S LXII
Inconvénient de parler tropoa trop peu.
Parler trop et parler trop peu, sont deux défauts, mais le premier est certainement le plus grave.
Le second existe en habitude et c'est un bien. Le premier vient souvent par bouffée, et c'est un mal qu'il faut absolument réprimer.
On dit des sottises qu'on veut ensuite réparer; c'est l'occasion fréquente du plus mauvais bavardage.
La même chose peut se dire de la froideur et de l'inquiétude.
Les bonnes manières sont celles qui résultent d'un fond de générosité, de force, de franchise et de raison.
§ LXUI.
Du sujet dont on parle.
11 est trois choses dont on s'occupe en parlant , ou de soi , ou de celui à qui l'on parle, ou de choses ou de personnes : ce sera si vous voulez , de la première, de la seconde ou de la troisième personne, en style de grammaire.
Abstraction faite de quelques exceptions, de quelques nuances tracées ailleurs, celui qui s'occupe de lui-même finit par vous excéder.
Celui qui parle delà Iroisièmo personne suit la marclie la jilus facile cl la plus simple ; elle offre
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à des talens médiocres des ressources très variées.
Celui qui entretient les gens d'eux-mêmes adopte une carrière épineuse, mais productive ; elle est la plus féconde en effets dangereux ou favorables ; elle est aussi critique que la première, mais bien plus riche en incidens , plus variée dans ses effets, plus abondante en récolte.
C'est un art étendu et profond dont les principes seront rassemblés ailleurs.