CHRONIQUE DE CHASTELLAIN
auxquelles par trop tu t'es ployé jeusne, et par lesquelles attaintes en toy et réprouvées tu te vois en ceste calamité, en ceste si très-confuse et scandaleuse yssue de jours, comme de te sçavoir estre privé de toute dignité paternelle, de toute possession et seigneurie, et condempné à honteuse mort en publique en confusion de tes parents ! Certes droit-cy ne reste riens qui désormais te puisse prester los, sinon que ta fortune te soit un resconfort de mort Lriefve et que ta mort te rende patience tranquille, et ta patience monstrée, rémission de tes péchiés par mérite que Dieu t'ottroye.
Moult estoient dures et amères ces nouvelles à beaucoup de gens, par espécial aux serviteurs de ce duc condempné, qui tout pleins de honte, alloient fondans en terre d'annuy. Donc, qui amèrement y condolurent, ce furent ces deux chevaliers venus à ceste journée'.
* Ici s'arrêtait probablement le livre IV. Il y a lieu de croire que le livre V, totalement perdu, s'étendait du mois d'octobre 1458 au mois de juillet 1461. Parmi les principaux événements qui y étaient retracés, il faut citer (j'emprunte ce résumé à Jacques Duclercq) « l'ambassade d'Engleterre qui vint vers le duc de Bourgongne, l'obéis- « sance que le duc envoya rendre au pape Pius, l'ambassade qu'il « envoya au concile de Mantua, la prise du vidame d'Amiens, la « naissance du fils du Dauphin à Genappe, l'expédition envoyée en « Gueldres pour aider le fils du duc de Gueldres contre son père, les « guerres de la royne d'Engleterre (Marguerite d'Anjou) contre le duc « d'Yorc, l'ambassade du cardinal de Constances vers le duc de Bour- « gongne, la condamnation du comte d'Armignac qui vint à refuge « chez le duc de Bourgongne, les plaintes du comte de Charolois « contre le seigneur de Croy, la feste de la Toison à Saint-Omér , la « mort de Charles, roy de France, septiesme du nom. »