IV
avec avantage par la perfection de la machine, par le moins de temps qu'on emploiera pour l'exécuter, enfin par la moindre perte de matière.
On ajoutera que l'ouvrier est aussi honnête qu'intelligent, qu'il ne séjournera que le temps nécessaire, qu'il épargnera les frais le plus qu'il sera possible, et que non-seulement il exécutera la machine avec succès, mais encore qu'il mettra les ouvriers du pays en état d'en exécuter de semblables; à son retour, il remettra le mémoire de ses déboursés, et il se contentera de la récompense qu'on voudra lui donner.
Dans le cas où le ministre jugerait à propos de donner des ordres pour son départ, il sera nécessaire qu'il veuille bien lui faire délivrer une avance de 6 ou 800 livres pour les frais de voyage et d'achat de fer-blanc.
Enfin l'ouvrage, fruit des expériences de Lavoisier, est rédigé de sa main tout entier, comme on l'a dit plus haut; il est couvert de ces ratures et surcharges qui indiquent un travail tout à fait personnel et spontané.
Lavoisier en fait parvenir une expédition à Magellan et il reçoit en réponse les observations qui suivent, dont il n'a été tenu aucun compte par l'éditeur de 1781, quel qu'il soit. Le texte de l'ouvrage imprimé est absolument conforme au manuscrit primitif de Lavoisier, et si Magellan en a été l'éditeur, il n'a pas eu égard à ses propres remarques.
Mon cher confrère et très-cher ami,
Je vous écrirai celle-ci à mesure que je lis votre ouvrage. L'avertissement est admirable.
N" 4. «La solution de ce problème. . . .elle intéresse l'état. . . .c'est d'elle que dépend la chute ou le succès de presque tous les établissements.» Otez le mot presque, et spécifiez en disant: tous les établissements de ce genre. «C'est elle qui peut établir la balance entre cette branche de commerce. . . .C'est elle qui peut rompre l'équilibre, la concurrence, ou qui peut les rétablir, etc. »
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N° 5. Il faut amplifier un peu plus ici sur les avantages généraux de cette invention relativement à la navigation.
N" 6. Ajoutez la transition, par exemple : «Entrons en matière,» ou t^Nous allons en développer les principes, etc.»
N° 8. Olez ces mots à la fin: t^On a été même dans les fabrications en grand jusqu'à faire passer à travers un courant d'eau continu. '5 Ces mots sont ici mal à propos. Il faut commencer le n° 9 disant ; c^ Mais on n'en a pas fait une bonne application; car l'eau froide qu'on renouvelle, etc. 55 II ne faut pas parler ici d'un courant, parce que, s'il est un courant, il emportera l'eau déjà chaude. L'application du courant doit venir lorsque vous traiterez de la rechute ou circulation de la vapeur condensée sur la surface du liquide , etc. qui viendra plus bas dans le n" 1 1 .
N° 1 1 . Il faut le diviser en deux , en ôtant ce qui regarde la circulation ou rechute de la vapeur, qui se refroidit de proche en proche : et faisant voir que même dans le cas d'avoir un courant d'eau froide (ce qui est très-rare, et impossible d'avoir dans presque toutes les fabriques distillatoires) alors cette eau froide, en touchant le chapiteau, y cause la circulation de la vapeur dont vous parlez dans le n" 8 ci-dessus.
N" i3. Mauvaise expression de 5o pour l'eau froide, et 10 pour la chaleur du tuyau! il faut mettre du moins 26 ou même 3o pour la chaleur du tuyau du serpentin. Voici une notice qui vient à propos, ou du moins mérite d'être mise en note. Suivant les expériences du D"^ Black le degré de la chaleur de la vapeur est souvent 1012. Or l'eau bouillante n'étant que 219 (toujours dans l'échelle de Fahrenheit), on voit que les 800 degrés doivent opérer à échauffer le tuyau avant que la vapeur soit réduite en masse, comme l'eau bouillante : et ces 800 degrés doivent être réduits à zéro par le refroidissement de l'eau qui est en contact avec la surface extérieure du chapiteau et du serpentin etc, avant que cette réduction ait place. Avezvous un bon thermomètre chimique, c'est-à-dire à mercure avec un fort long col? Faites cette expérience, mettez-le dans un chapiteau où l'on évaporera de l'eau, mais sans toucher le fluide qui bouillonne, et remarquez à combien de degrés il monte au delà du point de l'eau bouillante (212 degrés de Fahrenheit) : bien entendu qu'il faut ne pas avoir d'eau réfrigé-
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rente sur ce chapiteau; et qu'il y faut rabattre le contact de l'air froid dans la partie du tuyau hors du chapiteau. Mais, pour revenir, il faut changer les chiffres 5o, i o, /lo, etc. de ce n° i 3.
