Chapitre I. — Qu'il ne faut point s'amuser aux parole des
enfants du monde 371
Chap. II. — Qu'il faut avoir bon courage 376
Chap. III. De la nature des tentations, et de la différence qu'il y a entre sentir la tentation et y consentir. . . 379
Chap. IV. — Un bel exemple sur ce sujet 384
Chap. V. — Encouragement à l'âme qui est dans les tentations 387
Chap. VIL — Comment la tentation et délectation peuvent
être péché Sgo
Chap. VII. — Remèdes aux grandes tentations. . . . 3g4 Chap. VIII. — Qu'il faut résister aux menues tentations. 398 Chap. IX. — Comment il faut remédier aux menues tentations . . 400
Chap. X. — Comment il faut fortifier son cœur contre les
tentations 401
Chap. XI. — De l'inquiétude 406
Chap. XII. — De la tristesse 411
Chap. XIII. — Des consolations spirituelles et sensibles,
et comment il s'y faut comporter 416
Chap. XIV. — Des sécheresses et stérilités spirituelles. . 429 Chap. XV. — Confirmation et éclaircissement de ce qui a été dit, par un exemple notable 438
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CINQUIKME PARTIE
CONTENANT DES EXERCICES ET AVIS POUR RENOUVELER l'aME ET LA CONFIRMER EN LA DÉVOTION.
Pages Chapitre I. — Qu'il faut, chaque année, renouveler les
bons propos par les exercices suivants 446
Chap. II. — Considérations sur le bénéfice que Dieu nous fait, nous appelant à son service, et selon la protestation
mise ci-dessus 44g
Chap. 111. — De l'examen de notre âme sur son avancement en la vie dévote 453
Chap. IV. — Examen de l'état de notre âme envers Dieu.* 456 Chap. V. — Examen de votre état envers vous-même. . 459 Chap. \'l. — Examen de l'état de notre âme envers le
prochain 4G1
Chap. Vil. — Examen sur les aH'ections de notre âme. . 463 Chap. VIII. — Affections qu'il faut faire après l'examen. 4G6 Chap. IX. — Des considérations propres pour renouveler
nos bons propos 468
Chap. X. — Considération première : de l'excellence de
nos âmes 470
Chap. XI. — Deuxième considération : de l'excellence des
vertus 473
Chap. XII. — Troisième considération: sur l'exemple des
Saints 4^5
Chap. XIII. — Quatrième considération : de l'amour que
Jésus-Christ nous porte. a-j-j
Chap. XIV. — Cinquième considération : del'amour éternel de Dieu envers nous 4^0
Chap, XV. — Affections généralessur lesconsidérations précédentes, et conclusion de l'exercice 48a
Pages Chap. XVI. — Des sentiments qu'il faut garder après cet
exercice ^85
Chap. XVII. — Réponses à deux objections qui peuvent
être faites sur cette Introduction 487
Chap. XVIII. — Trois derniers et principaux avis pour
cette Introduction ^qo
Appendice 5oi
APPENDICE
Le quatrième chapitre de la première Partie de Y Introduction à la vie dévote, sur la nécessité d'un directeur pour avancer dam la vie spirituelle, est d'une importance si particulière, que nous devons en faire ressortir le grand enseignement : « C'est l'avertissement des avertissements » dit le saint Docteur! Et il est d'autant plus utile de ne pas le laisser passer inaperçu, qu'il y a là une des grâces les plus méconnues, les plus décriées, nous voudrions dire : par les gens sans foi qui profanent tout ce qu'ils touchent, mais nous devons ajouter : par un grand nombre de chrétiens superficiels, qui jugent des choses de Dieu selon la mesure de la fausse sagesse humaine. Et plût à Dieu que, même parmi les hommes en réputation de piété, nul ne tienne sur ce sujet un langage directement contraire à celui du saint évcque de Genève!
