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CHAPITRE X\'1I

Réponses à deux objections qui peuvent être faites sur cette introduction.

PremKrc objection : ces exercices nombreux requièrent trop de temps; Rép. i". La vie ne saurait être mieux employée; 2" Il sutlit de les faire en temps et lieu; 3" Dieu récompense bien le temps employé pour lui. — Deuxième objection : Cela suppose le don de l'oraison; Rép. i" C'est chose possible presque à tous ; i" et facile aux autres d'y suppléer.

E monde vous dira, ma Philothée, que ces exercices et ces avis sont en si grand nombre, que, qui voudra les observer, il ne faudra pas qu'il vaque à autre chose. Hélas! chère Philothée , quand nous ne ferions autre chose, nous ferions bien asse^, puisque nous ferions ce que nous devrions faire en ce monde. Mais ne voyez-vous pas la ruse? S'il fallait faire tous ces exercices tous les jours, à la vérité ils nous occuperaient du tout (entièrement); mais il n'est pas requis de les faire, sinon en temps et lieu, chacun selon Toccurrence. Combien y a-t-il de lois civiles aux Digestes et au Code, lesquelles doivent être observées \ mais cela s'entend : selon les occurrences, et non pas qu'il les faille toutes

pratiquer tous les jours. Au demeurant, David, roi plein d'affaires très-difiiciles , pratiquait bien plus d'exercices que je ne vous ai marqué. Saint Louis, roi admirable et pour la guerre et pour la paix, et qui, avec un soin non pareil, administrait la justice, maniait les affaires, oyait tous les jours deux messes, disait vêpres et compiles avec son chapelain, faisait sa méditation, visitait les hôpitaux tous les vendredis, se confessait et prenait la discipline, entendait très-souvent des prédica- ^ tions, faisait fort souvent des conférences spiri- a tuelles, et avec tout cela ne perdait pas une seule m occasion du bien public extérieur, qu'il ne ftt et * n'exécutât diligemment ; et sa cour était plus belle et plus fleurissante qu'elle n'avait jamais été du temps de ses prédécesseurs. Faites donc har- m diment ces exercices, selon que je vous les ai ^ marqués, et Dieu vous donnera asse^ de loisir et de force pour faire tout le reste de vos affaires -, oui, quand il devrait arrêter le soleil, comme il fit du temps de Josué. Nous faisons toujours asse^ quand Dieu travaille avec nous.

Le monde dira que je suppose, presque partout, que ma Philothée ait le don de l'oraison mentale, et que néanmoins chacun ne l'a pas-, j tellement que cette Introduction ne servira pas pour tous. Il est vrai, sans doute, j'ai présupposé cela ; et il est vrai encore que chacun n'a pas le don de l'oraison mentale. Mais il est vrai aussi que presque chacun le peut avoir, même les plus grossiers, poujyu qii'ils aient de bons conducteurs et qu'ils veuillent travailler pour

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