CHAPITRE XXIII
Combien vainement l'auteur a tâché d'ajfoihlir l'interprétation de saint Augustin et de l'Eglise : son erreur, lorsqu'il prétend que ce soit ici une question de critique et de grammaire : Bèze mal repris dans cet endroit, et toujours en haine de saint Augustin.
Nous reviendrons ailleurs à ce principe, qui servira d'explication aux autorités des saints docteurs , dont notre critique se prévaut. En attendant, on peut voir combien vainement il a tâché d'obscurcir la preuve de saint Augustin , adoptée par toute l'Eglise , et on peut voir en même temps combien mal à propos il reprend Bèze d'avoir , en cette occasion, recouru à l'autorité de saint Augustin, h
(«) Ad Boni/, l. IV. c. ir.
ET DES SAIWTS PÈKES, LIV. VU. ^iS
cause, disoit-il (0, çuil a réfuté mille fois la version qui met çuia au lieu d'm çuo} sur quoi notre auteur lui insulte en ces termes : Comme si , lorsqu'il s'agit de l'interprétation grammaticale de quelque passage de saint Paul, qui a écrit en grec ^ le sentiment de saint Augustin devait servir de règle j surtout à des critiques ou à des protestans. Je lui laisse à expliquer ce beau parallèle entre les protestans et les critiques, qui se prêtent la main mutuellement, pour se rendre e'galement inde'pendans du tribunal de saint Augustin j mais je demande oîi est le bon sens de récuser ce Père dans une interprétation, si Ton veut grammaticale, mais qui au fond dépend de la suite des paroles de saint Paul , et ne peut être déterminée que par cette vue? Où étoit donc le tort de Bèze de renvoyer à saint Augustin , sur une matière qu'il avoit si expressément et si doctement démêlée ? Ce que je dis, afin qu'on entende que notre critique écrit sans réflexion , selon que ses préventions le poussent ou d'un côté, ou d'un autre, et qu'il raisonne également mal, soit qu'il blâme les protestans , soit qu'il les suive.