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DOCTORAT DE S. FRANÇOIS DE SALES

PiE IX, PAPE

Ad perpetuam rei memoriam

[EU, riche en miséricorde, ni fit Jamais défaut à son Eglise dans les combats qu'elle soutient en ^£/c^! ce monde, et, selon les vicissitudes diverses des choses et des temps, il lui fournit avec sagesse les secours opportuns. C'est ainsi qu'au xvi'^ siècle, pendant qu'il visitait les nations chrétiennes avec la verge de sa fureur, et qu'il permettait que plusieurs contrées de l'Europe fussent couvertes des ténèbres des hérésies se propageant en tous sens, il ne voulut pas repousser son peuple et il fit briller providentiellement, en la personne de plusieurs saints, de nouveaux flambeaux, dont l'éclat et la lumière confirmèrent les enfants de l'Eglise

(i) C;ttc belle traduction a cto publiée par le Monde,

5Ô BREl-' DU DOCTORAT

scriptis immortalibus insurgcntium errorum monstra confodit, fidem asseruit, vitiis eversis mores emendavit, cunctis pervium cœlum ostendit. Qua prcecellenti sapientia eam laudem assecutus est, qua veteres illos ac praecipuos Ecclesice Dei doctores praestitisse sa : me : Bonifacius VII ï. Prsedecessor Noster declaravit (Cap. Un. de rel. et ven. SSrum. in 6.): qui scilicet « per salutaria documenta illustrarunt Ecclesiam, decorarunt virtutibus, et moribus informarunt, » quosque descripsit « quasi luminosas ardentesque lucernas super candelabrum in Domo Dei positas, errorum tenebris profugatis, totius corpus Ecclesias, tanquam sidus matutinum » irradiantes /c scripturarum reserantes asnigmata, ac profundis et decoris sermonibus ipsius Ecclesias fabricam, veluti gemmis vernantibus » illustrantes. Hoc sane elogium ad Genevensem Episcopum pertinere, vel eo adhuc vivente, maxime vero post ejus obitum, fama percelebris testata est, et ipsa scriptorum ab eo relictorum singularis eminentia invicto plane argumento demonstrat.

Enimvero magno in pretio Francisci doctrinam, dum in vivis ageret, habitam esse, vel ex eo colligere licet, quod e tôt strenuis veritatis catholiciie defensoribus, qui eo tempore liorebant, unum Genevensem

IjK SAINr KliANÇOlS DE SAI.ICS D7

dans la vérité et rappelèrent doucement les prévaricateurs mêmes à son amour. Du nombre de ces illustres personnages fut François de Sales, évêque de Genève, modèle de haute sainteté, maître dans la doctrine de la vérité et de la piété, qui, non-seulement par la parole, mais encore par ses immortels écrits, transperça l'hydre des erreurs qui s'élevaient, affermit la foi, corrigea les mœurs en triomphant des vices, montra le ciel accessible à tous.

Il conquit, par cette sagesse supérieure, cet honneur que Notre prédécesseur, Boniface VIII;, de sainte mémoire, a déclaré être la prérogative de ces anciens et principaux Docteurs de l'Eglise de Dieu (Cap. Un. de rel. et ven. Sanctoriim in 6) : « Par de salutaires en- « seignements, dit-il, ils ont éclairé l'Eglise, ils l'ont « ornée de leurs vertus, ils en ont réglé les mœurs par « leurs exemples; » et il les dépeint « comme des « flambeaux lumineux et brûlants, placés sur le chan- « délier dans la -Maison de Dieu, dissipant les ténèbres <i des erreurs et rayonnant tels que l'étoile du matin, « sur tout le corps de l'Eglise; » il nous les montre encore « découvrant le secret des Ecritures et enrichisce sant de discours brillants et profonds, comme d'au- « tant de pousses verdoyantes, le champ de l'Eglise. » La grande réputation de l'évèque de Genève pendant sa vie, et surtout après sa mort, atteste que de tels éloges lui sont dus, et l'excellence particulière de ses écrits le démontre aussi avec une force invincible.

Une première preuve de la très- haute estime dans laquelle, du vivant de François, on tenait sa doctrine, se tire de ce fait que, parmi tant de vaillants défenseurs de la vérité catholique qui florissaient ù cette

