GRAND-MAITRE DU COLLÈGE DE NAVARRE
Simile est regnum cœîorum. thesauro abscondîto.
Le royaume des deux est semblable à un trésor cache', Matth. xni. 44*
CiEux qui ont vécu dans les dignités et dans les places relevées, ne sont pas les seuls d'entre les mortels, dont la mémoire doit être honorée par des éloges publics. Avoir mérité les dignités et les avoir refusées, c'est une nouvelle espèce de dignité, qui mérite d'être célébrée par toutes sortes d'honneurs; et comme l'univers n'a rien de plus grand que les grands hommes modestes, c'est principalement en leur faveur, et pour conserver leurs vertus, qu'il faut épuiser toutes sortes de louanges. Ainsi l'on ne doit pas s'étonner si cette maison royale ordonne un panégyrique à M. Nicolas Cornet, son grandmaître , qu'elle auroit vu élevé aux premiers rangs de l'Eglise, si juste en toutes autres choses, il ne s'étoit opposé en cette seule rencontre à la justice de nos Rois. Elle doit ce témoignage à sa vertu,
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cette reconnoissance à ses soins, cette gloire publique à sa modestie ; et e'tant si fort affligée par la perte d'un si grand homme, elle ne peut pas ne'gliger le seul avantage qui lui revient de sa mort, qui est la liberté de le louer. Car comme , tant qu'il a vécu sur la terre, la seule autorité de sa modestie supprimoit les marques d'estime, qu'elle eût voulu rendre aussi solennelles que son mérite étoit extraordinaire; maintenant qu'il lui est permis d'annoncer hautement ce qu'elle a connu de si près, elle ne peut manquer à ses devoirs particuliers, ni envier au public l'exemple d'une vie si réglée. Et moi, si toutefois vous me permettez de dire un mot de moimême, moi, dis-je, qui ai trouvé en ce personnage, avec tant d'autres rares qualités, un trésor inépuisable de sages conseils, de bonne foi, de sincérité, d'amitié constante et inviolable , puis-je lui refuser quelques fruits d'un esprit qu'il a cultivé avec une bonté paternelle dès sa première jeunesse, ou lui dénier quelque part dans mes discours, après qu'il en a été si souvent et le censeur et l'arbitre ? Il est donc juste. Messieurs , puisqu'on a bien voulu employer ma voix, que je rende, comme je pourrai, à ce Collège royal son grand -maître, aux maisons religieuses leur père et leur protecteur, à la Faculté de théologie l'une de ses plus vives lumières, et celui de tous ses enfans qui peut-être a autant soutenu [ qu'aucun ] cette ancienne réputation de doctrine et d'intégrité, qu'elle s'est acquise par toute la terre j enfin à toute l'Eglise et à notre siècle l'un de ses plus grands ornemens.
Sortez, grand homme, de ce tombeau j aussi bien
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y êtes-vous descendu trop tôt pour nous : sortez , dis-je, de ce tombeau que vous avez choisi inutilement dans la place la plus obscure et la plus négligée de cette nef. Votre modestie vous a trompé aussi bien que tant de saints hommes, qui ont cru qu'ils se cacheroient éternellement en se jetant dans les places les plus inconnues. Nous ne voulons pas vous laisser jouir de cette noble obscurité que vous avez tant aimée ; nous allons produire au grand jour, malgré votre humilité, tout ce trésor de vos grâces, d'autant plus riche qu'il est plus caché. Car, Messieurs , vous n'ignorez pas que l'artilice le plus ordinaire de la Sagesse céleste, est de cacher ses ouvrages ; et que le dessein de couvrir ce qu'elle a de plus précieux , est ce qui lui fait déployer une si grande variété de conseils profonds. Ainsi toute la gloire de cet homme illustre, dont je dois aujourd'hui prononcer l'éloge, c'est d'avoir été un trésor caché; et je ne le louerai pas selon ses mérites, si non content de vous faire part de tant de lumières, de tant de grandeurs, de tant de grâces du divin Esprit, dont nous découvrons en lui un si bel amas, je ne vous montre encore un si bel artifice, par lequel il s'est efforcé de cacher au monde toutes ses richesses.
