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OUATKIEME PARTIE, CHAPITRE IX

VOS oreilles tant qu'elles voudront, et courir cà et là autour de vous, comme l'on fait avec les mouches, et quand elles viendront vous piquer et que vous les verrez un peu s'arrêter en votre cœur, ne faites autre chose que de tout simplement les ôter, non point combattant contre elles, ni leur répondant, mais faisant des actions contraires, quelles qu'elles soient, et spécialement de l'amour de Dieu. Car si vous me cro3CZ, vous ne vous opiniâtrerci pas à vouloir opposer la vertu contraire à la tentation que vous sentez, parce que ce serait quasi vouloir disputer avec elle ; mais après avoir fait une action de cette vertu directement contraire, si vous avez eu le loisir de reconnaître la qualité de la tentation, vous fere\ un simple retour de votre cœur du côté de Jésus-Christ crucifié, et par une action d'amour en son endroit, vous lui baiserei les pieds. C'est le meilleur moyen de vaincre l'ennemi, tant dans les petites que dans les i^randes tentations ; car l'amour de Dieu contenant en soi toutes les perfections de toutes les vertus et plus excellemment que les vertus mêmes, il est aussi un plus souverain remède contre tous vices -, et votre esprit s'accoutumant, en toutes tentations, de recourir à ce rendez- vous général, ne sera point obligé de regarder et examiner quelles tentations il a, mais simplement se sentant troublé, il se calmera par ce grand remède lequel, outre cela, est si épouvantable au malin esprit, que quand il voit que ses tentations nous provoquent à ce divin amour, il cesse de nous en faire.

Et voilà quant aux menues et fréquentes tentations, avec lesquelles qui voudrait s'amuser par le menu, il se morfondrait et ne ferait rien.

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