TROISIEME PARTIE, CHAl'ITRE PREMIER
avancer en toutes les vertus. Si je suis combattu par l'orgueil ou par la colère, il faut qu'en toute chose je me penche et plie du côté de l'humilité et de la douceur, et qu'à cela je fasse servir les autres exercices, de l'oraison, des sacrements, de la prudence, de la constance et de la sobriété. Car comme les sangliers, pour aiguiser leurs défenses, les frottent et fourbissent avec leurs autres dents, lesquelles réciproquement en demeurent toutes fort affilées et tranchantes, ainsi l'homme vertueux, ayant entrepris de se perfectionner en la vertu de laquelle il a plus de besoin pour sa défense,, il la doit limer et affiler par l'exercice des autres vertus ; lesquelles, en affilant celle-là, en deviennent toutes plus excellentes et mieux polies. Comme il advint à Job qui, s'exerçant particulièrement en la patience contre tant de tentations desquelles il fut agité, devint parfaitement saint et vertueux en toutes sortes de vertus. Ainsi il est arrivé, comme dit saint Grégoire de Nazianze, que par une seule action de quelque vertu bien et parfaitement exercée, une personne a atteint au comble des vertus; alléguant Rahab, laquelle ayant exactement pratiqué l'office d'hospitalité, parvint à une gloire suprême \ mais cela s'entend quand telle action se fait excellemment, avec grande ferveur et charité.