légat et messager de notre dit Saint-Père, en- « voyé à mondit seigneur. Lequel, entre aultres choses, parla à mondit « seigneur de ceste devant dicte besongne , et lui dist que notre dit « Saint-Père auroit grant plaisir et seroit moult joyeux si mondit sei- " gneur en ce se vouloit employer pour le bien et relièvement de notre « foy chrétienne, et vouldroit bien que Dieux lui donnast la grâce et
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léances maintes à nostre Saint-Père le Pape Martin, lequel promist à j pourvoir par un concile universel, à larequeste de Sig-ismond, mais prévenu de mort, ne parvint jiisques à le mettre sus. Par quoy maintenant l'empereur Sigis-
« l'honneur de en venir à une bonne fin devant tousaultres princes, ce « que mondit seigneur a fort retenu en son corrage.
« Item et depuis ce que mondit seigneur le duc eut oy lesdis car- « dinal et prieur, avec les complaintes que pluseurs grans princes, « prélas, cités et bonnes villes des parties d'Allemaigne ont fait et (I font savoir journelment, mondit seigneur, meu de foy et de vraye « amour à son benoît créateur et à son Église chrétienne, est tant ar- « damment désirans et alfeeté que plus ne puet de combattre et met- « tre tout ce que Dieux lui a preste pour résister à rencontre des « dessus dis hérittes en délaissant tous ses aultres affaires.
« Item après ces choses remonstrées à notre dit Saint-Père par « lesdis ambassadeurs, sera requis de par mondit seigneur de ceste « sainte et notable entreprinse devant tous aultres princes au cas « toutesvoj'es que l'empereur ne le fist, en donnant mandement par « bulles à tous aultres princes et gens de quelque estât que ils soieat, « que à mondit seigneur le duc ils obéissent en ceste partie et à l'aide <> de Notre-Seigneur y fera le bien et prouffit de la chrétienté et aussi « son honneur.
« Item et après ce sera remonstré par lesdis ambassadeurs que pour « les grans guerres que mondit seigneur le duc a longuement souste- « nues pour cause de la mort et murdre perpétré en la personne do « feu monseigneur le duc Jehan, que Dieux pardoinst, et depuis celles a qu'il lui a convenu soustenir pour garder ses héritages es pays de « Henau, Hollande et Zellande, il a moult grandement frayé et des- « pendu de sa chevance, et combien qu'il ait telle et si bonne volonté « que dit est, toutesvoyes il ne porroit pas mettre sus hastivement tout « àsesdespens telle puis.sance de gens que à ceste entreprinse apper- «' tient, pourquoy lui est nécessité de avoir l'ayde de notre dit Saint- « Père et de l'Eglise.
« Item et pour la cause dessus dicte, mondit seigneur prie à notre « dit Saint-Père que, pour haster et advanchier la besoingne de la
« chrétienté et son armée, il lui vuelle prester la somme de laquelle
» notre dit Saint-Père puet recouvrer par toute la chrétienté, car nul « ne doit prétendre excusation en tel cas.
« Item dire à notre dit Saint- Père que, à l'ayde de Notre-Sei- « gneur, mondit seigneur le duc menra en ceste armée une grant « et notable puissance, c'est assavoir de m à iiii mille gentilshommes « et un mille hommes de trait ou plus, et espoire que il menra gens
mond, par ardente dilection qu'avoit à la sainte foy divine, et par douleur aussi qu'avoit d'une si scandaleuse et pestilencieuse playe qui y estoit entrée et à quoy à si grand difficulté on pouvoit remédier, nostre Saint-Père le
de tel estât qu'il se trouvera bien puissant de xv mille combataus ou plus.
« Item que notre dit Saint-Père vuelle envoyer aucun notable prélat en légation ou royaulme de France en la partie de l'obéissant du roy notre seigneur, et en oultre es pays de Savoye, Bretaingne, Brabant, Liège, Namuv, Hollande, Zellande, Henau et la conté de Bourgoingne, pour par icelluy légat assambler les princes et prélas de par deçà, pour ensamble adviser tout ce qui sera expédient pour la conduite de ceste sainte entreprinse, tant en finance comme aultrement.
