CHAPITRE XV
Affections générales sur les considérations précédentes, et conclusion de l'exercice.
A quoi sont comparées les résolutions. — Souliait pour leur conservation. — Moyens de bien les soutenir. — Protestation nouvelle de fidélité au service de Dieu.
~^^!;7<^ CHÈRES résolutions ! vous êtes le bel arbre
de vie que mon Dieu a planté de sa main au milieu de mon cœur, que mon Sauveur veut arroser de son sang pour le faire fructifier. Plutôt mille morts que de permettre qu'aucun vent vous arrache. Non, ni la vanité, ni les délices, ni les richesses, ni les tribulations, ne m'arracheront jamais mon dessein (i).
(i) On peut voir par l'insistance que met le saint Auteur, dans ce chapitre et dans les précédents, à parler des résolutions, l'importance qu'il faut attacher à ce mot, et combien sont superficielles les âmes qui prennent très-vite des résolutions nombreuses, et qui après cela les oublient ou y manquent plus vite encore. Les saints n'agissaient pas ainsi. Saint François-Xavier prend la résolution de tourner vers le salut des âmes l'ambition qui le dévorait pour les choses de ce monde : c'est fait; il n'en
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Hélas! Seigneur, oui, vous l'avez planté, et avez dans votre sein paternel gardé éternellement ce bel arbre pour mon jardin. Hélas! combien y a-t-il d'ames qui n'ont point été favorisées de cette façon, et comment donc pourrai-je jamais assez m'humilier sous votre miséricorde!
O belles et saintes résolutions, si je vous conserve, vous me conserverez ; si vous vivez en mon âme, mon âme vivra en vous. Vivez donc à jamais, ô résolutions, qui êtes éternelles en la miséricorde de Dieu; soyez et vivez éternellement en moi! que jamais je ne vous abandonne!
Après ces affections, il faut que vous particularisiez les moyens requis pour maintenir ces chères résolutions et que vous protestiez de vous en vouloir fidèlement servir : la fréquence de l'oraison, des Sacrements, des bonnes œuvres, Tamendement de vos fautes, reconnues au second Point, le retranchement des mauvaises occasions, la suite des avis qui vous seront donnés à cet égard.
Ce qu'étant fait, comme par une reprise d'haleine et de force, proteste^ mille fois que vous
dcmord plus, et des nations entières lui doivent bientôt d'appartenir à Jésus-Christ. A douze ans, saint François de Sales lit dans le saint Evangile cette parole du Sauveur : « Apprenc:; de moi que je suis doux et humble de cœur ; » il prend la résolution de vaincre à tout prix son naturel emporté; c'en tut fait : il y passa sa vie; mais sa vie fut l'image parfaite de 'Jésus doux et humble de cœur. On ne saurait donc prendre trop sérieusement ses résoluîions. Dieu, qui les reçoit, en garde bon souvenir; respectons vis-à-vis de lui la parole à laquelle nous ne voudrions jamais manquer vis-à-vis des hommes.
continuerez en vos résolutions;, et comme si vous teniez votre cœur, votre âme et votre volonté en vos mains, dédiez-la, consacrez-la, sacrifiez-la, et l'immolez à Dieu, protestant que vous ne la reprendrez plus, mais la laisserez en la main de sa divine Majesté, pour suivre en tout et partout ses ordonnances. Priez Dieu qu'il vous renouvelle tout, qu'il bénisse votre renouvellement de protestation et qu'il le fortifie. Invoquez la Vierge, votre Ange, saint Louis et autres Saints.
Allez en cette émotion de cœur aux pieds de votre père spirituel ; accusez-vous des fautes principales que vous aurez remarqué avoir commises depuis votre confession générale, et recevez l'absolution en la même façon que vous fîtes la première fois ; prononcez devant lui la protestation, et la signez -, et enfin, allez unir votre cœur renouvelé , à son principe et Sauveur, au très-saint Sacrement de l'Eucharistie.