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TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE XX

Le parler peu, tant recommandé par les anciens sages, ne s'entend pas qu'il faille dire peu de paroles, mais de n'en dire pas beaucoup d'inutiles ( i ) ; car, eu viaticrc de parler, on ne regarde pas à la quantité, mais à la qualité; et me semble qu'il faut fuir les deux extrémités-, car de faire trop Tentendu et le sévère, refusant de contribuer aux devis familiers qui se font dans les conversations, il semble qu'il y ait ou manquement de confiance, ou quelque sorte de dédain ; de babiller aussi toujours, sans donner ni loisir, ni commodité aux autres de parler à souhait , cela tient de l'éventé et du léger.

Saint Louis ne trouvait pas bon qu'étant en compagnie l'on parlât en secret et en conseil, et particulièrement à table, afin que l'on ne donnât pas soupçon que Ton parlât des autres en mal. « Celui, disait-il, qui est à table en bonne compagnie, qui a à dire quelque chose joyeuse et pîai-

qu'on le méconnaisse et qu'on ne vous cède point. L'humilité n'a aucune peine à terminer par le silence ces tournois de pensées, de sentiments et de paroles qui s'engagent si souvent là où des hommes sont réunis. Elle aime bien mieux rompre le combat, et au besoin quitter la lice, que de courir fortune de se blesser elle-même ou de blesser la charité, ce qui ne profite jamais à la vérité. » W' Gay. Vertus chrétiennes. Abrégé, p. 183-187.

(i) Le saint Docteur ne parle pas ici des « paroles inutiles n blâmées par l'Evangile, mais seulement de l'empressement avec lequel certaines personnes nourrissent la conversation, croyant rendre service au prochain en parlant beaucoup. Si leur intention est bonne, ce tlux de paroles n'en est pas moins étourdissant, et par conséquent regrettable, surtout dans une personne qui fait profession de piété.

santé, la doit dire que tout le monde l'entende ; si c'est chose d'importance, on la doit taire, sans en parler. »

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