‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 335 sur 347 · PLANCHE PREMIERE · texte numérisé non relu

PLANCHE PREMIERE

Figure i ", représentant l'intérieur de l'atelier d'un fabricant d'eau-de-vie.

7/i, La figure i" représente en perspective l'intérieur de i'atelier d'un fabricant (feau-de-vie, garni de deux fourneaux et de deux machines distillatoires de différentes grandeurs.

75. A A' représentent les deux fourneaux garnis chacun de sa chaudière; celle qui appartient au fourneau A n'a que deux pieds de diamètre; celle qui appartient au fourneau A' a deux pieds et demi. Ces proportions peuvent être changées à volonté, suivant la quantité de vin qu'on veut mettre en distillation, pourvu toutefois qu'on ait soin de faire les changements relatifs aux autres dimensions de la machine.

76. ZZ, ouvertures du foyer de chaque fourneau par lesquelles on introduit le bois ou autres matières combustibles. Ces ouvertures doivent avoir des plaques ou portes de fer qui les bouchent exactement, et elles ne doivent jamais être ouvertes qu'au moment où l'on y introduit les combustibles, afin d'empêcher que l'air ne puisse frapper contre le fond de la chaudière avant d'avoir traversé le bois ou le charbon embrasé, placé sur la grille uu, figure 3, et de s'être ainsi fortement échauffé, comme on l'a remarqué au n" ik.

V V, ouvertures des cendriers.

77. WW, marches ou degrés par lesquels on descend pour le service du fourneau. On a jugé à propos d'établir le bas des fourneaux à quelques pieds au-dessous du niveau du terrain pour deux raisons, i" afin de pouvoir agir plus commodément, soit pour emplir les chaudières, soit pour les nettoyer; a" pour diminuer, le plus qu'il a été possible, la hauteur à laquelle doit être élevée l'eau qui doit couler sans cesse du réservoir E dans le réfrigérant.

78. XX, couvercles des chaudières. Voyez-en la description au n° i8i, cidessous.

79. yy, clefs ou registres au moyen desquels on peut donner plus ou moins d'ouverture aux cheminées, et régler en proportion le degré du feu.

Pour les autres détails relatifs aux fourneaux, aux chaudières et aux cheminées, voyez l'explication des figures 3 , 6 et 7 de cette même planche.

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80. H H H, muraille qui sert à séparer la pièce dans laquelle sont placés les fourneaux de celle où coule l'eau-de-vie. Cette précaution a pour objet d'éviter les inflammations et les accidents. On a représenté ici cette muraille rompue, pour laisser voir le tuyau qp qui la traverse.

81. qp, portion cinlrée du tuyau carré qui conduit la vapeur de la chaudière au réfrigérant.

iV. B. Ce tuyau se trouvant engagé dans la maçonnerie sera défendu des impressions de l'air extérieur; il ne fera par conséquent point office de réfrigérant, elles vapeurs ne s'y condenseront pas, surtout lorsque la muraille sera suffisamment échauffée.

82. PO, P'P'0'0 , deux machines distillatoires, substituées au serpentin ordinaire. Chacune consiste en un tuyau carré de métal, qui contient, dans son intérieur, un second tuyau carré de métal (n°' 19, 29 et 3/i). Ce mécanisme sera détaillé très au long lorsqu'il sera question d'appliquer cette même machine à la dessalation de l'eau de mer. (Voyez l'explication de la planche IV, fig. 19, 30, 91 et 99.) Il suffît de remarquer, dans ce moment, que c'est dans l'intervalle que ces deux tuyaux laissent entre eux que coule continuellement l'eau froide, qui doit opérer la condensation des vapeurs. Cette eau est conduite du réservoir E par un tuyau de cuir hh' ; elle se répand dans tout l'intervalle compris entre les deux tuyaux carrés, lequel est de 7 ou 8 lignes; enfin, après avoir circulé et produit son effet, elle se décharge par le tuyau g' g , dont la coupe est représentée par g dans la figure 3.