Vous verrez donc Nicolas Cornet ,' trésor public et trésor caché ; plein de lumières célestes , et couvert, autant qu'il a pu, de nuages épais ; illuminant l'Eglise par sa doctrine, et ne voulant lui faire savoir que sa seule soumission ; plus illustre , sans comparaison , par le désir de cacher toutes ses vertus , que par le soin de les acquérir et la gloire de
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les posséder. Enfin , pour réduire ce discours à quel([ue méthode, et vous déduire par ordre les mystères qui sont compris dans ce mot évangélique de « trésor caché », vous verrez, Messieurs, dans le premier point de ce discours, les richesses immenses et inestimables qui sont renfermées dans ce trésor; et vous admirerez dans le second, l'enveloppe mystérieuse , et plus riche que le trésor même, dans laquelle il nous l'a caché. Voilà l'exemple que je vous propose ; voilà le témoignage saint et véritable que je rendrai aujourd'hui devant les autels, au mérite d'un si grand homme. J'en prends à téjmoin ce grand prélat , sous la conduite duquel cette grande maison portera sa réputation. Il a voulu paroître à l'autel ; il a voulu offrir à Dieu son sacrifice pour lui. C'est ce grand prélat que je prends à témoin de ce que je vais dire; et je m'assure, Messieurs, que vous ne me refuserez pas vos attentions.
Ce que Jésus-Christ notre Seigneur a été naturellement et par excellence, il veut bien que ses serviteurs le soient par écoulement de lui-même, et par effusion de sa grâce. S'il est docteur du monde , ses ministres en font la fonction : et comme en qualité de docteur du monde , « en lui , dit l'apôtre (0 , ont » été cachés les trésors de science et de sagesse » ; ainsi il a établi des docteurs , qu'il a remplis de grâce et de vérité, pour en enrichir ses fidèles; et ces docteurs, illuminés par son Saint-Esprit, sont les véritables trésors de l'Eglise universelle.
En effet, chrétiens, lorsque la Faculté de théolo-
(0 Colos. II. 3.
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gie est et a été si souvent consultée en corps , et que ses docteurs particuliers le sont tous les jours, touchant le devoir de la conscience; n'est-ce pas un témoignage authentique , qu'autant qu'elle a de docteurs, autant devroit-elle avoir de trésors publics , d'oii l'on puisse tirer, selon les besoins et les occurrences différentes, de quoi relever les foibles, confirmer les forts, instruire les simples et les ignorans, confondre et réprimer les opiniâtres? Personne ne peut ignorer que ce saint homme, dont nous parlons, ne se soit très - dignement acquitté d'un si divin ministère. Ses conseils étoient droits , ses sentimens purs, ses réflexions efficaces, sa fermeté invincible. C'étoit un docteur de l'ancienne marque , de l'ancienne simplicité , de l'ancienne probité ; également élevé au-dessus de la flatterie et de la crainte, incapable de céder aux vaines excuses des pécheurs , d'être surpris des détours des intérêts humains, [ de se prêter ] aux inventions de la chair et du sang : et comme c'est en ceci que consiste principalement l'exercice des docteurs, permettezmoi , chrétiens , de reprendre ici d'un plus haut principe la règle de cette conduite.
Deux maladies dangereuses ont affligé en nos jours le corps de l'Eglise : il a pris à quelques docteurs une malheureuse et inhumaine complaisance, tine pitié meurtrière , qui leur a fait porter des coussins sous les coudes des pécheurs , chercher des couvertures à leurs passions, pour condescendre à leur vanité , et flatter leur ignorance affectée. Quelques autres, non moins extrêmes, ont tenu les consciences captives sous des rigueurs très-injustes :
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ils ne peuvent supporter aucune foiblesse , ils traînent toujours l'enfer après eux, et ne fulminent que des anathêmes. L'ennemi de notre salut se sert également des uns et des autres, employant la facilité de ceux-là pour rendre le vice aimable , et la sévérité de ceux-ci pour rendre la vertu odieuse. Quels excès terribles , et quelles armes opposées ! Aveugles enfans d'Adam , que le désir de savoir a précipités dans un abîme d'ignorance, ne trouverez -vous jamais la médiocrité, où la justice, oà la vérité, où la droite raison a posé son trône?
Certes, je ne vois rien dans le monde qui soit plus à charge à l'Eglise que ces esprits vainement subtils, qui réduisent tout l'Evangile en problêmes , qui forment des incidens sur l'exécution de ses préceptes , qui fatiguent les casuistes par des consultations infinies : ceux-là ne travaillent, en vérité, qu'à nous envelopper la règle des mœurs. « Ce sont des » hommes , dit saint Augustin (i) , qui se tour- » mentent beaucoup pour ne pas trouver ce qu'ils » cherchent » : Nihil laborant , nisi non invenire quod quœrunt; « et, comme dit le même saint, qui » tournant s'enveloppent eux-mêmes dans les om- » bres de leurs propres^ ténèbres » , c'est-à-dire , dans leur ignorance et dans leurs erreurs^, et s'en font une couverture. Mais plus malheureux encore les docteurs indignes de ce nom, qui adhèrent à leurs sentimens , et donnent poids à leur folie. « Ce » sont des astres errans » , comme parle l'apôtre saint Jude (2), qui, pour n'être pas assez attachés à
(') De Geii. cont. Manich. lib. 11 , c. 11 j f. i, col. 665, — (») JuJ. 1 3.
