ANGLAIS
Sur la conduite que le zèle de la religion fait tenir aux Anglais (i).
Les Anglais, si dociles sous la maison de Tudor, firent une guerre opiniâtre à Charles 1", par zèle de religion; ils chassèrent Jaccpies II, son fds, sur le simple soupçon qu'il songeait à rétablir la religion romaine; mais les circonstances avaient changé: Henri VIII éprouva peu de résistance, parce qu'il n'attaqua que la hiérarchie ecclésiastique, dont les abus avaient révolté tous les peuples : sous Edouard, la religion protestante devint aisément la dominante :
(i) Voltaire, tome XVIII, p. /i77.
352 NOTi:S
elle avait fait des progrès rapides sous le règne de Henri VIII, malgré les persécutions; et Rome ne reconnaissant, pour calholiques, que ceux qui reconnaissaient son autorité, tous ceux qui avaient approuvé la révolution de Henr-i VIII se tr-ouvèrent protestants sans le vouloir. Le r-ègne de Marie fut court; elle étonna la nation par des supplices, mais elle ne la changea point, et il fut aisé à Élisabelli de rétablir le protestantisme. Enfin, lorsqu'à force de disputer, on eut bien établi la distinction entre les différentes croyances, lorsque les persécutions eur-ent forcé les dissidents à se réunir en sectes bien distinctes, tout changement de religion devint plus difficile en Angleterre qu'ailleurs; elle n'eut la paix qu'après que la tolérance de toutes les communions chrétiennes fut bien établie; et même, tant que les lois pénales contre les catholiques subsisteront, tant que l'entrée du parlement restera fermée aux non conformistes, cette paix ne sera fondée que sur l'indifférence pour la religion ; indifférence qui est moins grande en Angleterre que dans aucun autre pays. En 1780, les compatriotes de Locke et de Newton ont donné h l'Europe étonnée le spectacle d'un incendie allumé au nom de Dieu.