« Item apporter par ledit légat lettres de notre dit Saint-Père à monseigneur le régent du royaulme de France , duc de Bethfort, et les gens des trois estas dudit royaulme soubs son gouvernement, requerrant instamment icellui seigneur que il vuelle secourir à la chrétieneté et se employer à rencontre des dessus dis hérittes en la compaignie de monseigneur le duc de Bourgogne, son beau-frère. en délaissant toutes aultres choses, et le induire que pour le bien de la chrétieneté, il se vuelle emploier en sa personne, et porroit-on s'il lui plaisoit, trouver le temps pendant aucunes trieuwes ou abstinences de guerre à ses adversaires et d'un commun acordbesongnier en lui disant que semblable requeste fait notre dit Saint-Père au Dolphin.
« Item et si par monseigneur le régent est prétendu excusacion obstant les affaires et les guerres qui de présent sont ou royaulme de France, que au moins il se volsist emploier et tenir la main adfln que par les dessus dictes gens de trois estas aucune bonne ayde de gens ou de finances se meist sus pour aidier à la chrétienté et soustenir l'armée que fait mondit seigneur de Bourgogne. « Item samblablement soit par notre dit Saint-Père envoyé légat portant bulles devers le Dolphin et à icellui et les gens des trois estas de son obéissance requérir samblable requeste que on fait k mondit seigneur le régent, comme cy-dessus est faite mention. « Item semblable requeste faire à monseigneur le duc de Brabant, monseigneur le duc de Bretaigne, monseigneur le duc de Savoye et les trois estas de leurs pays.
« Item que, pour l'avancement des finances par notre dit Saint-Père, soient données bulles et indulgences et apportées par mondit seigneur le légat, commis au dessus dit royaulme et es aultres pays
Pape Eugène curieusement sollicita et pressa arrière d'avoir ce concile universel accordé par son devancier Martin d'estre mis à Basle , à l'occasion partie principale de ces Pragois, avecques aucuns autres aussy, sur les-
« dessus dis, icelles bulles contenant la fourme dont baillera la coppie « révérend père en Dieu, monseigneur l'évesque de Tournay.
« Item demander à notre dit Saint-Père , par bonne manière son « advis à qui la conqueste doit estre, que, au plaisir Dieu, se fera sur « lesdis liérittes. »
Après viennent les instructions pour les ambassadeurs qu'on enverra vers l'empereur, les princes et les bonnes villes d'Allemagne. Puis suit une note sur les prédications qu'il conviendra de faire et les dîmes qu'on pourra obtenir.
Les détails qui se rapportent à l'organisation de cette expédition m'ont paru dignes d'être reproduits :
« Si mondit seigneur maine le nombre de nin> hommes d'armes et « iiii™ hommes de trait, comme dessus est dit, les gaiges d'iceulx « hommes d'armes prendront xx escus de xl grains et gens de trait (( la moitiet, baneretset chevaliers selon leur estât, à l'avenir montera « par mois c mil escus tels que dits sont, sans en ce riens comprendre* « Testât de mondit seigneur ; et veu le lontaing chemin et qu'il fault « partout paier, l'on ne porroit point donner plus petits gaiges.
« Item, et se porroient trouver lesdictes gens d'armes et de trait en <i la manière qui s'ensuit :
« Est assavoir mondit seigneur de Brabant iii'^ hommes d'armes, s'il << y venoit en personne, et s'il n'y pooit aller, qu'il commesist aucun « notable de son pays pour mener le nombre dessus dit avec ii'= arba- « lestriers ou aultre nombre convenable.
« Item monseigneur le duc de Bretaigne, se semblablement n'y « pooit venir, qu'il volsist envoyer iii'= hommes d'armes et iii" arba- « lestriers ou archiers, ou aultre nombre semblablement que dessus.
« Item, révérend père en Dieu, monseigneur l'évesque de Liég'e, « atout n-: hommes d'armes et ii<^ arbalestriers.
« Item, que monseigneur le duc de Savoye volsist envoyer le prince « son fils, acompaigné de m" hommes d'armes et de iip arbalestriers « et si les dessus dis princes vouloient envoyer les nombres des gens « d'armes et de trait cy-dessus requis, qui montent à xi'= hommes « d'armes et mil hommes de trait, mondit seigneur auroit tant moins « à recouvrer de gens en ses dis pays.
