C.INQl'IKME PARTIR, CHAIMTRfc: X
de toui ce qui esc corrompu, mais qu'elles s'arrêtent seulement sur les iieurs; ainsi votre cœur ne peut être en repos qu'en Dieu seul, et nulle créature ne le peut assouvir. Repensez hardiment (i) aux plus chers et violents amusements qui ont occupé autrefois votre cœur, et jugez en vérité s'ils n'étaient pas pleins d'inquiétudes molestes, de pensées cuisantes et de soucis importuns, parmi lesquels votre pauvre cœur était misérable.
Hélas! notre cœur courant aux créatures, il y va avec des empressements, pensant de pouvoir y calmer ses désirs ; mais sitôt qu'il les a rencontrées, il voit que c'est à refaire et que rien ne le peut contenter. Dieu ne voulant pas que notre cœur trouve aucun lieu sur lequel il puisse reposer, non plus que la colombe sortie de l'arche de Noé, afin qu'il retourne à son Dieu, duquel il est sorti. Ah! quelle beauté de nature y a-t-il en notre cœur et donc pourquoi le retiendrons-nous contre son gré à servir les créatures ?
O ma belle âme (devez-vous dire', vous pouvez entendre et vouloir Dieu : pourquoi vous amuserez-vous à chose moindre? Vous pouvez prétendre à réternité : pourquoi vous amuserez-vous aux moments? Ce fut l'un des regrets de l'enfant prodigue, qu'ayant pu vivre délicieusement en la table de son père, il mangeait piteusement en celle des bêtes. O mon àme! tu es capable de Dieu : malheur à toi si tu te contentes de moins que de Dieu ! Elevez fort votre âme sur cette considération^ re-
(i) C'cst-ù-dirc : de i: ci haut, avec mépris.
montrez-lui qu'elle est éternelle et digne de l'éternité*, enflez-lui le courage pour ce sujet (i).
(i) Oui, la vie si infirme, si terne, si nulle de ce petit enfant; la vie si obscure et si insipide de ce manœuvre; la vie si misérable de cet esclave; la vie si méprisée et apparemment si inutile de ce mendiant, si la grâce y est et y commande, c'est la vie chrétienne, la vie qui animait l'âme, le corps et les œuvres du Christ, la vie évangélique, la vie catholique, la vie surnaturelle et éternelle, la vie de celui qui vivifie toutes choses, enfin cette vie sainte, radieuse, bienheureuse, qui est l'ineffable circulation de la divinité entre le Père, le Fils et le Saint- Esprit. C'est adorable et c'est incontestable. — La Vie et les vertus chrétiennes, M*' Gay, i, 5i.