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TROISIEME PARTIE, CHAPITRE V

serviteurs de Dieu ont fait semblant d'C-tre fous pour se rendre plus abjects devant le monde, il les iaut admirer et non p?s imiter^ car ils ont eu des motifs pour passer à cet excès, qui leur ont été si particuliers et extraordinaires, que personne n'en doit tirer aucune conséquence pour soi. Et quant à David, il dansa et sauta un peu plus que l'ordinaire bienséance ne requérait, devant l'Arche de l'Alliance : ce n'était pas qu'il voulut faire le fou, mais, tout simplement et sans artifice, il faisait ces mouvements extérieurs conformes à Textraordinaire et démesurée allégresse qu'il sentait en son cœur. Il est vrai (du restée que quand Michol, sa femme, lui en fit reproche comme d'une folie, il ne fut pas marri de se voir avili ; mais, persévérant en la naïve et véritable représentation de sa joie, il témoigna d'être bien aise de recevoir un peu d'opprobre pour son Dieu. Ensuite de quoi je vous dirai que, si pour les actions d'une vraie et naïve dévotion on vous estime vile, abjecte ou folle, l'humilité vous fera réjouir de ce bienheureux opprobre, duquel la cause n'est pas en vous, mais en ceux qui le font.

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