83. Cet intervalle des deux tuyaux est exposé à la vue dans les figures 3, 7 et h. Celte dernière représente l'extrémité du réfrigérant rompu. On y voit le tuyau de cuir K' K' qui donne entrée à l'eau réfrigérante; le tuyau/, par lequel coule l'eau-de-vie à mesure qu'elle est condensée dans le tuyau intérieur 0; enfin le tuyau de décharge i, garni de son robinet, lequel ne sert que pour vider entièrement le réfrigérant quand la machine ne travaille plus.

84i. La longueur de ces tuyaux réfrigérants doit être proportionnée à la gi'andeur de la chaudière. Lorsque la pièce dans laquelle on les établit n'est pas assez longue pour les prolonger autant qu'il est nécessaire, on les continue, soit en retour d'équerre, soit en leur faisant faire tel autre angle que les circonstances exigent. C'est ce qu'on a pratiqué dans celle planche à l'égard de la machine dislillatoire P'P' 00', figures 1 et 9.

85. 11 est encore à observer que ces tuyaux doivent aller en diminuant insensiblement depuis leur origine PP' jusqu'à leur extrémité 00', attendu qu'une partie de la vapeur, se condensant chemin faisant, la portion qui reste à la fin n'exige plus un aussi grand espace pour être contenue.

86. GGGGG (fig. r*) sont les bancs ou supports de charpente sur lesquels la machine est posée: il faut qu'ils soient suffisamment solides, et, pour éviter qu'ils ne se prêtent à quelque mouvement qui pourrait déranger le réfrigérant, on les a fixés au plancher par des attaches do fer nnnnn.

87. On pourrait, au lieu d'employer des supports de bois, établir la machine sur un massif de maçonnerie. On pourrait également l'appuyer contre une muraille, à laquelle elle serait fixée par des potences de fer. Le choix de ces différents moyens dépend des circonstances et doit être laissé à la prudence du constructeur.

88. Tout cet appareil distillatbire doit avoir une pente d'environ trois pouces par toise, depuis l'origine P P' des tuyaux jusqu'à leur extrémité 0 0', pour favoriser l'écoulement de l'eau-de-vie, qui, comme on l'a déjà dit, s'échappe par le tuyau/ (fig. 1, 2 et ^), et tombe dans l'entonnoir m du bassiot K.

89. K K, bassiots, espèces de baquets destinés à recevoir l'eau-de-vie à mesure qu'elle coule du tuyau/. La section d'un de ces bassiots est représentée séparément, figure 5. (Voyez l'explication de cette figure.)

90. kkkk, crampons en fer qui assujettissent la machine de côté et la maintiennent ferme. Si l'on croyait qu'ils ne fussent pas suffisants pour remplir leur objet, on pourrait y substituer des liens de fer qui tourneraient autour de la machine.

91. hh' ,hh' , tuyaux de cuir par oii l'eau arrive du réservoir E aux réfrigérants; ces tuyaux s'ajustent en h" (fig. i et h), qui est un bout de tuyau de cuivre, avec une ficelle.

Pour régler la quantité d'eau que doivent fournir ces tuyaux, on les a fait passer entre deux petites pièces de bois dont l'une est mobile sur une charnière, et qui peuvent se rapprocher ou s'éloigner l'une de l'autre. (Voyez le n° 6i.) La pression qu'on leur fait essuyer entre ces deux pièces de bois diminue le volume du passage de l'eau. Ce mécanisme se trouve détaillé dans l'explication des figures 28 et 27, planche IV.

92. g' g", tuyau de décharge par où l'eau sort du réfrigérant, après avoir circulé dans l'intervalle compris entre les deux tuyaux carrés qui composent la machine distiilatoire. Cette eau peut être reçue dans un bassin hors de la maison , et, après qu'elle aura été suffisamment refroidie, être repompée et élevée de nouveau dans le réservoir E. On conçoit, sans qu'il soit besoin de le dire, que ce bassin ne doit être que très-peu au-dessus du niveau de g", afin qu'il n'y ait à parcourir que le moins d'espace en hauteur qu'il sera possible, pour ramener l'eau au réservoir E. On évitera l'embarras d'employer ainsi plusieurs fois la même eau si l'on peut se procurer un cours d'eau continu, tirée d'un ruisseau : alors le tuyau g" sera prolongé

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jusqu'au dehors de ia maison, comme on a eu intention de l'indiquer par des lignes de points dans la figure 2.

