SUR LES MOYENS D'EXECUTION DU CITOYEN CHAUDRON
i" Il faut que les formes soient faites à Paris sous les yeux du comité chargé de la surveillance;
2° Que les matières du gaufrage soient également faites à Paris;
3° On ménagerait des parties plus épaisses pour l'application des timbres.
Il offre 5 00 livres de pâte par jour, à ko sous la livre, pour les papiers ordinaires; à 2 livres i5 sous, pour ceux de l'épaisseur de ceux de la caisse d'escompte.
Les pâtes colorées seraient de 20 sous plus chères, quelle que fût la couleur, la cochenille exceptée.
Du reste, il présente des échantillons analogues à ses différentes propositions.
Le n'' 3 serait d'une exécution facile , il ne présente que des clairs et des ombres.
Le n° 8 présente des dessins de différentes couleurs et d'une contrefaçon difficile, mais les procédés sont chers, longs et dispendieux.
Le n° 9 présente des reliefs qui augmenteraient encore les difficultés.
On voit que le citoyen Chaudron est en état d'ex«''cuter dans sa fabrique tout ce que l'on peut proposer en ce genre.
8° SUR LES MÉMOIRE DE M. DE LA GARDE AINE (dU MARAIs).
Il faut d'abord poser pour principe qu'il n'y a pas de papier qui soit inimitable.
Ce qu'un artiste intelligent a fait, un autre peut également le faire.
Mais comme il est facile au bon artiste d'en copier un médiocre, mais qu'il est beaucoup plus difficile à l'artiste médiocre d'atteindre à la perfection de l'artiste supérieur, c'est dans le perfectionnement de l'ouvrage qu'il faut chercher des sûretés contre les contrefaçons.
Les papiers qui ont été fabriqués pour la caisse d'escompte étaient d'une grande perfection , mais la confection des filigranes et des formes laisse beaucoup h désirer.
L'économie dans un objet de cette importance, n'est qu'une considération secondaire.
Le Corps législatif croit avoir détruit les corporations et cependant il en existe une de fait entre les ouvriers qui travaillent à la fabrication du papier. Ils font la loi aux fabricants, ne veulent pas permettre qu'ils forment des apprentis; ils expulsent tous ceux qui ne sont pas papetiers, enfin ils font la loi pour le prix de leurs journées.
M. de La Garde aîné, propose un règlement poui* la pohce des fabriques.
Telles sont les réflexions que présente le citoyen La Garde dans un premier mémoire du 96 janvier.
Dans un second mémoire le citoyen La Garde aîné ajoute :
r 11 y a des procédés qui compliquent beaucoup la fabrication, qui la rendent chère, longue et difficile, sans ajouter beaucoup à la difficulté de la fabrication, v Cet ordre de procéder doit être rejeté.
Célérité dans la fabrication;
Difficultés dans la contrefaçon;
Prix modique.
Voilà le programme à remplir. 11 prétend avoir satisfait à tout dans
le papier dont f échantillon est joint sous le n° 7.
Les papiers dont chaque face est de couleur différente sont beaux et bien, mais épais.
Les papiers à cartons blancs et rouge ne sont pas d'une exécution praticable pour un travail en grand.
Il y a des papiers blancs à vignettes rouge foncé, qui paraissent n'être pas doubles; c'est un mérite que d'avoir exécuté les échantillons à cause de la difficulté vaincue. Mais le papier a l'air trop image et ne paraît pas convenir.
Il y a deux échantillons de papier parchemin qui paraissent trèspropres à être employés en assignats.
Le citoyen La Garde a essayé de fabriquer des papiers de deux couleurs, et il y a bien réussi, mais ils sont trop épais.
11 a aussi fabriqué des échantillons où les mots République française sont en couleur, incorporés dans un papier blanc. On voit qu'il y a deux feuilles appliquées et une découpure colorée dans l'enlre-deux; mais ces feuilles sont trop épaisses.
Pour tous les papiers simples, blancs et colorés, on peut être aussi d'une grande perfection de fabrication en fournissant les formes et les liligranes mieux exécutés. Ce n'est pas que le citoyen La Garde n'emploie de bons ouvriers pour ses formes, mais on peut faire beaucoup mieux.