ONZIEME EXPERIENCE
Nous avons répété la dixième expérience, mais en employant une plus grande proportion du même acide vitriolique et point d'eau. Nous avons mis dans une cornue 2 onces de mine de plomb blanche réduite en poudre très-fine, et nous avons versé par-dessus U onces d'acide vitriolique concentré; il ne s'est point formé de vapeurs pendant le mélange. Cette cornue a été chauffée au bain de sable, par degrés; pendant les deux premières heures, il a passé des vapeurs blanches qui avaient une forte odeur d'acide sulfureux volatil. Au bout de quatre heures, on a déluté le ballon, on a séparé 3 onces 2 gros de liqueur qui avait la même odeur que le premier produit de la distillation précédente, et elle avait de plus une couleur un peu ambrée. On a continué le feu sous la cornue encore pendant deux heures en l'augmentant beaucoup ; il n'est rien distillé davantage.
Il est resté dans la cornue une matière friable du plus beau blanc et qui n'était point adhérente à la cornue; elle n'avait point de saveur.
On a mêlé de la liqueur distillée ci-dessus avec la dissolution de mercure bien chargée; elle a dégagé sur-le-champ beaucoup de vapeur rouge et a fait un précipité blanc qui, étendu et lavé avec beaucoup d'eau distillée chaude, a formé un turbith minéral d'un beau jaune.
Cette même liqueur, mêlée avec de la dissolution d'argent étendue, n'a occasionné aucun précipité à cause de l'eau qui a dissous le vitriol de lune, et, en ajoutant une goutte d'acide marin dans ce même mélange, il s'est formé sur-le-champ beaucoup de précipité blanc qui était de la lune cornée.
On a lessivé dans de l'eau chaude la matière qui était restée dans la cornue; elle s'est un peu troublée en blanc par le seul refroidissement;
elle s'est troublée de même avec la dissolution d'argent, [nais encore moins qu'avec l'alcali fixe.