PraesLilem sa ; me : Clemens VIII. Prœdecessor Noster elegerit, quem adiré Juberet Theodorum Bezam Calvinianœ pestis propugnatorem acerrimum, et cum eo solo soluni agere, ut, illa ove ad ovile Christi revocata, plures alias reduceret. Quod munus adeo eximie Franciscus, non sine vitœ suas periculo, implevit, ut haereticus homo ex mérite confutatus veritatem fassus sit, licet ex scelere, arcano Dei judicio, indignus extiterit, qui ad Ecclesiaesinum rediret. Nec minori plane asstimatione sanctum Episcopum gavisum fuisse exinde constat, quod sa : me : Paulus V. Prœdecessor Noster, dum celebris disceptatio « de Auxiliis » Romce ageretur, sancti hujus Prœsulis sententiam ea super re exquiri voluerit, ejusque consilio obsecutus, sublilissimam, ac periculi plenam quastionem diu acriusque exagitatam, indictopartibus silentio, consopiendam judicaverit. Quin imo, si ipsas epistolie ab eo ad plurimos scriptae considerentur, cuique compertum erit, Franciscum ad instar gravissimorum inter veteres Ecclesiœ Patres, a compluribus, de iis, quae ad Catholicam fidem explicandam tuendamque, quoestiones ea de re enucleandas ac vitam ad Christianos mores componendam pertinerent, rogatum sœpe fuisse ; ipsumque, multa persecutum copiosissime ac docte, apud Romanos Pontifices, apud Principes, apud magistratus, apud sacerdotes eooperatores suos in sacro ministerio, adeo valuisse, ut ejus studio, hortaiionibus, monitis, consilia saepe inita fuerint, quibus regiones ab hœretica lue purgarentur, catholicus cultus restitueretur, religio amplificaretur. Hœc praecellentis doctrinœ opinio post illius obitum immunita non est, imo vehementer aucta; virique exomni ordine clarissimi,

HK saint FRANÇOIS IJR SAl.ES ?<)

époque, le seul évcquc de Genève fut choisi par Notre prédécesseur, Clément VIII, de sainte mémoire, pour être envoyé il Théodore de Bcze, propagateur acharné de la peste du calvinisme, et pour discuter seul à seul contre lui, afin qu'en rappelant cette brebis au bercail du Christ, il y en ramenât beaucoup d'autres. François s'acquitta si bien de cette mission, où il courut péril de la vie, que l'hérétique, dûment convaincu, avoua la vérité, quoique, par un secret jugement de Dieu, il n'ait pas été digne de sortir du crime pour rentrer dans le sein de l'Eglise. Une autre preuve non moindre de l'estime dont jouissait le saint évêque, c'est qu'à l'époque où s'agitait à Rome la célèbre discussion (c de Auxiliis », Notre prédécesseur, Paul V, de sainte mémoire, voulut avoir sur la matière l'opinion du saint prélat, et que, déférant à son avis, il jugea que la discussion si vive et si longtemps prolongée, sur une question très-subtile et pleine de périls, devait être assoupie par le silence imposé aux partis.

Bien plus, si l'on considère les lettres mêmes que François a écrites à nombre de personnes, tout le monde verra qu'à l'instar des plus autorisés parmi les anciens Pères de l'Eglise, il fut souvent consulté pour l'explication et la défense de la foi catholique, pour la solution des difficultés qui s'y rattachent et pour l'application des mœurs chrétiennes à la vie. Il traita un grand nombre de points avec beaucoup d'abondance et de science, et son influence fut telle auprès des Pontifes romains, des princes, des magistrats et des prêtres, ses coopérateurs dans le saint ministère, que par ses soins, ses exhortations ou ses avertissements, souvent des résolutions furent prises, au moyen desquelles cer-

6o BREF DU DOCTORAT

ipsique Summi Pontitices, eminentem iiiius scieniiam

magnis laudibus extulerunt. Equidem sa : me : Alexan-

der VII. In Bulla Canonizationis (XIII. Kalendas

Maias M D C LXV) Franciscum Salesium, doctrina

celebrem, sanctitate admirabilem prasdicavit, œtalique

'suas contra hasreses medicamem, prsesidiumque ; ita

ut scriptorum illius documentis irrigata populorum

ac virorum nobilium pectora affluentem evangelicoe

vitas messem peperisse affirmet. Quibus plane con-

gruit, quod in Consistoriali allocutione ante Cano-

nizationem habita, complexus est, Salesium scilicet

« docendo omnes, tum doctrinas salubris verbo, tum

vitœ innocentis exemple » multa in Ecclesias bonum

praestitisse, ejusque adhuc magnam partem superesse

« ope monitorum, et evangelicse disciplinée documen-

torum, quœ libris consignata, lidelium manibus tere-

bantur. » Nec ab his aliéna sunt, quce in literis datis

ad Moniales Visitationis Monasterii Anneciensis V.

Kalendas Augusti An : MDCLXVI aiebat, virtutem

nimirum, ac sapientiam illius « Christianum orbem

universum late perfundere; » inclyta ejus promerita

« doctrinamque plane divinam » se admiratum, eum

elegisse, quem « prcecipuum vitœ ducem, ac magis-

trum sequeretur. » Quod quidem magisterium sa :

me : Clementi IX. Praedecessori Nostro ejusmodi vi-

sum est, ut et antequara Pontifex esset, de Salesio

asseruerit « prœclarissimis voluminibus pium quo-

dammodo armamentarium animarum beneficio condi-

disse, » et pontitîcatum adeptus antiphonam in illius

honorem probaveriî, in ea verba, « Replevit Sanctum

Franciscum Dominus Spiritu intelligenti£e et ipsas

fluenta doctrine ministravit populo Dei. » Suis vero

!iK SAINT Ku Avfni»; nr < \ t r<;