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la route immuable de la vérité, gauchissent et se détournent au gré des vanités, des intérêts et des passions humaines. Ils confondent le ciel et la terre ; ils mêlent Jésus-Christ avec Bélial ; ils cousent l'étofie vieille avec la neuve, contre l'ordonnance expresse de l'Evangile (0, des lambeaux de mondanité avec la pourpre royale : mélange indigne de la piété chrétienne ; union monstrueuse, qui déshonore la vérité , la simplicité , la pureté incorruptible du christianisme.
Mais que dirai-je de ceux qui détruisent, par un autre excès , l'esprit de la piété , qui trouvent partout des crimes nouveaux, et accablent la foiblesse humaine en ajoutant au joug que Dieu nous impose? Qui ne voit que cette rigueur enfle la présomption , nourrit le dédain, entrelient un chagrin superbe, et un esprit de fastueuse singularité, fait paroître la vertu trop pesante , l'Evangile excessif, le christianisme impossible ? O foiblesse et légèreté de l'esprit humain , sans point , sans consistance , seras-tu toujours le jouet des extrémités opposées ? Ceux qui sont doux deviennent trop lâches; ceux qui sont fermes deviennent trop durs. Accordez-vous , ô docteurs ; et il vous sera bien aisé , pourvu que vous écoutiez le docteur céleste. « Son joug est doux , » nous dit-il (2), et son fardeau est léger ». « Voyez, » dit saint Chrysostôme (3), le tempérament ; il ne . i) dit pas simplement que son Evangile soit ou pe- » sant ou léger : mais il joint l'un et l'autre en- » semble , afin que nous entendions que ce bon
(') Marc. II. 2 1 . — (") Matth. XI. 3o. — l') In Matth. Homil. xsxvm.
» maître ni ne nous de'charge ni ne nous accable ; » et que, si son autorite' veut assujettir nos esprits, » sa bonté veut en même temps ménager nos forces » .
Vous donc , docteurs relâchés , puisque l'Evangile est un joug, ne le rendez pas si facile; de peur que si vous êtes chargés de son poids, vos passions indomptées ne le secouent trop facilement ; et qu'ayant rejeté le joug , nous ne marchions indociles, superbes, indisciplinés, au gré de nos désirs impétueux. Vous aussi , docteurs trop austères , puisque l'Evangile doit être léger, n'entreprenez pas d'accroître son poids ; n'y ajoutez rien de vousmêmes ou par faste , ou par caprice , ou par ignorance. Lorsque ce Maître commande, s'il charge d'une main il soutient de l'autre : ainsi tout ce qu'il impose est léger ; mais tout ce que les hommes y mêlent est insupportable.
Vous voyez donc, chrétiens, que, pour trouver la règle des mœurs, il faut tenir le milieu entre les deux extrémités ; et c'est pourquoi l'oracle toujours sage nous avertit de ne nous détourner jamais ni à la droite ni à la gauche (0. Ceux-là se détournent à la gauche, qui penchent du côté du vice, et favorisent le parti de la corruption : mais ceux qui mettent la vertu trop haut , à qui toutes les foiblesses paroissent des crimes horribles, ou qui, des conseils de perfection , font la loi commune de tous les fidèles, ne doivent pas se vanter d'aller droitement, sous prétexte qu'ils semblent chercher une régularité plus scrupuleuse. Car l'Ecriture nous apprend que si l'on peut se détourner en allant à gauche, ou
(') Prot'. IV. 27.
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peut aussi s'égarer du côté de la droite ; c'est-à-dire, en s'avancant à la perfection , en captivant les âmes infirmes sous des rigueurs trop extrêmes. 11 faut marcher au milieu : c'est dans ce sentier où la justice et la paix se baisent de baisers sincères, c'est-à-dire, qu'on rencontre la véritable droiture , et le calme assuré des consciences : Misericordia et veritas ob' \'iaverunt sibi, justida et pax osculatœ sunt (0.
Il est permis aux enfans de louer leur mère , et je ne dénierai point ici à l'Ecole de théologie de Paris la louange qui lui est due, et qu'on lui rend aussi par toute l'Eglise. Le trésor de la vérité n'est nulle part plus inviolable. Les fontaines de Jacob ne coulent nulle part plus incorruptibles. Elle semble divinement être établie avec une grâce particulière, pour tenir la balance droite , conserver le dépôt de la tradition. Elle a toujours la bouche ouverte pour dire la vérité : elle n'épargne ni ses enfans ni les étrangers, et tout ce qui choque la règle n'évite pas sa censure.
