‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 109 sur 183 · CULTURES · texte numérisé non relu

CULTURES

Sur les grandes et petites cultures (t.).

La question de savoir si un grand terrain , cultivé par un seul propriétaire, donne un produit brut ou un produit net plus grand ou moindre que le même terrain partagé en petites propriétés, cultivées chacune par le possesseur, n'a point encore été com^

(i) Voltaire, tome XXIX, p. a85.

(2) Voltaire, tome Xli, p. 2/19.

SUR VOLTAIRE. Sg'i

pléteiiient résolue. H est vrai qu'en général, dans toute manufacture, plus on divise le travail entre des ouvriers occupés chacun d'une même chose, plus on obtient de perfection et d'économie. Mais jusqu'à quel point ce principe se peut-il applicpier à l'agriculture, ou plus généralement à un art dont les procédés successifs sont assujettis, à certaines périodes, à l'ordre des saisons?

DÉMOCRATIE (i).

Si l'on entend par démocratie uneconstitution dans laquelle l'assemblée générale des citoyens fait immédiatement les lois, il est clair que la démocratie ne convient qu'à un petit État. Mais si l'on entend une constitution où tous les citoyens, partagés en plusieurs assemblées , élisent des députés chargés de représenter et de porter l'expression générale de la volonté de leurs commettants à une assemblée générale ([u\ représente alors la nation, il est aisé de voir que cette constitution convient à de grands Etals. On peut même , en formant plusieurs ordres d'assemblées représentatives, l'appliciuei- aux empires les plus étendus , et leur donner, par ce moyen , une consistance qu'aucun n'a pu avoir jusqu'ici, et en même temps cette unité de vues si nécessaire, qu'il est iuq)ossible d'obtenir d'une manière durable dans une constitution fédérative. Il serait possible même d'établir une

(i) Voltiiiic , lomc XVII , p. 5/,6.

3c)4 NOTES

forme de constitution telle, que toute loi, ou du moins toute loi importante, fût aussi réellement l'expression de la volonté généiale des citoyens, cpi'elle peut Tétre dans le conseil général de Genève; et aloisil serait impossible de ne pas la regarder comme une vraie démocratie.

DERHAM (i).

Derham, savant anglais, auteur de la Tliéoio^ie. astronomique et de quelques autres ouvrages qui ont, pour objet de prouver l'existence de Dieu par le détail des merveilles de la nature : malheureusement lui et ses imitateurs se trompent souvent dans l'exposition de ces merveilles; ils s'extasient sur la sagesse qui se montre dans l'ordre d'un phénomène, et on découvre que ce phénomène est tout différent de ce qu'ils ont supposé; alors c'est ce nouvel ordre qui leur paraît un chef-d'œuvre de sagesse. Ce défaut commun à tous les ouvrages de ce genre les a décrédités. On sait trop d'avance que, de quelque manière que les choses soient, l'auteur finira toujours parles admirer.

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