93. a, tuyaux et robinets de décharge qui servent à vider entièrement l'eau du réfrigérant, quand la machine ne travaille plus.

Figure 3 , représentant la projection sur le plan , ou le plan géométral des machines distillatoires, représentée dans la figure précédenle; mais sur une échelle plus petite.

9à. Les mêmes choses étant exprimées par les mêmes lettres, l'explication de ia figure précédente peut s'appliquer également à celle-ci.

Figure 3 , représentant une section verticale (suivant la ligne A N de la fig. 6) du fournean , de la chaudière, et du commencement du tuyau distillatoire.

95. R R R' R' R" R " R " R", intérieur de la chaudière qui est engagée dans ia maçonnerie A A, et qui y est soutenue par quatre tenons, dont deux C C sont en évidence.

96. On peut en outre, si on le juge nécessaire, la soutenir par-dessous avec des barres de fer nn; et mieux encore sur la circonférence de la maçonnerie du fourneau Z" R', en rétrécissant son contour d'environ deux pouces: ce qui vaut mieux que les barres de fer; car celles-ci ne tardent pas à être rongées et détruites par la continuation du feu. C'est par cette méthode que les grandes chaudières des machines à feu sont soutenues de façon que le feu agit immédiatement sur presque toute l'étendue du fond de la chaudière, qui est exposée nue à son activité.

97. R " R ", ouverture par laquelle on introduit la liqueur à distiller; on la ferjue ensuite avec un couvercle X. Le rebord, tant de ce couvercle que de la chaudière, est double, par les raisons qui seront exposées ci-après. On en peut voir une description plus détaillée, planche IV, figure 18.

98. R ' R", ouverture par laquelle la vapeur monte de la chaudière dans le tuyau qphr. On observera que cette ouverture doit avoir, dans tout son contour, un rebord dd d'un demi-pouce environ de hauteur, qui s'oppose à ce que l'eau-de-vie, qui pourrait être condensée avant d'être engagée dans le tube distillatoire, ne retombe dans la chaudière.

99. L'espèce de gouttière, formée par le rebord dont on vient de parler, doit avoir un peu de pente vers b, pour déterminer l'eau-de-vie à couler de ce côté. Cette pente, comme on l'a dit plus haut, doit être commune à tout le tube distillatoire, et d'environ trois pouces par toise. La ligne ponctuée tt, qui est horizontale, rend cette pente sensible.

V V, cendrier.

Mtt, grille qui soutient le bois ou autre matière combustible.

y, registre qui sert à diminuer, à volonté , l'ouverture de la cheminée , et à régler ainsi le feu. On en a parlé ci-dessus au n° 79.

100. FF, intervalle d'environ /i ou 6 pouces qui se trouve entre les parois intérieures du fourneau et la surface de la chaudière. L'objet de cet intervalle est de pouvoir y faire circuler la flamme, lorsqu'on le juge à propos, et échauffer ainsi la surface latérale de la chaudière. Pour comprendre le mécanisme de cette construction, il est nécessaire de jeter les yeux sur la figure 6, qui représente la section horizontale du fond de la chaudière et de la maçonnerie , suivant la ligne D D de la figure 3. On y voit deux ouvertures ou trous carrés B et C, qui communiquent tous deux avec le foyer Z" de la figure 3.

