‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 101 sur 347 · RAPPORT SUR LES MINES DE FER SPATHIQUE · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR LES MINES DE FER SPATHIQUE

Cette calcination s'opère dans les vaisseaux fermés comme dans ceux ouverts; on peut la faire dans une petite retorte de verre lutée, et la diminution est également du tiers.

Après avoir déterminé la perte de poids qu'éprouve la masse de fer spathique blanche par la calcination, M. Bayen passe à l'examen du principe volatil qui se dissipe dans cette opération. Il trouve qu'il consiste en deux choses : i° en une petite portion d'eau, 2° en une quantité de 1,028 pouces cubiques environ par once, d'un fluide élastique à peu près du même poids que l'air de l'atmosphère, qui fait périr sur-le-champ les animaux qui le respirent, qui s'unit aux alcalis et qui les fait cristalliser, en un mot, qui présente toutes les propriétés de la substance connue anciennement sous le nom de gaz et depuis sous celui d'air fixe ou fixé.

M. Bayen, dans la seconde partie de son mémoire, rend compte de l'action des différents dissolvants sur cette même mine. Tous les acides l'attaquent et la dissolvent; mais ce qu'il y a de très-singulier, c'est qu'il y a moins d'effervescence dans ces dissolutions que dans celles opérées par la combinaison des mêmes acides avec la limaille de fer. M. Bayen s'est cependant assuré que tout l'air fixe contenu dans la mine se dégageait dans cette opération, mais lentement, et c'est la lenteur même du dégagement qui est cause que l'effervescence n'est pas sensible.

A. ces expériences, M. Bayen en ajoute une autre par laquelle il démontre que la mine de fer spathique contient quelques portions de zinc.

Il a mis dans un petit matras une once de mine spathique, à laquelle il a ajouté Uo grains de vitriol de mars, et il a versé sur le tout 6 onces d'eau distillée. Au bout de dix à douze jours, l'acide contenu dans le vitriol a abandonné le fer pour s'unir au zinc, et le vitriol de mars s'est trouvé entièrement converti en vitriol de zinc. Quoique cette décomposition du vitriol de mars par le zinc se trouve dans Glauber, dans Bêcher, et qu'elle soit conforme aux lois connues des affinités, elle semblait cependant oubliée par les chimistes modernes,

et l'on doit savoir gré à M. Bayen d'avoir renouvelé le moyen trèssimple de reconnaître la présence du zinc dans les minéraux.

De toutes ses expériences, dont nous n'avons pu donner ici qu'un exposé très-succinct, M. Bayen conclut,

i" Que la mine de fer spathique qu'il a examinée, considérée dans son état de pureté, est une combinaison de fer dans son état métallique avec le gaz, combinaison qui donne à ce métal la propriété de cristalliser;

9" Que le gaz forme à peu près le tiers de cette combinaison;

3" Que le fer, dans cette mine, est uni à une petite portion de zinc,

M. Bayen aurait dû ajouter à ces différents principes qui constituent la mine spathique une légère portion d'eau. Ses propres expériences en démontrent l'existence, et elle a été d'ailleurs reconnue par d'autres auteurs.

Nous ne pouvons terminer ce rapport sans rappeler à l'Académie que M. Sage a déjà lu dans ses assemblées une analyse de la mine de fer spathique qui se trouve imprimée séparément dans le recueil de Mémoires publié par M. Sage. Cette analyse s'accorde, à quelques égards, avec celle dont nous rendons compte aujourd'hui, mais elle en diffère en un point très-essentiel. En effet, le résultat des expériences de M. Sage le conduit à conclure que la mine de fer spathique est une combinaison de fer avec l'acide marin rendu insoluble dans l'eau par l'addition d'une matière grasse, et il avance que cette mine donne, par la distdiation, 35 livres d'acide marin par quintal. M. Bayen, au contraire, assure que la mine de fer spathique ne contient aucun vestige d'acide marin, et ses expériences à cet égard sont très-concluantes.

Quelque opposées que paraissent les opinions de ces deux chimistes, il est cependant possible en quelque façon de les rapprocher. 11 est évident que le principe volatil auquel M. Sage a cru trouver quelque rapport avec l'acide marin est le même que M. Bayen a caractérisé du nom di air fixe; et, comme ce dernier a la propriété de faire cristalliser les alcalis et de donner à celui du tartre la figure de parallélogrammes

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