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CHAPITRE Vill

Huitième vérité : l'endurcissement du côté de Dieu ri est ^as une simple permission , et pourquoi,

pAu-LA donc est établie, en huitième lieu, la doctrine de la permission du péché. Il y a la simple per-

(0 Rom. I. 8.

ET nES SAINTS i'£RES, LIV. XI. 6o5

mission où le péché n'est pas regardé comme une peine ordonnée de Dieu en un certain sens, mais comme le simple effet du choix de l'homme ; et il y a la permission causée par un péché précédent , qui est la pénale , qui par conséquent n'est plus une simple permission; mais une permission avec un dessein exprès de punir celui, qui s'étant livré de luimême avec une détermination plus particulière à un certain mauvais désir, mérite par-là d'être livré à tous les autres.

C'est de quoi nous avons un funeste exemple dans la chute des justes. Le premier péché oh ils tombent n'est pas un effet , ou , pour parler plus correctement, n'est pas une suite de la justice de Dieu qui punit le crime ; puisqu'on suppose que celui-ci est le premier; mais quand après ce premier crime, l'homme que Dieu pouvoit justement livrer au feu éternel, par une espèce de vengeance encore plus déplorable, est livré, en attendant, à des crimes encore plus énormes, et que d'erreur en erreur, et de faute en faute , il tombe enfin dans la profondeur et dans l'abîme du mal où il est abandonné à lui - même , à l'ardeur de ses mauvais désirs, à la tyrannie de l'habitude, en un mot, où il est vendu au péchés selon l'expression de saint Paul , et qu'il est entièrement 50« esclave, selon celle de Jésus-Christ même; alors, dit saint Augustin (0 , il est subjugué j il est pris , il est entraîné , il est possédé par le péché.

VlWClTUR, CAPITUK, TRAHlTCil , POSSIDETtlR. La pcr-

mission du péché, qui s'appelle dans cet état endurcissement de cœur et aveuglement d'esprit, n'est

(0 Cwit. Juh /. V. c. m.

6o6 DÉFENSE DE LA TllADITlON

plus alors une simple permission, mais une permission cause'e par la volonté de punir ; et il arrive à celui qui a mérité d'être puni de celte sorte, en tombant d'abîme en abîme, de se plonger dans des péchés qui sont tout ensemble , comme dit le même Père , et de justes supplices des péchés passés , et mérites des supplices futurs. Et peccatorum supplicia PR^TERITORUM ET SUPPLICIORUM MERITA FUTU- RORUM.

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