CHAPITRE XL
Preuves de saint Augustin sur la vérité précédente : témoignage exprès de l'Ecriture.
Qu'ainsi ne soit : écoutons parler saint Augustin même dans l'endroit que cet auteur a repris, et voyons comment il comljat ce terme de patience dans l'écrit de Julien (3). C'est en montrant que si
(>) Job. I. 12. 11. 6. — '■?) MaUh. via. Marc. v. — ^^) L. v. c. xiir.
les
les faux prophètes se trompent, l'Ecriture dit que Dieu les se'duit; c'est-à-dire, que par un juste jugement, il les livre à l'esprit d'erreur, pour ensuite étendre sa main sur eux et les perdre sans mise'ricorde ; d'où il conclut que ce n'est donc point une simple patience, mais un acte d'une cause toutepuissante qui veut exercer sa justice. Il demande, dans le même esprit, si c'est par puissance ou par patience que Dieu prononce ces paroles: Qui séduira Achab , roi d'Israël, afin qu'il marche à Ra~ moth et çu il j périsse (i); et il parut un esprit qui dit : Je le tromperai , et je serai un esprit menteur dans la bouche de tous ses prophètes ; et le Seigneur dit : Tu le tromperas et tu prévaudras : -va et fais comme tu dis; passage terrible, qui nous fait voir que Dieu ne laisse pas seulement agir les mauvais esprits , mais qu'il les envoie et les dirige par sa puissance, afin de punir, par leur ministère, ceux à qui sont dus de semblables châtimens. Cent passages de cette sorte montrent qu'il emploie sa puissance pour faire servir à sa juste vengeance ces esprits exécuteurs de ses jugemens. Ainsi périt ce qui doit périr : ainsi est trompé ce qui le doit être j et il ne nous reste qu'à nous écrier avec David : Kos jusemens sont un grand abîme (2).
(•> ///. Be^. xxn. 20 (') Ps. xu. 8.
ClO DÉFENSE DE LA TRADITION