taincs contrcos lurent délivrcosdu llcau de 1 iicriibie, le culte catholique rétabli et le règne de la religion agrandi. Cette opinion de l'excellence de sa doctrine, loin de diminuer après sa mort, ne fît que croître extrêmement, et les hommes les plus illustres dans tous les ordres et les Souverains Pontifes eux-mêmes, glorifièrent par de grands éloges sa science éminente. C'est ainsi qu'Alexandre 'VII, de sainte mémoire, dans la Bulle de Canonisation (i3 des calendes de mai i665), célèbre François de Sales comme un homme illustre par la doctrine, admirable par la sainteté, et qui fut à son époque le remède et le rempart contre les hérésies ; de telle sorte, affirme-t-il, que les cœurs des gens du peuple et de la noblesse, arrosés, au moyen de ses écrits, des ondes de son enseignement, produisirent une abondante moisson de vie évangélique. Avec ces paroles sont parfaitement d'accord celles que prononça le même Pape dans l'Allocution consistoriale qui précéda la canonisation, où il déclare que François de Sales, « en donnant à tous des leçons et par l'expression « dune saine doctrine et par l'exemple d'une vie in- « nocente », a fait beaucoup pour le bien de l'Eglise, et que ce bien continue encore en grande partie, « grâce « aux avis et aux enseignements de discipline évangé- « hque contenus dans des livres et circulant aux mains « des fidèles. » Il ne parle pas différemment dans ses lettres adressées aux religieuses de la Visition du monastère d'Annecy, le 5 des calendes d'août de l'année 1666, où il dit que la vertu et la sagesse de François « se sont étendues au loin dans tout le monde chré- « tien, » que, pour lui, il est plein d'admiration pour ses mérites éminents et « sa doctrine presque divine, »

aiitecessoribus concinens Benedictus XIV. sa : me : libros Genevensis Praesulis scientia divinitus acquislta scriptos affirmare non dubitavit, illius auctoritate usus difficiles quaestiones solvit, « sapientissimum animarum rectorem » appellavit. (Const. « Pastoralis curae » V. Augusti MDCCXLI.) Itaque mirandum minime est plurimos qui ingenii, ac doctrinse laude florerent, academiarum doctores, oratores summos, jurisconsultes, theologos insignes, et vel ipsos principes virum hune vere magnum ac doctissimum ad haec usque tempora prsedicasse : multos vero ut magistrum fuisse secutos, atque ex ejus libris plura in sua scripta dérivasse.

Porro hcÈc universalis persuasio, de excellenti Salesii scientia, ex qualitate ipsa doctrinae ipsius exoritur, quae nimirum in sublimi sanctitatis culmine ita in eo supereminet, ut Doctoris Ecclesiae tota propria sit, virumque hune inter praecipuos magistros sponsas suse a Christo Domino datos, accensendum suadeat. Quam-

I , I RANÇOIS I)K SAl.!:., (V3

et qu'il l'a choisi « pour son maître et son principal « guide dans la vie ». Ce titre de maitre parut si bien justitîé à Notre prédécesseur Clément IX, de sainte mémoire, qu'avant d'être pape il affirmait que François de Sales « avait composé, par ses magnifiques (c écrits , comme un pieux arsenal au bénéfice des « âmes, » et que, parvenu au Souverain-Pontificat, il approuva l'antienne en son honneur conçue en ces termes : « Le Seigneur a rempli de l'Esprit d'intelli- « gence saint François, et celui-ci a versé au peuple « de Dieu les flots de sa doctrine, «

Entrant dans le concert de ses prédécesseurs, Benoît XIV, de sainte mémoire, ne craignit pas d'affirmer que les livres de l'évêque de Genève sont écrits avec une science divinement acquise ; il se servit de son autorité pour résoudre de difficiles ques tions, et il l'appela «très-sage directeur des âmes». {Const. Pastoralis curœ, 5 août 1741.) Aussi, il n'y a pas lieu de s'étonner si beaucoup d'hommes, qui ont brillé de l'éclat du talent et de la science, des docteurs d'Académie, de grands orateurs, des jurisconsultes, des théologiens éminents et des princes mêmes, l'ont célébré jusqu'à nos jours comme très-docte et vraiment grand ; si un grand nombre d'entre eux l'ont suivi comme un maître et ont fait, dans leurs écrits, de nombreux emprunts à ses livres.

Or, cette persuasion générale de la science excellente de François de Sales provient de la qualité même de sa doctrine, qui, posée sur les plus hauts sommets de la sainteté, brille de telle sorte qu'elle est tout à fait celle d'un docteur de l'Eglise et qu'elle demande de faire asseoir cet homme parmi les mai-