Le sage Nicolas Cornet , affermi dans ses maximes, exercé dans ses emplois, plein de son esprit, nourri du meilleur suc de sa doctrine, a soutenu dignement sa gloire et l'ancienne pureté de ses maximes. Il ne s'est pas laissé surprendre à cette rigueur affectée, qui ne fait que des superbes et des hypocrites : mais aussi s'est-il montré implacable à ces maximes , moitié profanes et moitié saintes , moitié chrétiennes et moitié mondaines; ou plutôt toutes mondaines et toutes profanes, parce quelles ne sont qu'à demi- chrétiennes et à demi-saintes. Il
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n'a jamais trouvé belles aucunes des couleurs de la simonie ; et pour entrer dans l'état ecclésiastique , il n'a pas connu d'autre porte que celle qui est ouverte par les saints canons. Il a condamné l'usure sous tous ses noms et sous tous ses titres. Sa pudeur a toujours rougi de tous les prétextes honnêtes des engagemens déshonnêtes, où il n'a pas épargné le fer et le feu pour éviter les périls des occasions prochaines. Les inventeurs trop subtils de vaines contentions et de questions de néant, qui ne servent qu'à faire perdre, parmi des détours infinis, la trace toute droite de la vérité, lui ont paru, aussi bien qu'à saint Augustin , des hommes inconsidérés et volages, « qui soufflent sur de la poussière, et se / » jettent de la terre dans les yeux » : Sufflantes pul-
verein, et excitantes terrain in ocuhs suos (0. Ces chicanes raffinées , ces subtilités en vaines distinctions, sont véritablement de la poussière soufflée, de la terre dans les yeux , qui ne font que troubler la vue. Enfin il n'a écouté aucun expédient pour accorder l'esprit et la chair, entre lesquels nous avons appris que la guerre doit être immortelle. Toute la France le sait : car il a été consulté de toute la France ; et il faut même que ses ennemis lui rendent ce témoignage, que ses conseils étoient droits, sa doctrine pure, ses discours simples, ses réflexions sensées, ses jugemens sûrs, ses raisons pressantes , ses résolutions précises , ses exhortations efficaces , son autorité vénérable , et sa fermeté invincible.
G'étoit donc véritablement un grand et riche tré-
(0 Conf. Ub. xii, c. XVI j tom. i, col. 316.
sor
DE NICOLAS CORNET. ÔaS
sor; et tous ceux qui le consultoient, parmi cette simplicité qui le rendoit vénérable, voyoient paroître avec abondance , dans ce trésor évangélique, les choses vieilles et nouvelles, les avantages naturels et surnaturels, les richesses des deux Testament, l'érudition ancienne et moderne, la connoissanceprofonde des saints Pères et des Scholastiques, la science des antiquités et de l'état présent de l'Eglise, et le rapport nécessaire de l'un et de l'autre. Mais parmi tout cela. Messieurs, rieirne donnoit plus d'autorité à ses décisions que l'innocence de sa vie : car il n'étoit pas de ces docteurs licencieux dans leurs propres faits, qui, se croyant suffisamment déchargés de faire de bonnes œuvres par les bons conseils , n'épargnent ni ne ménagent la bonne conscience des autres, indignes prostituteurs de leur intégrité. Au contraire, Nicolas Cornet ne se pardonnoit rien à lui-même ; et pour composer ses mœurs, il entroit dans les sentimens de la justice, de la jalousie, de l'exactitude d'un Dieu qui veut rendre la vérité redoutable. Nous savons que dans une affaire de ses amis, qu'il avoit recommandée comme juste, craignant que le juge, qui le respectoit , n'eût trop déféré à son témoignage et à sa sollicitation, il a réparé de ses deniers le tort qu'il reconnut, quelque temps après, avoir été fait à la partie ; tant il étoit lui-même sévère censeur de ses bonnes intentions.
Que vous dirai -je maintenant, Messieurs, de sa régularité dans tous ses autres devoirs? Elle par oit principalement dans cette admirable circonspection qu'il avoit pour les bénéfices : bien loin de les dési-
BoSàUET. XVII. ^o
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rer, il crut qu'il en auroit trop, quand il en eut pour environ douze cents livres de rente. Ainsi il se défit bientôt de ses titres, voulant honorer en tout la pureté des canons, et servir à la sainteté et à l'ordre de la discipline ecclésiastique. Tant qu'il les a tenus, les pauvres et les fabriques en ont presque tiré tout le fruit. Pour ce qui touchoit sa personne, on voyoit qu'il prenoit à tâche d'honorer le seul nécessaire , par un retranchement effectif de toutes les superfluités; tellement que ceux qui le consultoient, voyant cette sagesse , cette modestie, cette égalité de ses mœurs , le poids de ses actions et de ses paroles; enfin cette piété et cette innocence, qui , dans la plus grande chaleur des partis , étoient toujours demeurées sans reproche : et admirant le consentement de sa vie et de sa doctrine, croyoient que c'étoit la justice même qui parloit par sa bouche; et ils révéroient ses réponses comme des oracles d'un Gei-son, d'un Piei-re d'Ailli, et d'un Henri de Gand. Et plût à Dieu, Messieurs, que le malheur de nos jours ne l'eût jamais arraché de ce paisible exercice !
