‹ Œuvres. PubliéesChapitre 75 sur 204 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des considérations, seconde partie de la méditation.

Ce que c'est que la méditation. — Sa différence d'avec l'étude. — Moyen de procéder aux considérations. — Avis important.

PRÈS l'action de l'imagination, suit l'action de l'entendement (de l'esprit), ce que nous appelions méditation , qui n'est autre chose qvilme ou plusieurs considérations faites afin d' émouvoir nos affections en Dieu et aux choses divines ; en quoi la méditation est différente de l'étude et des autres pensées et considérations , lesquelles ne se font pas pour acquérir la vertu ou l'amour de Dieu, mais pour quelques autres fins et intentions, comme pour devenir savant, pour en écrire ou disputer (i). Ayant donc enfermé votre esprit, comme j'ai dit, dans l'enclos du sujet que vous voulez méditer, ou par l'imagination, si le sujet est sensible, ou par la simple proposition, s'il est insensible, vous commencerez à faire sur celui-ci des considérations dont vous verrez des

([) Comme nous l'avons expliqué p. io3-io5, c'est avant de méditer, qu'il faut nourrir son esprit des vérités dont la méditation alimentera ensuite le cœur.

DEUXIEME PAKTIE, CHAPITRE Y

exemples tout formés dans les méditations que )c vous ai données ( i ). Que si votre esprit trouve assez de goût, de lumière et de fruit sur Tune des considérations, j'ous vous y arrêteve\ sans passer plus outre ; faisant comme les abeilles, qui ne quittent point la fleur tandis qu'elles y trouvent du miel à recueillir. Mais si vous ne rencontrez pas selon votre souhait en Tune des considérations, après avoir un peu marchandé et essayé, vous passerez à une autre; mais allez tout bellement et simplement en cette besogne, sans vous y empresser.

(i Première partie ; loc. cit.

^^ xtï 4i "Aj

ïji r^ rp. T^^

fp^ fi^ fp^

Page 1