vis enim sanctos Doctores, qui primis Ecclesiœ sœculis fioruerunt, antiquitas ipsa spectatos faciat, latinique aut greeci sermonis, quo libres ediderunt, in iis ornamentum accédât, id tamen potissimum, ac plane necessarium (quod supra monuimus) huic magisterio est, ut in scriptis diffusa ultra communem modum doctrina cœlestis appareat, quae argumentorum copia et varietate, splendoribus veluti circumamicta, totum Ecclesias corpus nova luce perfundat, sitque fidelibus in salutem. Hœc itaque laudum prœconia Genevensis Episcopi libris apprime conveniunt. Sive enim quae de rébus asceticis ad christianam vitam sancte, pieque ducendam, sivas quce de controversiis ad fideni tuendam, et hasreticos refutandos, sive quae de divini verbi prsedicatione scripsit considerentur, nemo est qui non \ïdeat, quanta per sanctissimum virum emolumenta sint in Catholicum populum invecta. Equidem duodecim libris insignum, atque incomparabilem tractatum « de amore Dei » docte, subtiliter, dilucideque complexus est, qui tôt preecones de suavitate sui auctoris habet, quot lectores, Maxime autem vivis coloribus virtutem, alio opère, quod « Philothea » inscribitur, pinxit; ac prava sternens in directa, et aspera in vias planas, universis Christi fidelibus iter ad eum ita facile commonstravit , ut vera exinde pietas lucem suam ubique eff^underet, viam sibi ad regum solia, ad ducum tentoria, ad judiciorum forum, telonia, officinas, et ipsa oppidula pastorum aperiret. Enimvero iis scriptis ex sacra doctrina summa scientias sanctorum principia eruit, et ita enucleat, ut insigne ipsius privilegium plane visum sit, quod ad omnes fidelium conditiones sapienler, leniterque eamdem accommodare noverit.

très principaux donnes par Notic-Sciyncur Jjsus- Christ à son épouse. En effet, quoique l'antiquité même soit un titre pour les saints Docteurs qui fleurirent aux premiers siècles de l'Eglise et que l'idiome latin ou grec, dans lequel leurs livres sont écrits, leur serve d'ornement, le caractère principal et absolument indispensable de cette dignité de maître, c'est (comme nous l'avons dit plus haut) que dans leurs écrits apparaît une doctrine céleste, répandue audelà de la mesure ordinaire, qui, par l'abondance et la variété des preuves, revêtue pour ainsi dire de splendeurs, verse sur tout le corps de l'Eglise une nouvelle lumière et soit une source de salut pour les fidèles.

Ce mérite et cette gloire doivent être pleinement attribués aux livres de l'évêque de Genève. Soit que l'on considère, en effet, ses Œuvres ascétiques, composées pour la direction pieuse et sainte de la vie chrétienne, ou ses livres de controverse, destinés à défendre la foi et a réfuter l'hérésie, ou ses écrits sur la prédication de la parole de Dieu, on ne saurait méconnaître quels services ce grand saint a rendus au peuple catholique. C'est ainsi qu'il a écrit en douze livres, avec science, profondeur et clarté, ce remarquable, cet incomparable traité De l'Amour de Dieu, qui procure à son auteur autant de hérauts de sa suavité qu'il a de lecteurs. Mais surtout il a peint la vertu de vives couleurs dans cet autre ouvrage qui a pour titre Philothée ; redressant les mauvaises voies et aplanissant les sentiers escarpés, il a montré si facile à tous les chrétiens le chemin de la vertu, que la vraie piété a répandu partout sa lumière et qu'elle a péné-

6G BRRF DU DOCTORAT

Hue accedunt tractatus de rébus ad magisterium pietatis spectantibus , ipsaeque Constitutiones , sapientia, discretione, ac suavitate conspicuae, quas pro Sanctimonialibus Ordinis Visitationis Beatas Marias ab eo constituti scripsit. Uberrimam etiam rei asceticœ segetem epistolaî ipsius ad plurimos datce suppeditant, in quibus illud plane mirabile est, quod Spiritu Dei pienus, et ad ipsum suavitatis auctorem accedens, devoti cultus erga Sacratissimum Cor Jesu semina miserit, quem in hac nostra temporum acerbitate maxime pietatis incremento mirifice propagatum , summa cum animi Nostri exultatione conspicimus. Nec prastereundum est, in his lucubrationibus, ac praesertim in interpretatione Cantici Canticorum, plura scripturarum aenigmata, quce ad morales, et anagogicos sensus pertinent, reserari, enodari difficultates, obscura nova luce perfundi, quibus licet inferre, Deum, cœlestis sui irrigui gratia influente, sancto huic viro sensum aperuisse, ut intelligeret scripturas, easque pervias doctis^ indoctisque redderet. Porro ad retundendam haereticorum sui temporis pervicaciam, confirmandosque catholicos, non minus féliciter, ac de asceticis rébus « Controversiarum » librum in quo plena Catholicee iidei demonstratio est, aliosque tractatus, concionesque de veritalibus fidei, itemque « Vexillum Crucis » conscripsit, quibus adeo strenue, pro Ecclesiae causa certavit, ut innumeram perditorum hominum multitudinem ad ejus sinum reduxerit, fîdem in tota Caballiacensium provincia, longe lateque , restituait. împrimis auctoritatem hujus Apostolicœ Sedis, ac Romani Pontilicis Beati Pétri successoris propugnavit, ac ipsius Primatus vim ac rationem, ea perspicuitate explicavit,

DE SAINT FRANÇOIS DE SAI-ES G7

tré au trône des rois, dans la tente des chefs d'armée, dans le prétoire des juges, dans les comptoirs, dans les boutiques et jusque dans les cabanes des bergers. Et, en elïet, dans ces écrits, il extrait de la doctrine sacrée les plus hauts principes de la science des saints, et il les explique de telle sorte que l'on voit clairement que c'a été son privilège insigne de savoir mettre sagement et suavement cette science à la portée des fidèles de toute condition. A ce même sujet se rattachent les traités qui regardent la direction spirituelle, et ces Constitutions, remarquables par la sagesse, la discrétion et la douceur, qu'il écrivit pour les religieuses de l'Ordre de la Visitation de la Bienheureuse Vierge, dont il est le fondateur.