Vous le savcB, juste Dieu, vous le savez que c'est malgré lui que cet homme modeste et pacifique a été contraint de se signaler parmi les troubles de votre Eglise. Mais un docteur ne peut pas se taire dans la cause de la foi ; et il ne lui étoit pas permis de manquer en une occasion où sa science exacte et profonde, et sa prudence consommée ont paru si fort nécessaires. Je ne puis non plus omettre en ce lieu le service très-important qu'il a rendu à l'Eglise, et je me sens obligé de vous exposer l'état de nos
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malbeureuses dissentions ; quoique je désirerois beaucoup davantage de les voir ensevelies éternellement dans l'oubli et dans le silence. Quelle effroyable tempête s'est excitée en nos jours, touchant la grâce et le libre arbitre ? Je crois que tout le monde ne le sait que trop; et il n'y a aucun endroit, si reculé de la terre, où le bruit n'en ait été répandu. Comme presque le plus grand effort de cette nouvelle tem* pête tomba dans le temps qu'il étoit syndic de la Faculté de Théologie; voyant les vents s'élever, les nues s'épaissir, les flots s'enfler de plus en plus; sage, tranquille et posé qu'il étoit, il se mit à considérer attentivement quelle étoit cette nouvelle doctrine, et quelles étoient les personnes qui la soutenoient. 11 vit donc que saint Augustin, qu'il tenoit le plus éclairé et le plus profond de tous les docteurs, avoit exposé à l'Eglise une doctrine toute sainte et apostolique touchant la grâce chrétienne ; mais que, ou par la foiblesse naturelle de l'esprit humain, ou à cause de sa profondeur ou de la délicatesse des questions, ou plutôt par la condition nécessaire et inséparable de notre foi , durant cette nuit d'énigmes et d'obscurités, cette doctrine céleste s'est trouvée nécessairement enveloppée parmi des difficultés impénétrables ; si bien qu'il y avoit à craindre qu'on, ne fût jeté insensiblement dans des conséquences ruineuses à la liberté de l'homme : ensuite il considéra avec combien de raisons toute l'Ecole et toute l'Eglise s'étoient appliquées à défendre les consé-^ quences; et il vit que la Faculté des nouveaux docteurs en étoit si prévenue , qu'au lieu de les rejeter, ils en avoient fait une doctrine propre : si bien qi^e
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la plupart de ces conséquences , que tous les théologiens avoient toujours regardées jusqu'alors comme des inconvéniens fâcheux, au devant desquels il falloit aller pour bien entendre la doctrine de saint Augustin et de l'Eglise, ceux-ci les regardoient au contraire comme des fruits nécessaires, qu'il en. falloit recueillir ; et que ce qui avoit paru à tous les autres comme des écueils contre lesquels il falloit craindre d'échouer le vaisseau, ceux-ci ne craignoient point de nous le montrer comme le port salutaire auquel devoit aboutir la navigation. Après avoir ainsi regardé la face et l'état de cette doctrine, que les docteurs, sans doute, reconnoîtront bien sur cette idée générale , il s'appliqua à connoître le génie de ses défenseurs. Saint Grégoire de Nazianze, qui lui étoit fort familier, lui avoit appris que les troubles ne naissent pas dans l'Eglise par des âmes communes et foibles : « Ce sont, dit-il, de grands » esprits, mais ardens et chauds, qui causent ces » mouvemens et ces tumultes » : mais ensuite les décrivant par leurs caractères propres , il les appelle excessifs, insatiables, et portés plus ardemment qu'il ne faut aux choses de la religion ; paroles vraiment sensées , et qui nous représentent au vif le naturel de tels esprits.
