PAR LE P. COLONIA
HISTOIRE LITTÉRAIRE DE LA VILLE DE LYON, AVEC L\NE E;IBLI0THÉQUE des AUTEUUS LYONNAIS SACRÉS ET PRO- FANES, '
QUI COMMENXE ;^ l'AiNNÉE COO et finit a I.'aNiNKE 1730. Lyon 1730, 2 vol. grand iu-quarlo.
Page 807, tome II.
Gérard des Argues, peu connu, ou oublié dans sa patrie, comme il arriva à Arcliiniède, mais exalté et admiré par les étrangers , fut, dit M. de La Hire un des plus excellents géomètres de notre siècle. Il mourut à Lyon en 1661 ou 62 et il y étoit né en 1593. D'une famille ancienne et noble qui fut éteinte avec lui. 11 fut un des plus intimes
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amis de Descailos ; il le lit coiinaîlre au cardinal Richelieu, il le défendit contre M. de Fermât et contre le P. Bourdin, et il l'assista de toutes ses forces durant sa retraite en Hollande. M. Descartes ne manqua pas de retour pour ce fidèle ami ; il fut toujours dans un intime commerce avec lui ; il voulut qu'il fut un des juges et des censeurs de ses méditations métaphysiques se fiant plus à lui seul ^ disoit-il, qu'à trois théologiens ensemble. 11 donna à sa considération, les éclaircissemens qu'il avoit jusque là refusé de donner sur sa géométrie; il loua fort ses ouvrages, lui qui ne lolioit rien ; il porta même trop loin la prévention en faveur de son ami. M. Pascal ayant mis au jour à l'âge de seize ans son traité des sections coniques, qui étonna les plus vieux géomètres, M. Descartes s'obstina, malgré tout ce qu'on put lui dire, à le donner à M. des Argues qui y etoit cité avec honneur. // aima mieux^ dit Baillet, lui chercher un auteur parmi les mathématiciens les plus consommés que de l'attribuer à un enfant. M. Des Argues méritoit par ses rares talents et par ses ouvrages tous utiles au public, l'eslime et les louanges d'un homme tel que Descartes. Ses principaux ouvrages sont, un traité de perspective Manière de poser
NOTICE PAR m: PÈKE COLONIA. i ÎT)
l'essieu aux cadrans solaires, manière que Descaries appelle simple et ingénieuse ; la pratique du Irait et preuves pour la coupe des pierres en l'architecture.... (Manière de graver en taille douce à l'cauforte) ; traité des sections coniques, etc.; et ce qui relève le prix de ces ouvrages, c'est que leur auteui' fut un des premiers, ou peut-être le premier qui sçut assaisonner par les grâces ^du langage ces matières ou sèches ou abstraites. M. Des Argues se retira à Lyon vers les dernières années de sa vie. Il y a laissé (à la maison de M. do Saint-Oyen au bout du pont de pierres delà Saône sur le quai de Viîleroi) un rare monument delà bonté de sa méthode pour la coupe des pierres. C'est une trompe qui soutient en l'air une grande maison presque entière, et cette trompe est la pièce la plus hardie qui ait été faite en ce genre. Les gens de lettres apprendront ici avec plaisir qu'on va bientôt donner au public une édition complette des œuvres de Des Argues et qu'on veut même y faire entrer le dessin et le profil de cette trompe, et de la maison qu'elle soutient du moins en partie. M. Richer, chanoine de Provins, à la politesse duquel je suis redevable de deux mémoires curieux et détaillés sur les ouvrages de son ami M. de Lagny et sur ceux de