Ses lettres, écrites à différentes personnes, fournissent encore une abondante moisson, dans l'ordre ascétique, et l'on doit très-particulièrement y admirer que François de Sales, plein de l'esprit de Dieu et s'approchant de l'auteur même de la suavité, y ait semé les germes de la tendre dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, que, dans les temps rigoureux que Nous traversons, Nous voyons, à la très-grande joie de Notre âme, se propager merveilleusement et avec un accroissement admirable de piété. Nous ne devons pas omettre non plus que, dans ces divers écrits, et particulièrement dans l'interprétation du Cantique des Cantiques, plusieurs mystères des Ecritures, relatifs au sens moral et anagogique, sont dévoilés, des difficultés sont aplanies et des obscurités éclaircies par un jour nouveau, d'où il est permis d'inférer que Dieu, l'inondant des flots célestes de sa grâce, a ouvert l'esprit de ce saint prélat pour qu'il comprît les Ecritures et qu'il

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Ut Vatican! Œcumenici Concilii definitionibus féliciter prseluserit. Certe, quee de infallibilitate Romani Pontificis, in quadragesimo sermone « Controversiarum » asserit, cujus autographum, dum in Concilie res ageretur, detectum est, ejusmodi sunt, quœ nonnullos Patres tune ea super re adhuc ancipites, ad definitiodem decernendam, veluti manu duxerint. Ex tante sancti Praesulis in Ecclesiam amore, et ejus defendendas studio ea ratio enata est, quam in divini verbi prœconio adhibuit, sive ad christianam plebem in démentis fidei erudiendam, sive ad mores doctorum informandos, sive ad fidèles omnes ad perfectionis culmen deducendos. Etenim se debitorum agnoscens sapientibus et insipientibus , omnibus omnia factus, simplices, et agrestes homines in simplicitale sermonis docere curavit, inter sapientes vero locutus est sapientiam. Qua super re, et prudentissima praecepta tradidit, idque assecutus est, ut sacras eloquentiae dignitas temporum vitio collapsa , ad anliquum splendorem proposito Sanctorum Patrum exemplo revocaretur ; atque ii disertissimi oratores ex hac schola prodierint, a quibus uberrimi fructus in universam Ecclesiam redundarunt. Itaque sacrœ eloquentiœ instaurator, ac magister ab omnibus habitus est.

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les rendît accessibles aux savants et aux ignorants.

Or, pour confondre l'opiniâtreté des hérétiques de son temps et pour raffermir les cathoIii|ues, l'cv'êque de Genève a écrit, avec non moins de bonheur que dans les sujets ascétiques, un livre des Controverses, OLi la foi catholique est pleinement démontrée, divers autres traités, des instructions sur les vérités de la foi et encore l'Etendard de la croix, autant d'ouvrages dans lesquels il a si vaillamment combattu pour la cause de l'Eglise, qu'il a ramené dans son sein une multitude innombrable d'égarés et qu'il a rétabli la foi dans toute l'étendue de la province du Chablais. En première ligne, il a soutenu l'autorité de ce Siège apostolique et du Pontife romain, successeur du Bienheureux Pierre, et il a expliqué la force et la raison de sa primauté avec tant de pénétration, qu'il a heureusement préludé aux définitions du Concile œcuménique du Vatican. Certes, le témoignage qu'il rend à l'infaillibilité du Pontife romain dans le quarantième discours des Controverses, dont le manuscrit autographe fut découvert pendant que la question s'agitait au Concile, est tel qu'il amena comme par la main plusieurs Pères, restés jusque-là incertains, à prononcer la définition.

Du grand amour de ce saint prélat pour l'Eglise et de son zèle à la défendre est venue sa façon de prêcher la parole de Dieu, soit pour instruire le peuple chrétien des éléments de la foi, soit pour former les mœurs des personnes plus doctes, soit pour conduire tous les fidèles au sommet de la perfection. Se regardant, en effet, comme débiteur aux savants et aux ignorants, se faisant tout à tous, il s'appliqua à enseigner dans la simplicité de la parole, les simples populations de la cam-

