‹ Œuvres. Publiées suivant l'ordre chronologique avec documents complémentaires, introductions et notesChapitre 110 sur 133 · A. [sont en danger de déchoir de Uur jusiioe · texte numérisé non relu

A. [sont en danger de déchoir de Uur jusiioe

Ouy, Seigneur, jusques icy j'ay toujours esté sourd à vos inspirations: j'ay mesprisé Hous vos oracles ; j'ay jugé au contraire de ce que vous jugez ; j'ay contredit aux saintes nriaximes que vous avez apportées au monde du sein de vostre Père Eternel ; et suivant lesquelles vous jugerez le monde. Vous dites : Bienheureux sont ceux qui pleurent, et malheur à ceux qui sont consolez^ : et moy j'ay dit, malheureux ceux qui gémissent; et tres-heureux ceux qui sont consolez. J'ay dit: Heureux ceux qui jouissent d'une fortune avantageuse, d'une réputation glorieuse, et d'une santé robuste. Et pourquoy les ay-je reputez heureux, sinon parce que tous ces avantages leur fournissoient une facilité tres-ample de jouir des créatures c'est-à-dire de vous offenser ? Ouy, Seigneur, je confesse que j'ay estimé la santé un bien ; non pas parce qu'elle est un moyen facile pour vous servir avec utilité, pour consommer plus de soins et de veilles à vostre service, et pour l'assistance du prochain ; mais parce qu'à sa faveur je pouvois m'abandonner avec moins de retenue dans l'abondance des délices de la vie, et en mieux gouster les funestes plaisirs. Faites-moy la grâce, Seigneur, de reformer ma raison corrompue, et de conformer mes sentimens aux vostres : que je m'estime

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