D'où vient cette guerre d'ensemble contre le ministère auguste de la conduite des âmes? De ce qu'on se fait de la direction spirituelle une idée absolument contraire à la réalité : d'abord en confondant la mission d'ordre de la confession, avec la grâce de la direction ; puis, en ce qu'on prétend, d'une part, que tous les prêtres, et les prêtres seuls, reçoivent de Dieu cette grâce; d'autre part, qu'ils en peuvent faire l'application à toutes les âmes dont ils ont la charge. Rappelons, sur ces deux points.
5o2 APPENDICE
l'enseignement des saints et des maîtres dans la vie spirituelle, tous parfaitement d'accord avec saint François de Sales.
La différence qui existe entre le ministère habituel du sacrement de Pénitence et ce que le saint Docteur nomme proprement ici la grâce de la direction, est évidente. Dans le premier cas, le prêtre entend les fautes du pénitent ; il en sait les remèdes; il fait promettre la réforme courageuse de la vie qu'on déplore, et il absout. Le directeur fait tout cela, mais il fait plus que cela : il instruit l'âme, il la guide dans ses lectures et lui indique des sources précieuses qu'elle n'eût peut-être jamais soupçonnées; il lui trace des règles de conduite en rapport avec ses devoirs d'état et avec ses aptitudes ; il l'exerce aux vertus chrétiennes, la faisant avancer peu à peu, mais sans relâche, du précepte au conseil, de la crainte à la dilection ; il développe enfin et resserre de plus en plus, par la vie d'oraison, l'union intime de cette âme avec Jésus. Et ainsi, par ses continuels encouragements, par la fréquentation des sacrements, il la fait arriver à ce noble service de Dieu, autant éloigné d'une vaine piétc sentimentale, que du laisser-aller de la masse des chrétiens. Sans doute, dans l'exercice consciencieux du ministère de la confession, il y a toujours, et nécessairement, le fait de la direction dans une mesure plus ou moins étendue, selon l'expérience, la science et le zèle du confesseur, selon les dispositions et la vocation des pénitents; mais, même dans ces conditions, le pouvoir d'absoudre, qui suppose le devoir indirect d'une certaine direction, est si distinct de la grâce de lumière et de conseil accordée par Dieu au directeur, que les chrétiens sérieux ne s'y trompent pas. Sainte Jeanne de Chantai n'a jamais témoigné qu'elle ait eu à se plaindre de négligences de la part de ses confesseurs dans les soins essentiels que réclamait son âme. Elle s'ouvrait à eux avec une grande droiture; elle recevait avec humilité et docilité leurs sages avis; elle retirait de l'administration du sacrement de pénitence tout le fruit de purification et d'encouragement qu'il comporte essentiellement. Mais en même temps que Dieu lui donnait tant de secours par la confession, il lui laissait
APi'rN'ru'-F 5o3
au fond lie l'âme un besoin inassouvi, une faim et soif de justice qui semblait rcîclamer une grâce de plus : cette grâce, c'est ce que saint François de Sales appelle : la direction spirituelle. « Dieu, dit-elle (i), me mit ce ddsir si avant dans mon cœur, c^ l'inspiration de lui demander ce directeur était si forte, que je faisais cette pétition avec une contention et force non pareilles. .. Je m'allais promener toute seule, ajoute-t-elle, et, comme transportée, je disais tout haut à Notre-Seigneur : Mon Dieu, je vous conjure par la vérité et la fidélité de vos promesses, de me donner pour me guider spirituellement un homme qui soit vraiment saint et votre serviteur, qui m'enseigne votre volonté et tout ce que vous désirez de moi, et je vous promets et jure en votre face que je ferai tout ce qu'il me dira de votre part. » Et elle joignait à la prière, pour obtenir promptement cette grande grâce, les plus saintes œuvres de charité. On sait comment Dieu daigna exaucer la prière de cette généreuse chrétienne. Il communiqua à l'un de ses plus dignes ministres, non pas le pouvoir d'absoudre : il le lui avait conféré par le sacrement de l'Ordre; non pas la plénitude du Saint-Esprit : il la lui avait donnée par la consécration épiscopale; mais une grâce spéciale : « Unicitiquc autan datur manifcstatio Spiritiis ad utilitatem. Alii qitidem per Spiritum datur scrmo sapientiœ ; alii autsm sermo szientiœ secundum eumdcm Spiritum ; altcri fides ni eodem Spiritu ; alii graiia sanitatum in iiuo Spiriiu ; alii opcratio virtutuin, alii prophetia, aiii discretio spirituum, alii gcuera linguarum,alii interpretatio scrmonum. Hœc autcm omnia operatur unus atque idem Spiritus, divideus singulis prout vult (i). » Cette grâce spéciale, qui lui fit connaître à fond l'âme de la servante de Dieu, qui lui suggéra les avis particuliers dont elle avait besoin pour répondre au degré de sainteté auquel elle était appelée, c'est ce que l'on nomme la direction. En vérité, il faudrait avoir peu l'habitude des distinctions rationnelles,
(i) Vie Je sainte Cluvilal, par M. l'abbc Boiigaud. (2) 1 ad Cor., xu, 7, u .