BREl^ IJU nOCTORAT

Denique cœlestis ejus doctrina, veluti aquae vivae flumen, irrigando Ecclesias agro, adeo utiliter, populo Dei fluxit ad salutem, ut verissima appareant, quœ sa : mem : Clemens VIII. Praedecessor Noster, Salesio, cum ad Episcopalem dignitatem eveheretur, veluti divinans dixerat, lis Proverbiorum verbis adhibids : « Vade, fili, et bibe aquatn de cisterna tua, et fluenta putei tui; deriventur fontes tui foras, et in piateis aquas tuas divide. » Has itaque salutis aquas haurientes cum gaudio fidèles, eminentem Genevensis Episcopi scienîiam suspexerunt, eumque magisterio Ecclesise dignum ad hsec usque tempora existimarunt. Enimvero his causis adducti, plurimi ex Vatican! Concilii Patribus, Nos, enixis votis, communi voce rogarunt, ut Sanctum Franciscum Salesium Doctoris titulo decoraremus. Quœ quidem vota, et Sanctœ Ecclesias Romanœ Cardinales, et plures ex toto orbe Antistites, ingeminarunt; iis vero plura Canonicorum Conlegia, magnorum Lycaeorum Doctores, scientiarum Academias, augusti Principes, ac nobiles proceres, ingens denique fidelium multitudo suis supplicationibus accesserunt. Nos itaque tôt tantisque precibus obsecundare lubenti animo volentes, gravissinium negotium, ut moris est, Congregationi Venerabilium Fratrum Nostrorum Sanctœ Ecclesiœ Romanœ Cardinalium sacris ritibus tuendis prœpositorum examinandum remisimus. Jamvcro dicta Venerabilium Fratrum

DE SAINT FRANÇOIS DE SALES JI

pagne, et au milieu des savants il parla le langage de la science. Il donna encore sur cette matière des règles très-sages et il obtint ce résultat que la dignité de l'éloquence sacrée, abaissée par la faute des temps, fût rappelée, par l'imitation des Saints Pères, à son ancienne splendeur ; de cette école sortirent ces orateurs si éloquents qui firent germer dans toute l'Eglise les fruits les plus abondants. Aussi a-t-il été considéré par tous comme un restaurateur et un maître de l'éloquence sacrée.

Enfin, sa céleste doctrine, arrosant comme un fleuve d'eau vive le champ de l'Eglise, coula pour le salut du peuple de Dieu avec tant d'efficacité, que l'on voit apparaître l'éclatante vérité des paroles comme prophétiques que Notre prédécesseur, Clément VIII, de sainte mémoire, adressa, en les empruntant au livre des Proverbes, à François de Sales, au moment où il était élevé à la dignité de l'épiscopat : « Va, mon fils, « et bois l'eau de ta citerne et le flot de ton puits; que « tes sources coulent au dehors et que tes ondes soient « distribuées sur les places. » Aussi les fidèles, puisant avec Joie à ces eaux du salut, admirèrent la science éminente de l'évéque de Genève etrestunèrent toujours digne du titre de maître dans l'Eglise.

Et en effet, conduit par ces motifs, un certain nombre de Pères du Concile du Vatican s'unirent pour nous exprimer le vœu que saint François de Sales fût honoré par Nous du titre de Docteur. Des cardinaux de la sainte Eglise romaine et des cvéques de toutes les parties du monde appuyèrent ce vœu ; de nombreux collèges de chanoines, des docteurs des grandes institutions d'enseignement, des académies scientifiques,

Nostrorum Congregatio in ordinariis comitiis ad Nostras Vaticanas œdes die Vil. Jalii labentis anni habitis, audita relatione Venerabilis Fratris Nostri Cardinalis Aloisii Bilio Episcopi Sabinensis, ejusdem Sacrae Congregalionis tune Praefecti, et causœ Ponentis, mature perpensis animadversionibus Laurentii Salvati Sanctce Fidel promotoris, necnon Patroni causas responsis, post accuratissimum examen, unariimi consensu rescribendum censuit « Consulendum Sanctissimo pro concessione, seu declaratione, et extentione ad universam Ecclesiam tituli Doctoris in honorem Sancti Francise! de Sales, eum offieio, et Missa de communi Doctoruni Pontificum, retenta oratione propria, et lectionibus secundi nocturni. » Quod Rescriptum, Nos, edito generali Decreto Urbis et Orbis die XIX mensis et anni ejusdem, approbavimus. Item novis porrectis precibus, ut aliqua additio fieret, tum in Martyrologio Romano, tum in sexta lectione in festo S. Franeisci Salesii, utque concessiones omnes hac super re factas Nostris Literis Apostolicis in forma Brevis confirmarentur-, eadem Venerabilium Fratrum Nostrorum Sanctœ Ecclesiœ Romanœ Cardinalium Congregatio, in ordinariis Comitiis die XV Septembris anni ejusdem habitis, reseripsit « Pro gratia, ac supplieandum Sanctissimo pro expeditione Brevis. » Addi vero censuerunt ad elogium Martyrologii Romani post verba « Annesium translatum fuit » hase alia « Quem Plus IX, ex Sacrorum Rituum Congregationis consulto universalis Eeelesias Doetorem declaravit » ; ad lectionem vero sextam post verba « Vigesima nona Januarii y> adjungi sequentia « et a Summo Pontifice Pio IX ex Sacrorum Rituum Congregationis

