PARIS
JACOtlES LECOFFRK ET C'e, LIBRAIRES-ÉDITKURS
•ï.t. BUE liir VIEUX-COLOMBTKH , 29
I7JS 9i
Le SocRATE CHRESTiKN lul j)ut)lié [JOUF la première fois à Paris, eu Itîr»2, deux ans avant la mort de Balzac, parles soins de Conrart, ijiii en surveilla riinpressioi), et eut encore la galanterie denvoyfT à Pauteiir un exemplaire du livre riehenK^nt relié.
Balzac lui écrit à ce sujet :
«< le lie sçaurois vous remercier à mon gré du magnifique présent >< <pie Monsieur Foucher m'a apporté de vostre part. Pleust à Dieu que (( mon Socrate fust digne de vos dorures, et qu'il meritast de porter « la robhe triomphale que vous luy avez donnée! Mais j'ay grand' peur «< que la bonté du dedans ne respoiidra pas à la beauté du dehors ; " et que quelque Poëte dira que ce meslange d'or et de pourpre, qui
K'sjouït si agréablement les yeux, est véritablement vne Aurore, " mais qu'elle n'annonce pas le Soleil. Quoy qu'il en soit, mon tres- « cher Monsieur, mon SnrrrUe vous a bien de l'obligation de l'avoir '< si bien paré, et au [)is aller, il faudra qu'il se contente de la delic( iiition de ce mauvais orateur, richement et superbement vestu : Vir
III agendù causis bene vestilus'. »
Le Socrate chrestien se compose de douze discours sur différents ■sujets , qui tous néanmoins se rapportent à la Religion. Entre ces
l.ellres h Conrarl, livre 111, lellre xxii.
Il a
discours , la plupart fort remarqua blos par l'élévation soutenue d(! la pensée et de l'expression, il faut distinguer celui qui a pour titic : Considérations svp. qvelqves paroles des Annales de Tacite. On ne saurait assez admirer l'éloquence, la grandeur, le tour vigoureux et original de ce morceau. La langue française, avant Balzac, n'offre rien de comparable, et, après lui, rien de supérieur à ces pages, malheureusement trop courtes.