‹ Œuvres. Publièes d'après des documents inéditsChapitre 1 sur 56 · RUE DES POITEVINS · texte numérisé non relu

RUE DES POITEVINS

PQ

E volume contient les deux comédies de Jean de la Taille.

Si l'on ne considérait que l'ordre chronologique, le Négromant devrait précéder les Corrivaiis ■■ il est évident que la rédaction du Négromant est la plus ancienne ; un style moins formé, une moindre expérience de l'art d'écrire, le caractère même de l'intrigue du Négromant qui semble, sur plus d'un point, avoir déteint sur la trame des Corrivaus, voilà autant d'indices qui sembleraient suffire à motiver ce classement: mais la première de ces comédies est simplement une traduction libre d'Arioste, l'autre est sortie de toutes pièces du cerveau de l'auteur français, aussi donne-t-il à cette seconde la préférence et, en définitive, nous ne voyons pas pourquoi nousagirions autrement.

Commençons donc par les Corrivaus, publiés dans l'édition de 1674 des œuvres de notre poète. Le Négromant s\x\vv2l ; on reconnaîtra dans la traduction de cette pièce il Negromante d'Arioste, mais bien modifié, arrangé, habillé ; ce n'est pas là une simple traduction littérale comme avait fait en i552 J. P. de Mesmes pour les Suppose^, où il poussait la cons-

cience jusqu'à mettre en regard les deux textes italien et français : homme de libre allure en littérature comme en politique, Jean de la Taille se borne à jalonner çà et là son œuvre de quelques mots italiens jetés en marge comme des pierres d'attente plus ou moins exactes : nous n'avons pas cru devoir conserver ces témoins matériels de l'œuvre du tfaducteur ; ils étaient sans intérêt, et d'ailleurs, pour bien faire, c'est partout, dans les œuvres du poète, qu'il faudrait en placer.

Mais nous avons conservé avec le plus profond respect toute la saveur originale et jusqu'à l'expression typographique du texte primitif, persuadéqu'en ces vieux monuments où la date à elle seule est une recommandation l'aspect d'une forme ruineuse est encore pleine d'enseignements et d'une grâce pittoresque pour les esprits qui aiment à s'égarer dans leurs dédales.

LES CORRIVAUS

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