DE SAINT FRANÇOIS DE SALES

d'augustes princes, Je nobles seigneurs, entin une multitude de lidèles y joignirent leurs supplications. Afin de répondre à tant et à de si pressantes prières, ce que Nous times de grand cœur, Nous envoyâmes, selon l'usage, cette grave affaire ù l'examen de la Congrégation de Nos Vénérables Frères, cardinaux de la sainte Eglise romaine, préposés à la garde des sacrés Rites. Or, ladite Congrégation de Nos Vénérables Frères, dans sa réunion ordinaire, tenue en Notre palais du Vatican, le 7 juillet de la présente année, après avoir entendu le rapport de Notre Vénérable Frère le cardinal Louis Bilio, évéque de Sabine, alors Préfet de la même Sacrée Congrégation et Ponent de la cause, et après avoir mûrement pesé les objections de Laurent Salvati, promoteur de la foi, et les réponses faites par le patron de la cause, formula à l'unanimité, après examen approfondi, le rescrit suivant : « Qu'il soit « émis au Saint-Père un avis favorable pour la con- « cession, la déclaration et l'extension à toute l'Eglise « du titre de Docteur en l'honneur de saint François « de Sales, avec oftice et messe du commun des Do«- « teurs pontifes, sauf l'oraison propre et les leçons du « second nocturne. » Nous approuvâmes ce rescrit par un décret général urbis et orbis^ donné le 19 du même mois de la susdite année.

De plus, de nouvelles prières nous ayant été adressées, demandant qu''une addition fût faite, soit dans le Martyrologe romain, soit dans la sixième leçon pour la fête de saint François de Sales, et que toutes les concessions accordées à ce sujet fussent confirmées par Nos Lettres apostoliques en forme de Bref, la même Congrégation de Nos Vénérables Frè-

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consulto, univeisalis Ecclesiae Doctor fuit declaratus. » Et hoc quoque Rescriptum memoratae Congregationis die XX. dicti mensis, et anni ratum habuimus et confirmavimus, atque ut super concessionibus omnibus hac de re factis, Apostolicœ Literas expedirentur, mandavimus. Quee cum. ita sint, supradictorum Sanctae Ecclesias Romanœ Cardinalium, Antistitum, Collegiorum, Academiarum, ac fidelium votis obsecuti, deque consilio memoratae Venerabilium Fratrum Nostrorum Sanctœ Ecclesiœ Romanse Cardinalium Congregationis sacris Ritibus cognoscendis praspositce, Auctoritate Nostra Apostolica, tenore prœsentium, titulura Docto* ris in honorem Sancti Francisci Salesii Genevensis Episcopi ac Ordinis Sanctimonialium Beatœ Marite V. Visitationis Institutoris contirmamus, seu, quatenus opus sit, denuo ei tribuimus, impertimus, ita ut in universali Catholica Ecclesia, semper ipse Doctor habeatur, atque in die festo anniversario, cum a seculari, tum a regulari Clero celebrando Officium et Missam juxta memoratum sacrorum Rituum Congregationis Décret um Jfiat, Prœterea ejusdem Doctoris libros, commentaria, opéra denique omnia, ut aliorum Ecclesia; Doctorum, non modo privatim, sed et publiée in Gymnasiis, Academiis, Scholis, Collegiis, lectionibus, disputationibus, interpretationibus, concionibus aliisque ecclesiasticis studiis, christianisque exercitationibus, citari, proferri, et prout res postuiaverit adhibcri decernimus.

Il: SAINT FRANÇOIS DE SAI.ES yS

rcs, Cardinaux de la sainte Eglise romaine, dans sa réunion ordinaire tenue le XV septembre de cette même année, répondit dans son rescrit : « Pour la « laveur, et que l'expédition du Bref soit humble- « ment sollicitée du Saint-Père. » Elle proposa d'ajouter à la légende du Martyrologe romain, après les mots : « il fut transporté à Annecy, » ces autres paroles : « Pie IX, de l'avis de la Sucrée- Congréga- « tion des Rites, le proclama Docteur de l'Eglise « universelle; » et, dans la sixième leçon, après les mots « le vingt-neuf janvier », cette suite « et il « fut proclamé par le Souverain-Pontife Pie IX, « de l'avis de la Sacrée-Congrégation des Rites, Doc- « teur de l'Eglise universelle. » Nous avons approuvé et confirmé ce rescrit de ladite Congrégation, le XX du même mois de cette même année, et Nous avons ordonné que pour toutes les concessions accordées à ce sujet les lettres apostoliques fussent expédiées.

Cela étant, répondant aux vœux des susdits Cardinaux de la sainte Eglise romaine, des Prélats, des Collèges, des Académies et des fidèles, et de l'avis de la Congrégation de Nos Vénérables Frères, Cardinaux de la sainte Eglise romaine, préposés à la connaissance des sacrés Rites, en vertu de Notre autorité apostolique, par la teneur des présentes, Nous confirmons ou, en tant qu'il en soit besoin, Nous accordons et Nous conférons de nouveau le titre de Docteur en l'honneur de saint François de Sales, ivéque de Genève, et fondateur du saint Ordre des religieuses de la Visitation de la B. Vierge Marie, de telle façon que dans toute l'Eglise catholique il soit :oujours tenu pour Docteur, et qu'au jour de sa fête