101. Ces deux ouvertures B et C sont séparées l'une de l'autre par une cloison verticale de maçonnerie x. L'ouverture B communique directement avec la cheminée B B' B B de la figure 3 , ou plutôt elle n'est autre chose que la cheminée même. L'ouverture C, au contraire, ne communique à la cheminée que par l'espace F F' F". Une coulisse horizontale Zpp (représentée séparément, fig. li^", pi. II) sert à fermer à volonté, suivant qu'on la pousse plus ou moins, l'ouverture B ou l'ouverture C. On a représenté , figure 6 , cette coulisse par des lignes ponctuées avec les mêmes lettres : dans l'une, l'ouverture B est ouverte; dans l'autre, c'est l'ouverture C.

102. Lorsqu'on veut échauffer à la fois le fond et la surface latérale de la chaudière, on pousse la coulisse Zj?j9 jusqu'en B, de manière qu'elle ferme l'ouverture B, et qu'elle laisse ouverte l'ouverture C : alors la flamme qui, après avoir échauffé le fond de la chaudière , sort par l'ouverture C , se trouvant arrêtée par la cloison a? , est obligée de parcourir l'espace F F' F" avant d'arriver à la cheminée. Mais il est aisé de sentir que cette disposition du fourneau, qui est très-avantageuse et très-économique tant que la chaudière est pleine ou à peu près pleine de liqueur, aurait beaucoup d'inconvénients lorsqu'elle est en partie vide : alors la flamme , frappant sur les parois vides de la chaudière et leur communiquant une chaleur de beaucoup supérieure à celle de l'eau bouillante, ne manquerait pas de donner un goût de brûlé à l'eau-de-vie.

103. Pour éviter cet inconvénient , il est nécessaire, lorsque la liqueur commence à baisser dans la chaudière , d'interdire à la flamme la circulation dans l'espace F F F '. C'est ce qu'on opère avec facilité, en retirant la coulisse ZjtJj», jusqu'à ce qu'elle ferme l'ouverture C, et qu'elle laisse ouverte celle B : alors la flamme passe directement du foyer dans la cheminée B B, figure 3, sans circuler autour de la chaudière. Un peu d'habitude apprendra bientôt à celui qui gouverne la distillation à juger de l'instant auquel il doit avancer ou reculer ainsi la coulisse. (Voyez dans le n° i65 l'idée d'une jauge pour cet effet.)

10/1. Quoique dans la description qu'on vient de donner il reste encore une

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petite portion de la surface latérale dans la chaudière de haut en bas accessible à la flamme depuis R jusqu'en R', figure 3, cependant comme le courant d'air, loin d'appliquer la flamme contre cette partie, tend à l'en éloigner au contraire en la dirigeant vers la cheminée B , figure 6 , qui en est à cinq ou six pouces de distance, il n'y a pas à craindre qu'il en puisse résulter aucun goût de brûlé pour l'eau-de-vie. Il serait facile au surplus, soit de recouvrir ce petit espace d'une plaque de tôle, soit de le revêtir d'un enduit léger de maçonnerie.

105. T, figure 3, tuyau de décharge, qui sert à vider la chaudière. On l'a représenté ici bouché.

106. qp, tuyau carré de métal qui traverse le mur, et par lequel la vapeur est conduite de la chaudière au réfrigérant. Ce tuyau s'ajuste enbb avec le réfrigérant r. Il faut qu'il y soit luté de manière à ne laisser échapper aucune vapeur. (Voyez le n° 182, ri-dessous.)

107. xy' xy', intervalle d'un demi-pouce qui se trouve entre le tuyau carré extérieur et l'intérieur, et dans lequel circule l'eau réfrigérante.

108. g, section du tuyau qui sert à décharger l'eau qui a circulé dans le réfrigérant.

109. On n'a pu représenter, dans cette figure, qu'une très-petite portion du réfrigérant; mais on a eu soin de détailler son extrémité dans la figure suivante.

Figure /i , représentant l'extrémité de la machine distillatoire , rompue pour en laisser distinguer

l'intérieur.

110. 0, intérieur du tuyau distillatoire xy xy\ intervalle qui se trouve entre les deux tuyaux carrés, et dans lequel coule continuellement l'eau réfrigérante qui sert à condenser la vapeur.

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