ROUSSEAU (J. R
Jean-Raptisle Rousseau avait fait une satire intitulée la Bnronade , contre le baron de Rreteuil, son bienfaiteur, dont il avait été le secrétaire, et il avait eu l'impudence de prétendre ne s'être brouillé avec M. de Voltaire que par zèle pour la religion : hypocrisie révoltante dans un homme connu par tant d'épigrammes irréligieuses, et banni pour crime de su-
(1) Voltaire, tome XLV, p. 3/i5.
(2} Voltaire, tome XIV, p. 102.
bornation. Ces circonstances rendent cette satire excusable (la Crépinade) ; Vingratitude et l'hypocrisie doivent être traitées sans ménagement.
ROUSSEAU (J. J.) (i).
Rousseau a prédit la destruction prochaine de l'empire de Russie: sa grande raison est que Pierre T^ a cherché à répandre les arts et les sciences dans son empire. Mais malheureusement pour le prophète, les arts el les sciences n'existent que dans la nouvelle capitale, et n'y sont presque cultivés que par des mains étrangères; cependant ces lumières, quoique bornées à la capitale, ont contribué à augmenter la puissance de la Russie, et jamais elle n'a été moins exposée aux événements qui peuvent détruire un grand empire , que depuis le temps où Rousseau a prophétisé.
Sur un passage du Contrat Social , censuré par M. de Voltaire (2).
Nous ne croyons pas que jamais les Tartares se rendent les maitres de l'Europe. Les lumières, dont il ne faut pas confondre les progrès avec la perfection des arts, de la poésie, de l'éloquence, ne peuvent manquer de s'accroître et de se répandre, et elles opposent aux Tartares une barrière {|ue la férocité ne peut vaincre.
(i) Voltaire, tome XXXIX, p. /»22.
(7.) Voltaire, tome XXIV, p. /,.
Le célèbre J. J. avait pris le parti de soutenir, que plus on était ignorant, pli: s on avait de raison et de verlu. Nous sommes fâchés que dans ce passage, et dans quelques autres, M. de Voltaire ait paru refuser à un liomme libre le droit de parler avec liberté des souverains, et déjuger leurs actions ; mais si l'on examine ces passages, on verra que dans tous il défend un prince, qu'il regarde comme un homme supérieur, contre un écrivain qu'il n'estime point. Ce n'est donc pas à un citoyen qu'il refuse le droit de juger les rois, c'est à un déclamateur qu'il refuse celui déjuger un grand homme. On peut croire qu'il s'est trompé dans son jugement sui- le mérite d'un philosophe ou d'un historien; mais on ne doit pas l'accuser d'avoir commis, envers le genre humain, le crime de s'être élevé contre un de ses droits.
SALPÊTRE (i).
Le salpêtre est un sel neutre résultant de la combinaison de l'acide nitieu\ avec l'alcali fixe. Dans les pays septentrionaux, on trouve peu de terres qui fouinissent par la lessive, soit du salpêtre, soit des nitres à base terreuse. Cependant on y est parvenu à se procurer du salpêtre, en exposant à l'air, à l'abri de la pluie, des murs de terre calcaire, soit en arrosant ces murs avec des eaux chargées de matières végétales ou animales, soit même seulement
(i) Voltaire, tome XXTX , p. /i"^/,.
SUR VOLTAIRE. 55q
en les plaçant auprès des habitations. L'air mépln'tique produit par la décomposition des substances végétales et animales parait contribuera la formation de l'acide nilreux, et les végélaux contribuent à lui donner une base alcaline. L'acide nitreux n'est pas une substance simple, mais ses véritables éléments ne sont pas encore bien connus.
SCEPTICISME (i).
Les déclamations contre le scepticisme sont l'ouvrage de la sottise ou de la charlatanerie. Un sceptiquequi n'admettrait pas les différents degrés de probabilité serait un fou ; un sceptique qui les admet ne diffère des dogmatiques qu'en ce qu'il cherche à démêler ces différents degrés avec plus de subtilité.