76 BREF DU DOCTOUAT

Ut vero fidelium pietati in hujus Doctoris die festo rite colendo, ejusque ope imploranda, excitamenta adjiciantur, de Omnipotentis Dei misericordia, ac Beatorum Pelri et Pauli Apostolorum ejus auctoritatei confisi, omnibus, et singulis utriusque sexus Christifidelibus, qui die festo ejusdem sancti Doctoris, aut uno ex septem diebus continuis immédiate subsequentibus , uniuscujusque Christifidelis arbitrio sibi deligendo, vere pœnitentes, et confessi, Sanctissimam-^ Eucharistiam sumpserint, et quamlibet ex Ecclesiis Ordinis Sanctimonialium Visitationis Beatse Mariae Virginis dévote visitaverint, ibique pro Christianorum Principum concordia, hasresum extirpatione, peccatorum conversione, et Sanctse Matris Ecclesioe exaltatione, pias ad Deum preces effuderint, plenariam omnium peccatorum suorum indulgentiam, et remissionem misericorditer in Domino concedimus.

Quapropter universis Venerabilibus Fratribus Pa triarchis Primatibus, Archiepiscopis, Episcopis, et dilectis filiis aliarum Ecclesiarum Prœlatis, per universum terrarum orbem constitutis per prœsentef mandamus, ut quas superius sancita sunt, in suij Provinciis, Civitatibus, Ecclesiis, et Diœcesibus solemniter publicari, et ab omnibus personis Ecclesiasticis sœcularibus, et quoruravis ordinum regularibus ubique locorum et gentium, inviolabiliter, et perpétue

I>K SAINT FRANÇOIS lit. aAi.Ka

anniversaire, le clergé, tant séculier que régulier, se conforme, dans la célébration de l'office de la messe, au décret susmentionné de la Congrégation des Saints- Rites. Nous décidons en outre que, non-seulement dans l'usage privé, mais en public, au sein des gymnases, des académies, des écoles, des collèges, dans les lectures, argumentations, explications, discours et autres formes d'études ecclésiastiques et d'exercices chrétiens, les livres de ce même Docteur, ses commentaires, tous ses ouvrages enfin, seront, au même titre que ceux des autres Docteurs de l'Eglise, cités, produits et employés comme la circonstance le demandera.

Afin d'exciter la piété des fidèles à honorer comme il convient la fête de ce saint Docteur et à implorer son secours, par la miséricorde du Dieu Tout-Puissant, et fort de l'autorité des Bienheureux Pierre et Paul, ses Apôtres, Nous accordons miséricordieusement dans le Seigneur l'indulgence plénière et la rémission de tous leurs péchés à tous et à chacun des fidèles de l'un et de l'autre sexes qui, en ce jour de la fête du saint Docteur ou, à leur choix, dans l'un des sept jours qui la suivent immédiatement, vraiment pénitents et s'étant confessés, recevront la très-sainte Eucharistie, visiteront dévotement une des églises de l'Ordre des religieuses de la Visitation de la B. Vierge Marie et y prieront pieusement pour la concorde des Princes chrétiens, l'extirpation des hérésies, la conversion des pécheurs et l'exaltation de notre sainte Mère l'Eglise.

C'est pourquoi Nous prescrivons par les présentes à Nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques et Evêques et à Nos chers Fils les Prélats des

P.RFA' DU DOCTORAT

observari procurent. Hœc praecipimus, et mandamus, non obstantibus Apostolicis, ac in Œcumenicis, Provmcialibus, et Synodalibus Conciliis editis generalibus vel specialibus constitutionibus, et ordinationibus ceterisque contrariis quibuscumque. Volumus autem, ut prœsentium Literarum transumptis, seu exemplis, eîiam impressis, manu alicujus Notarii publie! subscriptis, et sigillo personœ in Ecclesiastica dignitate constitutae munitis, eadem prorsus fides adhibeatur quas adhiberetur ipsis prœsentibus, si fuerint exhibitas, vel ostensas.

Datum Romce apud Sanctum Petrum sub annulo Piscatoris die XVI NovembrisMDCGCLXXVFI. Pontificatus Nostri anno Trigesimosecundo.

F. Gard. Asquinius.

Prœcedentes Litterœ Apostolicae et Decretum Urbis et Orbis quod eis prœmittitur concordant cum exemplari Romas typis impresso.

Annecii, die 22 Decembris 1877.

f G. -MARIA, Episcopus Annecien.

autres Eglises, établis sur toute la surlace du monde, de faire publier solennellement dans leurs provinces, villes, Eglises et diocèses, tout ce que Nous venons de décider, et de le faire observer en tous lieux et en tous pays, inviolablement et toujours, partons les ecclésiastiques séculiers et réguliers de tous Ordres; ce que Nous mandons et ordonnons, nonobstant les Constitutions et Ordonnances apostoliques, et celles qui auraient été portées, générales ou spéciales, dans les Conciles Œcuméniques, Provinciaux et Synodaux, et nonobstant toute autre chose contraire. Nous voulons encore que les copies des présentes Lettres ou les exemplaires même imprimés, signés de la main d'un Notaire public et munis du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique , obtiennent la même créance qui serait donnée aux Présentes, si elles étaient produites ou montrées.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, le 1 6 novembre 1877. De Notre Pontificat la XXX IP année.

F. Cardinal Asquini.

SENTIMENT

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