304 APPENDICE
pour ne pas saisir de suite cette différence essentielle d'un ministère d'ordre, avec une grâce particulière, avec un don spécial du Saint-Esprit, qui trouve sans doute son application ordinaire dans l'exercice du ministère pastoral, mais qui en est si nettement, si essentiellement distinct, qu'il a plu à Dieu, plus d'une fois, de l'accorder, et dans une mesure très-élevée, à de simples femmes, comme à sainte Térèse,à la bienheureuse Marguerite-Marie, et à bien d'autres. Ce point est d'une évidence si palpable, que nous n'oserions y insister plus longtemps.
De ce qjae nous venons de dire, il ressort, comme conséquence, que la grâce de l'éminente conduite des âmes ne sera jamais, ni la mission de tous les prêtres, ni un bienfait accordé à toutes les âmes. « Dieu, dit saint Paul, a établi dans l'Eglise, premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs Tous sont-ils apôtres? tous sont-ils
prophètes? tous sont-ils docteurs ? » De même, tous les prêtres ne reçoivent pas dans la même mesure les mêmes dons : à l'un. Dieu donne l'éloquence, qui est comme un écho du Verbe éternel, pour faire éclater devant le peuple chrétien la sublimité et la majesté de notre foi ; à un autre, il donne le zèle extérieur qui va chercher jusqu'au fond du désert les brebis égarées; à un autre, il donne l'amour de la maison de Dieu, pour y entretenir constamment la ferveur de son service et y chanter les cantiques sacrés; à un autre enfin, il donne cet ensemble de qualités naturelles et de dons surnaturels qui lui permettent d'étudier les âmes à fond, de distinguer nettement l'état de leur conscience et la voie par laquelle Dieu veut les conduire; enfin de leur donner les avis les mieux appropriés aux circonstances où elles se trouvent. On comprend de suite que cette grâce de lurr.ière et de conseil, parce qu'elle est très-élevée, ne soit accordée qu'à un petit nombre de prêtres, Dieu n'ayant pas accoutumé de répandre sans les compter les dons de cette valeur. Et c'est pourquoi notre saint Docteur, loin de supposer que tous les prêtres, même parmi les plus saints et les plus zélés, soient appelés à
API'ENDICK 5o5
exulter i-c spécial ministère, ^uc le (.lape bumi (Jreyuire appelait : l'art Jcs arts ; ars artium, regimen animarum, ajoute, au contraire : « Il s'en trouve moins qu'on ne saurait dire, qui soient capables de cet otttce. «
Cela posé, comment admettre, d'autre part, que la grâce insigne de la très-sérieuse direction soit offerte à toutes lésâmes.' Si celte grâce était nécessaire pour le salut des chrétiens en général, Dieu ne manquerait pas de l'oflVir à tous; mais il ne sera beaucoup demandé qu'à celui qui aura beaucoup reçu, et nous restons pleinement dans l'analogie de l'enseignement du saint auteur de V Introduction en disant : qu'il se trouve beaucoup moins d'âmes qu'on ne pense, qui soient capables de recevoir le bon office d'une telle direction spirituelle. De bonne foi, trouvera-t-on en grand nombre, dans le monde surtout, des âmes qui soient de force à entendre et à pratiquer exactement tout ce que conseille l'admirable livre de ï Introduction? Pense-t-on qu'une conversion telle que la dépeint saint François de Sales dans la première Partie, soit chose commune? Que l'étude approfondie et la pratique intelligente de la Méditation, enseignée et si fort recommandée dans la deuxième Partie, soit le fait d'une multitude de chrétiens? Ou