Explication de la figure i, planche P*, n° 7. «Cette eau est conduite du réservoir E par un tuyau de cuir h' h'», ajoutez «à chacune des deux machines distillatoires : elle se répand ... 55
N° 2/1. Ajoutez à la fin après les mots : soit de le revêtir d'un enduit léger de maçonnerie, w ou en y faisant une espèce de cloison de maçonnerie, de façon que la communication entre F'" et B fig. 2 , soit au-dessus de la ligne tddt de la figure 3 ; car alors l'action du feu qui sortira par la cheminée B'B' AB , ne pourra toucher aucunement la paroi R'R de la chaudière. 55
N° 28. Souvenez-vous de faire changer les chiffres de cette figure, c'est-à-dire le 7 en 2 : et de la citer ainsi : (fig. h) dans le n" 8 ci-dessus.
N. B. Il faut relire soigneusement cette description ayant examiné les figures chaque fois qu'on les citera, après en avoir corrigé les nombres dans les planches. Autrement on citera à faux les figures par des nombres faux, et il y aura une grande confusion.
Il faut ajouter encore un mot dans l'introduction du dessalement de l'eau de mer sur les deux objets, savoir : celui de fournir de l'eau douce à l'équipage dans des voyages longs ; celui d'éviter dans quelques cas pressants le retard d'aller prendre de l'eau, soit pour se trouver trop éloigné des pays amis, soit pour ne pas manquer quelque coup important dans les expéditions maritimes. Enfin on peut encore s'épargner de la place pour d'autres objets, soit des munitions ou des marchandises, en ne prenant qu'une petite quantité de barriques d'eau, qui seront remplies d'eau douce par la machine , à mesure qu'on en distille, etc.
Cahier de la distillation de l'eau de mer.
N" 1 2. MM fig. 9 représente des bancs (non pas des barres), etc.
11 faut ajouter à ce cahier c'est-à-dire à la fin de cette introduction pour la distillation de l'eau de mer deux mots en disant ^ qu'on va entrer dans l'explication des figures contenues dans la planche 2 et suivantes, dont le lecteur concevra encore mieux le sens s'il veut se donner la peine de lire ce qui se
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trouve de commun dans la machine qu'on a représentée dans la planche 1" destinée à la distillation des eaux-de-vie sur mer.
De même il faudra faire une espèce de transition ou passage, au bout du premier discours sur les eaux-de-vie, disant : «Qu'on va parler de l'application de cette machine distillatoire pour servir à bord des vaisseaux pour dessaler l'eau de mer : et que dans la suite on expliquera en détail toutes les pièces représentées dans les quatre planches etc.
Quelle a donc été la part de Magellan dans ce travail ? Ce n'est pas lui qui a rédigé l'ouvrage; ce n'est pas lui qui a donné les plans aux ouvriers ou suivi la construction des appareils; ce n'est pas lui qui en a dirigé les épreuves.
Il a fait une proposition au gouvernement français concernant un appareil à dessaler l'eau de mer, qu'il avait vu sur un vaisseau anglais. 11 est difficile de lui assigner un autre rôle dans cette affaire et de lui attribuer une part quelconque d'invention.
Cependant Lavoisier n'a jamais revendiqué cet ouvrage et l'avertissement de l'édition qui en a été publiée porte : « Que l'auteur et l'éditeur se sont plu «à garder l'anonyme vis-à-vis du public, .... que l'auteur ne serait plus en «état de refaire ce traité à présent, dans un âge déjà avancé et à cause des in- « commodités et de l'affaiblissement de sa santé, qui semblent s'augmenter de «plus en plus. »
Ces dernières circonstances ne pouvant pas s'appliquer à Lavoisier, il en faudrait conclure que l'ouvrage est de Magellan.
Mais l'éditeur, quel qu'il soit, s'est trompé, et Magellan lui-même était complètement dans la vérité quand il disait dans sa lettre à Lavoisier : «Je vous «écris à mesure que je lis votre ouvrage, v car il faut restituer cet ouvrage à Lavoisier, qui seul en est l'auteur. [L'Editeur.^
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