Vous êtes étonnés peut-être d'entendre parler de la sorte un si saint évêque. Car, Messieurs, nous devons entendre que si l'on peut avoir trop d'ardeur, non point pour aimer la saine doctrine , mais pour l'éplucher de trop près, et pour la rechercher trop subtilement; la première partie d'un homme qui étudie les vérités saintes, c'est de savoir discer-
ner les endroits où il est permis de s'étendre , et où il faut s'arrêter tout court, et se souvenir des bornes étroites dans lesquelles est resserrée notre intelli-. gence : de sorte que la plus prochaine disposition à l'erreur, est de vouloir réduire les choses à la dernière évidence de la conviction. Mais il faut modérer le feu d'une mobilité inquiète, qui cause en nous cette intempérance et cette maladie de savoir, et être sages sobrement et avec mesure, selon le précepte de l'apôtre (0, et se contenter simplement des lumières qui nous sont données plutôt pour réprimer notre curiosité,, que pour éclaircir tout-àfait le fond des choses. C'est pourquoi ces esprits extrêmes, qui ne se lassent jamais de chercher, ni de discourir, ni de disputer, ni d'écrire , saint Grégoire de Nazianze le^a appelés excessifs et insatiables.
Notre sage et avisé syndic jugea que ceux desquels nous parlons étoient à peu près de ce caractère ; grands hommes, éloquens, hardis, décisifs,, esprits forts et lumineux; mais plus capables de pousser les choses à l'extrémité, que de tenir le raisonnement sur le penchant; et plus propres à commettre ensemble les vérités chrétiennes, qu'à les réduire à leur unité naturelle; tels enfin, pour dire en un mot, qu'ils donnent beaucoup à D^eu, et que c'est pour eux une grande grâce d^ céder entièrement à s'abaisser sous l'autorité suprême de l'Eglise et du saint Siège. Cependant les esprits s'émeuvent, et les choses se mêlent de plus en plus. Ce parti, zélé et puissant , charmoit du moins agréablement , s'il (0 Rom. XII. 3.
n'eniportoit tout-à-fait la fleur de l'Ecole et de la jeunesse : enfin il n'oublioit rien pour entraîner après soi toute la Faculté de Théologie.
C'est ici qu'il n'est pas croyable combien notre sage grand-maître a travaillé utilement parmi ces tumultes , convaincant les uns par sa doctrine , retenant les autres par son autorité, animant et soutenant tout le monde par sa constance ; et lorsqu'il parloit en Sorbonne dans les délibérations de la Faculté, c'est là qu'on reconnoissoit , par expérience, la vérité de cet oracle : « La bouche de l'homme » prudent est désirable dans les assemblées, et cha- » cun pèse toutes ses paroles en son cœur » : Os priidentis quœritur in ecclesia , et verha illius cogitahunt in coj'dibus suis (0. Car il parloit avec tant de poids, dans une si belle saite', et d'une manière si considérée , que même ses ennemis n avoient point de prise. Au resté, il s'appliquoit également à démêler la doctrine, et à prévenir les pratiqués par sa sage et admirable prévoyance ; en quoi il se conduisoit avec une telle modération , qu'encore qu'on n'ignorât pas la part qu'il avoit en tous les conseils, toutefois à peine auroit- il paru , n'etoit que ses adversaires, en le chargeant publiquement presque de toute la haine, lui donnèrent aussi, malgré luimême, la plus grande partie de la gloire. Et certes, il est véritable qu'aucun n'étoit mieux instruit du point décisif de la question. Il connoissoit trèsparfaitement et les confins et les bornes de toutes les opinions de l'Ecole , jusqu'où elles couroient , et où elles commençoient à se séparer : surtout il avoit
(■} EccU. XXI. 20.
grande connoissance de la doctrine de saint Augustin et de l'ëcole de saint Thomas. Il connoissoit les endroits par où ces nouveaux docteurs sembloient tenir les limites certaines , par lesquels ils s'en étoient divise's. C'est de cette expérience, de cette connoissance exquise, et du concert des meilleurs cerveaux de la Sorbonne, que nous est né cet extrait de ces cinq propositions, qui sont comme les justes limites par lesquelles la vérité est séparée de l'erreur ; et qui étant , pour ainsi parler , le caractère propre et singulier des nouvelles opinions , ont donné le moyen à tous les autres de courir unanimement contre leurs nouveautés inouies.
? C'est donc ce consentement qui a préparé les voies à ces grandes décisions que Rome a données; à quoi notre très-sage docteur, par la créance qu'avoit même le souverain Pontife à sa parfaite intégrité , ayant si utilement travaillé , il eh a aussi avancé l'exécution avec une pareille vigueur, sans s'abattre, sans se détourner, sans se ralentir : si bien que par son travail, sa conduite , et par celle de ses fidèles coopérateurs, ils ont été contraints de céder. On ne fait plus aucune sortie , on ne parle plus que de paix. O qu'elle soit véritable ! ô qu'elle soit effective! ô qu'elle "soit éternelle! Que nous puissions avoir appris par expérience combien il est dangereux de troubler l'Eglise, et combien on outrage la sainte doctrine, quand on l'applique malheureusement parmi des extrêmes conséquences ! Puissent naître de ces conflits des connoissances plus nettes, des lumières plus distinctes, des flammes de charité plus tendres et plus ardentes, qui rassemblent bien-
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tôt en un, par cette véritable concorde, les membres dispersés de l'Eglise !