bien, osera-t-on dire que les règles des vertus — nous disons des vertus de perfection, — posées dans la troisième Partie, et présentées avec un talent prodigieux d'insinuation, qui n'enlève rien à leur opposition fondamentale avec la nature, soient d'une application fréquente, même parmi les personnes pieuses 'i Et cette tactique spirituelle, destinée à soutenir, sans faiblesse et sans trouble, les plus violentes attaques du démon, et qui fait l'objet de la quatrième Partie, elle serait donc si ordinaire, que tous les chrétiens ne fussent pas des braves seulement, mais des héros! Et enfin, l'on voudrait donc que la masse des âmes pénétrât parfaitement les sublimes considérations de la cinquième Partie, entrant dans les nuances si délicates de l'examen que trace l'auteur, de l'état intérieur de la conscience humaine! L'expérience répond d'une manière concluante à ces diverses questions, et elle atteste que
5o6 APPENDICE
si la lecture de l'Introduction à la vie dévote est utile à tous les chrétiens, presque au même titre que V Imitation de Jésus-Christ, ce n'est pas à dire que l'ensemble des âmes soit capable d'y tout comprendre ou de pratiquer tout ce qui s'y trouve, mais seulement qu'on ne saurait trop rappeler ces admirables enseignements, dans lesquels chaque âme prend, pour se l'assimiler, ce qui répond à ses désirs plus ou moins grands de vie chrétienne ou de perfection.
On voit maintenant l'impertinence de ces hommes critiques, qui n'ont tant de blâme à l'endroit de la direction, que parce qu'ils ignorent absolunient ce qu'elle est, ce qu'elle suppose. et ce que Dieu lui donne de réaliser. Nous les plaignons de s'acharner à poursuivre de leurs quolibets ce que tous les saints ont considéré comme l'une des plus excellentes manifestations de la bonté de Dieu, comme une des grâces les plus précieuses qu'il ait jamais accordées à ses plus chères âmes. Nous ne plaignons guère moins ces hommes, plus sérieux sans doute, mais trop peu surnaturels, qui raisonnent sur les avantages et les inconvénients possibles de la direction spirituelle tout à fait comme si Dieu, en présentant aux plus privilégiés de ses serviteurs une grâce de cette valeur, ne leur offrait qu'un piège subtil et des plus dangereux! Quand Dieu et les saints relèvent un don comme ils l'ont fait pour celui-ci, et qu'on n'en connaît pas le vrai prix, il faudrait au moins s'abstenir de le déprécier !
Bien plus sages sont les « pauvres et chétives âmes » qui, animées d'un grand désir de servir Dieu parfaitement, ne cessent de demander avec foi cette grâce incomparable d'une vraie direction spirituelle. Ce que Dieu refuse aux superbes, il l'accorde aux humbles et aux petits; et c'est à ces âmes que s'adresse la parole du plus grand directeur que l'Eglise ait jamais offert à ses enfants pour les conduire dans les voies de la piété : « Priez Dieu avec une grande instance qu'il vous en donne un qui soit selon son cœur, et ne doutez point qu'il ne vous exauce, car quand il devrait envoyer un ange du ciel,
APPENDICE
comme il tit au jeune Tobic, il vous en donnera un bon et fidèle. Mais je vous dis derechef : demandez-le à Dieu, et, l'ayant obtenu, bénissez sa divine Majesté; allez simplement, humblement et conlidemmcnt, car vous ferez un très-heureux voyage. »
I.e Puy. typographie de Marolicbsou fils, boulevard Saint-Laurent, 23.
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François de Sales Oeuvres