‹ Œuvres. Publiées (volume 4)Chapitre 89 sur 183 · ATHÉES · texte numérisé non relu

ATHÉES

Si l'on entend par athée un homme qui , rejetant toute religion particulière . ne connaît pas la religion naturelle, il y en a eu un grand nombre dans tous les temps. Ils ont été communs parmi les hommes puissants de tous les pays, et surtout parmi les prêtres de toutes les religions. Le monde a été sans interruption la proie de scélérats imbéciles qui croyaient tout, dirigés par des scélérats hypocrites qui ne croyaient rien. Cette espèce d'athéisme osa se montrerpresque ouvertement en Italie vers le seizième siècle : c'est alors qu'on imagina d'ériger l'hypocrisie et le mensonge en système de morale, et d'établir

(i) Voltaire, tome XXXVII, p. 4o7- (2) Voltaii-L, tome XVIII, p. ^iS.

que la croyance des fables religieuses est un fiein salutaiie pour la méchanceté humaine; et, à la honte de la raison , ce système a encore des partisans.

Quant aux philosophes qui nient l'existence d'un Etre suprême, ou n admettent qu'un Dieu indifférent aux actions des hommes, et ne punissant le crime que par ses suites naturelles, la crainte et les remords; et aux sceptiques qui, laissant à l'écart ces questions insolubles et dès lors indifférentes, se sont bornés à enseigner une morale naturelle, ils ont été très-communs dans la Grèce, dans Rome; et ils commencent à le devenir parmi nous. Mais ces philosophes ne sont pas dangereux. Le crime est une bêle féroce que la religion enchaîne ou excite à son gré; la raison seule peut l'étouffer dès sa naissance.

Observons cependant avec quel soin M. de Voltaire saisit toutes les occasions d'annoncer aux hommes un Dieu vengeur des crimes; et apprenons à connaître la bonne foi des faiseurs de libelles, qui l'ont accusé de détruire les fondements de la morale, et qui l'ont fait croire à force de le répéter.

AUBE (RicHER d'),

NEVEU DE FONTENELLE (l).

Il était ancien intendant de Soissons , homme fort instruit, mais si contredisant , que tout le monde le fuyait. C'est lui dont il est parlé dans les disputes de M. de Ruhlières.

(i) Voltaire, tome XIV, p. 3i8.

SUR VOLTAIRK. 359

Oulre ce neveu , M. de Fontenelle avait encore un frère qui était prêtre. Quelqu'un lui demandait un jour ce que faisait son frèie : Le matin il dit la messe, et le soir il ne sait ce quil dit.

( M. d'Aube est auteur de l'ouvrage intitulé : Essais sur les principes du Droit et de la Morale. Paris, i 74"^,

in-4°. )

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