« Item, pour payer les gens d'armes et de trait des dessus dis princes » et prélas,les finances se porront trouver en leurs pays meismement, 0 en usant par la manière et pratique dessus dite.
quels il estoit expédient et nécessité aui?sy très-estroite d'y pourvoir , comme sur les Grecs qui avoient aucunes périlleuses descrépances en leur foy avecques l'Église latine ; pareillement sur l'union et appaisement des princes
« Item porroifc mondit seigneur mander venir avec lui le conte de " Vernebourcq, qui est seigneur bien amé et congneu en toutes les << Allemaignes et est très-vaillant en guerre et lui baillier certaine re- << tenue de gens.
« Item si aucuns des dis princes ne venoient ou envoyoicnt par la « manière dessus déclarée, il convenroit que mondit seigneur trouvast « les devans dis ni" hommes d'armes et iiii™ hommes de trait sur ses « pays de Bourgogne, Artois, Flandres, Henau,'fIollande ou Zellande " et Namur, du moins ce qu'il faulroit pour le parfait dudit nombre et '< pour estre seurement acertené, il convendroit mander à certain jour " les gens des dessus dis pays et les-aultres gentilshommes et mettre « par mémoire les noms de ceulx qui en tel cas sont à mander ; mais « ce se puet délayer tant c'en aura oy nouvelles des ambassadeurs en- « voyés à Rome.
ce Item, et quant lesdis seigneurs et gentilshommes venront devers « mondit seigneur, par bonne manière les doit amonnester de venir « audit volage et appointier avec eulx quel nombre chacun menra tant " d'hommes d'armes que de trait et la manière qu'ils auront ù eulx « conduire allant ou dit voyage et aussi prendre bonne sçeureté d'eulx « qu'il s'entretenront en bonne obéissance le voyage durant et aussi « fère lors pluseurs bonnes ordonnances nécessaires pour conduite << desdictes gens d'armes.
« Item, que lesdictes gens d'armes et de trait que mondit seigneur « menra en sa compaignie, comme dit est, des pays de par deçà, mon- " seigneur mcssire Jehan de Luxembourg en devroit avoir la charge « et les conduire soubs mon.seigneur le duc de Bourgoingne.
« Item, monseigneur le prince d'Orenges, semblablement avoir la « charge de ceulx des duché et conté de Bourgoingne et des pa^s « d'environ. »
L'auteur de ces diverses propositions est le môme que celui d'un important avis sur la réforme du gouvernement, inséré ci-dessus, p. 143. Il termine en ces termes :
« Item, supplie humblement celui qui de bonne affection, selon son « petit entendement, a fait hastivement cest advis que on le vuelle « prendre en bien, car s'il y a faulte, ce n'est point par faulte de bonne << volenté, mais on en puet demander à faulte de sens , tousjours prest « de se remettre et réduire h la meilleure oppinion et aussi prest de '< déclairer sur toutes les choses escriptesplus amplement son enten- '< dément que il n'est cy présentement mis par oscript. »
chrestiens ensemble , souverainement des roys de France et d'Angleterre et de cestuy duc, qui toute l'Église universelle et toute la félicité clirestienne tenoient en trouble et en langueur. Avoyent aussy aucunes difficultés les prélats de l'Église entre eux, qui mal appointables estoient, ne à mettre en accord, sinon par un concile entier. Par quoy nostre Saint-Père Eugène, faisant scrupule qu'en luy n'en pust redonder aucune correption ', différa à l'encontre et volontiers l'eust retardé encore, ou à tout le moins qu'il l'eust estably à Bouloingne pour là faire convenir tout à une fois les Grecs, lesquels il prenoit à couleur ; mais voyant ce, l'empereur dessus dit tout instamment requist nostre Saint-Père Eugène et le pressa par ses lettres que finablement le concile longuement pourcliassa, et premier fut canonisé et establi réalement en ladite ville de Basle par le décret et adveu universel de tout le Saint-Siège apostolique ; desquelles lettres envoyées de par ledit empereur , icy dessoubs [se trouve] la copie des articles sur quoy estoit fondé ^