Mais je reviens à celui qui nous fournit à ce jour une si riche matière de justes louanges. Quelqu'un entendant son panégyrique, voyant tant de grands services qu'il a rendus à l'Eglise , et découvrant en ce personnage un si admirable trésor de rares et excellentes qualités, murmurera peut-être en secret de ce qu'une lumière si vive n'a pas été exposée plus haut sur le chandelier, et déclamera en son cœur contre l'injustice du siècle. Cette plainte paroît équitable ; mais je dois néanmoins la faire cesser. Vous, qui paroissez indignés qu'une vertu si rare n'a pas été couronnée, n'avez-vous pas entendu que j'ai dit, au commencement de ce discours, que ce grand homme s'étoit éloigné de toutes les dignités ? Je l'ai dit, et je le dis encore une fois : le siècle n'a pas été injuste; mais Nicolas Cornet a été modeste. On a recherché son humilité ; mais il n'y a pas eu moyen de la vaincre. Nos rois ont connu son mérite, l'ont voulu reconnoître ; mais on n'a pu le résoudre à recevoir d'une main mortelle, quoique royale ; les ministres et les prélats concourant également à l'estimer. Je pourrois ici alléguer cet illustre prélat (*), qui fera paroître bientôt une nouvelle lumière dans le siège de saint Denis et de saint Marcel, et qui a cette noble satisfaction de voir croître tous les jours sa gloire aveo celle de notre monarque. Quand je considère les grands avantages qui lui ont
(*) Hardquin de Beaumont de Pércfixe, cvccpede Rodez, nommé à l'archevcché de Paris eu i66j , et qui n'eut ses bulles qu'en i664- Il avoit été précepteur de Louis XIV. {EdiU de f^ersailles.)
été offerts, je ne puis que je n'admire cette vie modeste, et je ne vois pas dans notre siècle un plus bel exemple à imiter.
Les deux augustes cardinaux, qui ont soutenu la majesté de cet empire, ont voulu^ donner la récompense qui étoit due à son mérite, mais il a tout refusé.
Le premier l'ayant appelé , lui fit des offres dignes de son Eminence : le second l'ayant présenté à notre auguste Reine, mère de notre invincible MonUrque, lui proposa ses intentions pour une prélature; mais il remercia Sa Majesté et son Eminence, déclarant qu'il n'avoit pas les qualités naturelles et surnaturelles, nécessaires pour les grandes dignités. Vous voyez par-là quell« a été son humilité, et combien il a été soigneux de cacher les illustres avantages qu'il avoit reçus de Dieu , puisque même il alloit jusqu'au devant des propositions jqu'on lui vouloit faire.
Et, Messieurs, permettez-moi que je fasse une petite digression. J'ai vu un grand homme mépriser ce qu'il y a de plus éclatant dans le siècle ; et cependant je vois une jeunesse emportée , qui n'a , de toutes les qualités nécessaires , que des désirs violens pour s'élever aux charges ecclésiastiques, sans considérer si elle pourra s'acquitter des obligations qui sont attachées à ces dignités. On emploie tous les amis; on brigue la faveur des princes; on croit que c'est assez de monter sur le trône de Pharaon , comme Joseph , pour gouverner l'Egypte ; mais il faut , comme lui , avoir été dans le cachot auparavant que d'être le favori de Pharaon. Ah! modération de Cornet, tu dois bien confondre cette jeunesse aveu-
glée : on t'a présenté des dignités, et tu les as refusées. Rara virlus , humilitas honorata (0 : « Que c'est » une chose rare de voir une personne humble , » quand elle est élevée dans l'honneur » ! Notre grand-maître a eu cette vertu pendant sa vie ; mais parce qu'il s'est humilié, il faut qu'il soit glorifié après sa mort.
Le Fils de Dieu , qui n'a prononcé que des oracles , a dit « que celui qui s'humilie sera exalté » ; Qui se humiliât j exaltahitur (2). Nicolas Cornet ayant été humble toute sa vie, est et sera bientôt en possession de la gloire. Comme il a eu l'humilité, il a eu toutes les autres vertus dont elle est le fondement. Il a été sage dès son enfance ; la pudeur est née avec lui : il a voué sa virginité à Dieu dès ses plus tendres années; il a suivi le conseil de saint Paul, qui ordonne à tous les chrétiens « de se consa- » crer à Dieu comme des hosties saintes et vivantes » : Obsecro 'vos per viscera misericordiœ j ut exliiheatis vos hosiiam sanctam^ viventem (3), etc. Il fit un sacrifice de son corps et de son ame à Dieu : il consacra son entendement à la foi, sa mémoire au souvenir éternel de Dieu, sa volonté à l'amour, son corps au jeûne et à la piété. Il fut simple dans ses discours, inviolable dans sa parole , incorruptible dans sa foi, fidèle aux exercices de l'oraison, et surtout attaché aux affaires de notre salut.
