BORDEAUX
Bordeaux, 12 février 1H79,
Monsieur l'Aumôxier,
J'ai reçu depuis quelques jours les premières feuilles de votre nouvelle édition des Œuvres de Saint François de Sales. L'étude constante et approfondie que vous en avez faite pendant près de vingt ans, portera ses fruits. D'après la lecture des extraits dont vous m'avez fait hommage, j'ose espérer que vous avez atteint le but que vous vous êtes proposé, à savoir de rendre populaire tout ce qui est sorti de la plume ou plutôt du cœur de celui qu'on a si justement appelé : le plus aimable des saints et le plus sage directeur des âmes. Sa physionomie est conservée, et, malgré la suppression de quelques mots tombés en désuétude, on retrouve avec plaisir le style original et pittoresque de l'écrivain, ses peintures riantes, ses images gracieuses, ses comparaisons pleines de charme, puisées pour la plupart dans les grands spectacles de la nature alpestre, et dans le souvenir de la vue des champs, des troupeaux, des abeilles, des vignes plantées parmi les oliviers, des oiseaux, etc. Grâce à la pensée que vous avez eue de réunir dans le dernier volume cer-
LETTRES KI^ISCOPAI.ES
tains chapitres trop hardis, pour le temps où nous sommes, tous les fidèles pourront puiser dans les œuvres de l'aimable Docteur, avec les conseils les plus sages, une piété douce et solide, et un enseignement, qui attache, en les intéressant, l'imagination et le cœur, et conduit le lecteur, tout en le laissant, ce semble, marcher de son pas et prendre quelques plaisirs honnêtes ici-bas, à une incontestable perfection. Recevez donc, monsieur l'Aumônier, mes sincères félicitations et la bénédiction que mérite à si juste titre votre pieuse et intelligente entreprise.
t FERDINAND cardinal DONNET.
archeviIque de Bordeaux.