CHAPITRE XXL
Parfaite conformité des idées de ces Pères sur le péché originel, avec celles de saint Augustin.
Voila pour ce qui regarde l'universalité et l'autorité des témoins de saint Augustin : mais pour y ajouter l'uniformité , il n'y a aucune partie de la doctrine de ce Père qu'on ne trouve dans leurs témoignages. Faut-il appeler le péché originel un véritable péché? Qu'on lise dans saint Augustin (') le témoignage de saint Cyprien , de Pœtice, d'Olympius, de saint Hilaire, de saint Ambroise, on l'y trouvera. Saint Cyprien dit en termes formels, que c'est un péché si véritable, qu'il ne faut rien moins aux petits enfans que le baptême pour le remettre (2) : Réticius, de peur qu'on ne croie que la peine seule passe en nous , inculque avec une force invincible le poids de l'ancien crime , les anciens
(0 Lib. L. c. 112. — (») Ibid. n. 6.
crimes j les crimes nés avec nous (0 : Olympius etahWtpar la mortelle transgression du premier homme, le vice dans le germe d'où nous avons été formés , et le péché né avec l'homme ip). S'il faut forcer tous ces passages, pour dire que par le péché on en doit entendre la peine , il n'y a plus rien dans l'Eglise qu'il faille prendre à la lettre, ni aucun acte pour établir la tradition, qui ne puisse être éludé : les principaux passages de l'Ecriture dont saint Augustin se servoit, étoient pour l'ancien Testament celui de David : Ecce in iniquitatibus , et pour le nouveau celui de saint Paul : Per unum hominem , etc. depuis le t^. 12 jusqu'au ^. 20 du cliap. v de l'épître aux Romains.
Sur le premier passage, saint Augustin produisoit le témoignage de saint Hilaire, de saint Grégoire de Nazianze et de saint Ambroise; et sur le second , il alléguoit outre saint Ambroise , qui traduisoit et expliquoit expressément comme lui ce fameux in quo , tous les Pères qui reconnoissoient qu'en effet nous avions tous péché en Adam.