‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 22 sur 183 · AGATHOCLE · texte numérisé non relu

AGATHOCLE

On ne doit regarder cette tragédie que comme une es([uisse. Les situations, les scènes, sont quelquefois plutôt indi(juées que remplies. Les caractères sont heureusement conçus, fortement dessinés; mais

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les traits ne sont pas terminés, les nuances ne sont pas marquées. Cet ouvrage est précieux, parce qu'il montre la manière dont travaillait M. de Voltaire, et qu'il sert à expliquer comment il a pu joindre une fécondité si prodigieuse avec tant de perfection. On voit qu'il retravaillait longtemps ses ouvrages, mais sans jamais s'arrêter sur les détails , sans suspendre la marche, attendant le moment de l'inspiration; sachant qu'on n'y supplée point par des efforts ; profitant des instants où son génie avait toutes ses forces pour faire de grandes choses, et ne perdant pas ce temps précieux à corriger un vers, à prévenir une objection; revenant ensuite sur ces objets, dans des instants moins heureux et plus tranquilles.

Le jour de la première représentation de cette pièce, M. Brisard prononça un discours où l'on a reconnu la manière d'un philosophe illustre, qu'une amitié tendre et constante unissait à M. de Voltaire, et qui a longtemps fait cause commune avec lui contre les ennemis de l'humanité. La Grèce a cultivé à la fois tous les arts et toutes les sciences; mais la première représentation de VOEdipe à Colone ne fut point annoncée par un discours de Platon.

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