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CHAPITRE XXI

Comment il faut communier

Avis pour se préparer à la sainte communion. — Conseil pour la communion spirituelle. — Réponse aux mondains touchant la fréquente communion. — Encouragement à communier souvent. — Comparaison.

OMMENCEZ, le soir précédent, à vous préparer à la sainte communion, par plusieurs aspirations et élancements d'amour, vous retirant un peu de meilleure heure, afin de vous pouvoir aussi lever plus matin \ que si la nuit vous vous réveillez, remplissez soudain votre cœur et votre bouche de quelques paroles odorantes, par le moyen desquelles votre âme soit parfumée pour recevoir l'Epoux, lequel, veillant pendant que vous dormez, se prépare à vous apporter mille grâces et

suit, Episcopisque Provinciae injunxit eos severe puniendos esse qui oppositum. disseminarent. Hoc demum Episcopis omnibus inculcavit Innocentius XI decretum S. C. anno 1679 approbando, ut videlicet in suis subditis hanc alerent devotionem, declarans nihil obstare quod sint laici, negotiatores aut conjugati >>; 2° Que la communion quotidienne serait le partage d'un plus grand nombre, pour la gloire de Dieu, pour la consolation de l'Eglise, pour l'édification du peuple chrétien, si lésâmes pieuses revenaient à la foi ardente, à la vie mortifiée, à la lutte généreuse contre leurs imperfections. Aussi les pasteurs zélés des âmes appellent-ils de tous leurs vœux le moment oîi chaque jour se dressera large et remplie de convives, la table du père de famille.

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faveurs, si de votre part vous êtes disposée à les recevoir. Le matin, levez-vous avec grande joie, pour le bonheur que vous espérez -, et, vous étant confessée, allez avec grande confiance, mais aussi avec grande humilité, prendre cette viande céleste qui vous nourrit à Timmortalité. Et après que vous aurez dit les paroles sacrées : Sci\^ncii7\ je ne suis p:is digne, ne remuez plus votre tête, ni vos lèvres, soit pour prier, soit pour soupirer ; mais ouvrant doucement et médiocrement votre bouche, et élevant votre tête autant qu'il faut pour donner commodité au prêtre de voir ce qu'il fait, recevez, pleine de foi, d'espérance et de charité. Celui lequel, auquel, par lequel, et pour lequel vous croyez, espérez et aimez. O Philothée, imaginezvous que comme Tabeille, aN'ant recueilli sur les Heurs la rosée du ciel et le suc plus exquis de la terre, et l'ayant réduit en miel, le porte dans sa ruche; ainsi le prêtre ayant pris sur l'autel le Sauveur du monde, vrai fils de Dieu, qui, comme une rosée, est descendu du ciel, et vrai Fils de la Vierge, qui, comme une fleur, est sorti de la terre de notre humanité, il le met en viande de suavité dans votre bouche et dans votre corps. L'ayant reçu, excitez votre cœur à venir faire hommage à ce Roi de salut ; traitez avec lui de vos affaires intérieures, considérez-le dedans vous, où il s'est mis pour votre bonheur. Enfin faites-lui tout l'accueil qu'il vous sera possible, et comportez-vous en sorte que l'on connaisse en toutes vos actions que Dieu est avec vous.

Mais, quand vous ne pourrez pas avoir ce bien

l'/G INTRODUCTION A LA VJE DÉVOTE

de communier réellement à la sainte messe, conivmme:^ an moins de cœur et d'esprit, vous unissant par ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur.

Votre grande intention en la communion doit être de vous avancer, fortifier et consoler .en l'amour de Dieu; car vous devez recevoir pour l'amour ce que le seul amour vous fait donner. Non, le Sauveur ne peut être considéré en une action ni plus amoureuse, ni plus tendre que celle-ci, en laquelle il s'anéantit, par manière de dire, et se réduit en viande, afin de pénétrer nos âmes et s'unir intimement au cœur et au corps de ses fidèles.

Si les mondains vous demandent pourquoi vous communiez si souvent, dites-leur que c'est pour apprendre à aimer Dieu, pour vous purifier de vos imperfections, pour vous délivrer de vos misères, pour vous consoler en vos afflictions, pour vous appuyer en vos faiblesses. Dites-leur que deux sortes de gens doivent souvent communier : les parfaits, parce qu'étant bien disposés, ils auraient grand tort de ne point s'approcher de la source et fontaine de perfection-, et les imparfaits, afin de pouvoir justement prétendre à la perfection ; \ts forts afin qu'ils ne deviennent faibles, et les faibles afin qu'ils deviennent forts ; les malades afin d'être guéris, les sains afin qu'ils ne tombent pas en maladie ; et que, pour vous, comme imparfaite, faible et malade, vous avez besoin de souvent communiquer avec votre perfection, votre force et votre médecin. Dites-leur que ceux qui

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n'ont pas beaucoup d'adaircs mondaines doivent communier souvent, parce qu'ils en ont la commodité; et ceux qui ont beaucoup d'allaires mondaines, parce qu'ils en ont nécessité, et que celui qui travaille beaucoup et qui est chargé de peines doit aussi manger les viandes solides et souventes fois. Dites-leur que vous recevez le saint Sacrement pour apprendre à le bien recevoir, parce que Ton ne fait guère bien une action à laquelle on ne s'exerce pas souvent.

Coimnuuic- souvent, Philothée, ei le plus souvent que vous pourrez, avec l'avis de votre père spirituel, et croyez-moi ; les lièvres deviennent blancs parmi nos montagnes en hiver, parce qu'ils ne voient ni ne mangent que la neige; et à force d'adorer et manger la beauté, la bonté et la pureté même en ce divin Sacrement, vous deviendrez toute belle, toute bonne et toute pure.

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