RAPPORT SUR DES ORSERVATIONS MINÉRALOGIQUES
passer l'eau de la source principale; il en résulte autant d'étuves qui procurent une assez forte chaleur. Les pavés ou carreaux qui recouvrent ces conduits sont presque brûlants.
M. l'abbé Marie décrit ensuite en peu de mots les différents bains chauds et les étuves qui ont été pratiqués pour le secours des uialades. 11 ne paraît pas, d'après les observations qu'il a rassemblées, que les eaux de Ghaudesaigues changent jamais de température; on ne s'aperçoit pas non plus qu'elles se gonflent pendant la saison pluvieuse ni qu'elles baissent pendant les plus grandes sécheresses de l'été. Ces observations s'accordent avec ce que nous connaissons de presque toutes les eaux chaudes, et il paraîtrait qu'on peut en conclure qu'elles viennent d'une très-grande profondeur.
De l'examen des eaux thermales de Ghaudesaigues, M. l'abbé Marie passe à celui d'une petite fontaine non minérale qui sort du penchant d'une montagne appelé le Rougnouse. Gette eau ne donne aucun précipité, ni par la dissolution d'argent par l'acide nitreux, ni par l'alcali fixe; d'où l'on peut conclure ou qu'elle est fort pure ou qu'elle ne contient que du sel de Glauber.
La fontaine du moulin du Ban paraît, d'après les expériences de M. l'abbé Marie, à peu près de même nature, à l'exception qu'elle contient une très-petite portion de sel marin.
La fontaine de Rue, ainsi appelée du nom du jardin à travers lequel elle coule, donne une couleur d'un vert sale et épais par la décoction de noix de galle. Elle ne donne presque aucun précipité, ni pai- la dissolution d'argent ni par l'alcali fixe; d'où l'on peut conclure qu'elle ne contient ni sel marin ni sel à base terreuse; il est très-probable qu'elle ne contient que du fer, et que ce fer même n'est pas dans l'état de vitriol.
Enfin, M. l'abbé Marie termine ses observations sur les eaux des environs de Ghaudesaigues, par celle qui porte le nom de la Condamine; elle ne paraît différer de la précédente qu'en ce que le fer y est en plus grande abondance. A ces observations sur les eaux des environs de Ghaudesaigues, M. l'abbé Marie en fait succéder d'autres sur la mi-
iiéralogie de cette province. Comme elles sont très-nombreuses, nous ne nous arrêterons qu'à quelques-unes.
Les environs de Bransac offrent des montagnes en feu sur lesquelles on a pratiqué plusieurs étuves. Elles consistent en des espèces de fosses dans lesquelles on descend les malades; la chaleur en est inférieure de 1 ou 9 degrés à celle du sang. M. l'abbé Marie présume que le feu souterrain qui échauffe ces étuves doit sa cause et son aliment à l'incendie des charbons de terre qui se sont enflammés dans le sein de la montagne; ce qu'il y a de certain, c'est que depuis la rive du Lot, visà-vis du village de Levignac jusqu'à Formi, c'est-à-dire dans une étendue d'une grande lieue carrée de terrain, il se rencontre à chaque pas des indices de charbon de terre; on n'a pas besoin de fouiller pour en découvrir.
Les environs du village de Bransac sont encore remarquables par plusieurs sources d'eaux minérales. Elles sont ferrugineuses, et le fer paraît y être dans un état de vitriol; elles donnent toutes, en effet, une couleur d'encre avec la noix de galle. La dissolution d'argent paraît y démontrer, en outre, la présence d'une quantité assez considérable de sel marin.
Nous supprimons ici les détails dans lesquels est entré M. l'abbé Marie sur la nature des pierres des terrains qu'il a parcourus, sur les mines de charbon de terre et sur différentes carrières de marbre qui se rencontrent dans la province de Bouergue. Nous nous contenterons de dire que la plupart de ses observations nous ont paru intéressantes et bien vues, qu'elles sont dignes des éloges de l'Académie, et que son mémoire pourra mériter d'être imprimé parmi ceux présentés à l'Académie par des savants étrangers, après que l'auteur en aura retranché quelques détails et qu'il y aura fait quelques corrections que nous nous proposons de lui indiquer.
RAPPORT
SUR