. Ah ! sainte Vierge , je vous en prends à témoin : vous savez combien de nuits il a été prosterné aux pieds de vos autels; combien il a imploré votre as-
(») S. Bern. Horn, iv super Missus est, n. gj lom. i, col. j53. — W Luc. xtv. II. — (.3) Rom. xii. i.
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sistance pour le soulagement des pauvres peuples, et pour la consolation des afïlige's.
Ce grand homme , cette ame forte et solide , qui savoit que Jésus-Christ nous a recommandé d'être des lumières (0, c'est-à-dire, de donner de bons exemples; et d'ailleurs que notre vie doit être cachée, c'est-à-dire, doit être humble, a pratiqué parfaitement ces deux préceptes. Il fut humble et exemplaire : il faisoit quelques petites aumônes en public , pour édifier le prochain ; mais en particulier il en faisoit de grandes : il étoit le protecteur des pauvres, et le soulagement des hôpitaux. Voilà les vertus qu'il a cachées.
Je ne parle point du respect envers notre Monarque, de sa soumission à l'Eglise, de son amour immense envers son prochain. Il est certain que la France n'a pas eu d'ame plus française que la sienne, et que l'Etat n'a pas eu d'esprit plus attaché à son prince que le sien. Mais il ne s'est pas contenté de cette fidélité qui a duré toute sa vie ; il a , avant que de moUrir, inspiré son esprit à cette maison royale.
Je ne finirois jamais. Messieurs, si je voulois faire le dénombrement de toutes ses belles qualités. Finissons, et retenons ce torrent : mais avant que de finir, voyons à quelle fin on m'a obligé de faire cet éloge funèbre. Quel fruit faut-il tirer de ce discours? Ah! Messieurs, je ne suis monté en cette chaire que pour vous proposer ses vertus pour exemple. Heureux seront ceux qui vivront comme il a vécu ! heu-
(•) MaUh. y. 14.
reux seront ceux qui pratiqueront les vertus qu'il a pratiquées ! heureux seront ceux qui mépriseront les charges et les titres que le monde recherche! heureux seront ceux qui retranchent les choses superflues ! heureux seront ceux qui ne s'enivrent pas de la fumée du siècle! heureux seront ceux qui ne vont pas se plonger dans la boue dès plaisirs du monde ! C'est ce que ce grand homme a fait , et que vous devez faire. Pourquoi , homme du monde , vous arrêter à un plaisir d'un moment? pourquoi occuper tous vos soins et toutes vos pensées, pour amasser des choses que vous n'emporterez pas? pourquoi assiéger tous les matins la porte des grands? Ne pensez qu'à une seule chose; c'est le Fils de Dieu qui l'a dit : Porro unum est. necessarium (0 : « Il n'y a qu'une chose nécessaire » ; il n'y a qu'une chose importante , qui est notre salut. In me uniciim negotium mihi est , dit Tertullien (2) « Je n'ai qu'une affaire » , et cette affaire est bien secrète j elle est dans le fond de mon cœur : c'est une affaire qui se doit passerentre Dieu et moi ; et comme elle est de si grande importance, elle doit toute ma vie, tous les jours, toutes les heures, à tout moment, occuper mes soins et mes pensées.
Voilà , Messieurs , l'affaire à laquelle s'est occupé Nicolas Cornet. Entrez dans les sentimens de ce grand homme; imitez ses vertus, pratiquez l'humilité comme lui, aimez l'obscurité comme il l'a aimée. ^ Mais avant que de finir, il faut que je m'adresse à toi, royale maison, et que je te. dise deux mots.
(>) Luc. X. 42. — W Tcrtul de Pall. n. 5,
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Célèbre sa mémoire, conserve son souvenir; et, si je puis demander quelque récompense pour ses travaux, imite ses vertus, va croissant de perfection en perfection. Ce grand exemple est digne d'être imité. Mais je me trompe, tu l'imites et dans sa doctrine et dans ses mœurs ; continue et persévère.
Et vous, grandes mânes, je vous appelle , sortez de ce tombeau : je crois que vous êtes dans la gloire ; mais si vous n'êtes pas encore dans le sanctuaire, vous y serez bientôt. Nous allons tous offrir à Dieu des sacrifices pour votre repos. Souvenez -vous de cette maison royale, que vous avez si tendrement chérie, et lui procurez les bénédictions du ciel. C'est ce que je vous souhaite au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.