SUR LA GUERRE
Citoyens ,
C'est par le mensonge que des Français parjures ont excité contre leur patrie les armes de l'Autriche et de la Prusse; c'est à force de mensonges qu'une cour conspiratrice était parvenue à cacher la sourde destruction ou la destination perfide des moyens que vos représentants avaient préparés pour la défense des frontières : c'est aussi en employant le mensonge, que ceux de vos ennemis qui sont encore au milieu de vous se flattent d'égarer votre patriotisme, ou de refroidir votre valeur, et qu'ils espèrent répandre parmi vous, ou le découragement ou la défiance.
Tls ont dit à ceux qu'ils voulaient irriter, que l'as-
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semblée nationale se préparait à rétablir Louis XVI; ils ont dit à ceux dont ils voulaient décourager la résistance contre les soldats de la tyrannie, que l'assemblée nationale avait le projet d'élever sur le trône un prince étranger, et même le général des armées ennemies, le duc de Brunswick, qui s'est déclaré l'ennemi de la souveraineté des peuples et de la liberté du genre humain.
Citoyens ! vos représentants vous ont prouvé qu'ils ne voulaient pas d'un pouvoir qui ne leur aurait pas été conféré par le peuple. Ils ont appelé une Convention nationale, et elle seule peut régler quelle forme de gouvernement convient à un peuple qui veut être libre , mais qui ne veut l'être que sous la loi de l'entière égalité. Usurperaient-ils un pouvoir illégitime après s'être renfermés, avec scrupule, dans les limites de ceux qu'ils avaient reçus de la constitution, au moment même où des circonstances extraordinaires auraient pu les excuser?
Dira-t-on qu'ils chercheraient alors à se couvrir du voile de la nécessité? Non. En jurant de mourir à leur poste, ou de maintenir les droits du peuple; en jurant d'y attendre la Convention nationale, ils ont juré de ne point déshonorer, par de lâches traités, les derniers moments de leur existence : ils rempliront toute l'étendue de leur serment, et ils prêteraient celui que ces indignes calomnies semblent exiger d'eux, si le respect pour l'assemblée chargée par le peuple de déclarer la volonté nationale , si le respect pour le peuple lui-même, auquel il appartient d'accepter ou de refuser la constitution qui lui
de l'assemblée nationale, etc. 5nn
est offerte, pouvaient leur permettre de prévenir, par leur résolution , ce qu'ils attendent de la nation française, de son courage et de son amour pour la liberté. Mais ce serment, qu'ils ne peuvent prêter comme représentants du peuple, ils le prêtent comme citoyens et comme individus; c'est celui de combattre de toutes leurs forces les rois et la royauté.
Cette adresse fut adoptée à l'unanimité. Voyez, page 292, des Procès-verbaux de l'Assemblée législative.
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