ESSAI SUR LES PROBABILITES EN FAIT DE JUSTICE
on a dû représenter le nombre des événements par un nombre toujours constant, et on a choisi l'uiiilé connue celui qui rendait les calculs plus simples.
Par exemple , avoir trois chances en sa faveur sur trente, ou trente sur trois cents, ou quarante-cin(| sur quatre cent cinquante, c'est évidemment la même chose ; ainsi, dans tous ces cas, regardant le nombre quelconque des chances comme l'unité , yjj exprimera le nombre des chances favorahles.
Lorsque le nombre des combinaisons en faveur de la vérité d'un événement est beaucoup plus grand que celui des combinaisons contraires, on dit que l'événement est proljable. Plus le premier de ces nombres augmente par rapport à l'autre, plus la probabilité de l'événement est grande; et on appelle certitude morale une probabilité telle, qu'on regarde comme impraticable d'en déterminer une plus approchante de l'unité, à laquelle on ne peut jamais atteindre, si l'événement contraire n'est pas rigoureusement impossible.
Ces réflexions suffisent pour montrei- combien les expressions demi-preuves, quart de preuves, sont vides de sens , à quelles erreurs elles peuvent exposer, et que, pour se permettre d'employer le langage arithmétique dans l'examen des preuves, il faudrait des connaissances qui manquent à la plupart des jurisconsultes, et des recherches cpii n'ont point été faites encoie.
PHILOSOPHTE DE NEWTON. 'i6l)
Ce volume renferme les principaux ouvrages de M. de Voltaire sur la physique. On y trouvera :
1° Ses Eléments de la philosop/de de Newton;