‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctesChapitre 279 sur 321 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Septième proposition qui regarde encore le don de persévérance : comment il peut être mérité, et nen est pas moins gratuit.

Septième proposition : Quoique le don de persévérance finale puisse être, en quelque façon, mérité par les âmes justes, il n'en est pas moins gratuit. Cette proposition a deux parties : la première, qu'on peut mériter en quelque manière le don de persévérance , est clairement de saint Augustin , qui accorde sans difficulté aux semi-pélagiens que ce don peut être mérité par d'humbles prières : Sdpplici- TER EMERERi poTEsT (0 ; mais la seconde partie, qu'il n'en est pas moins gratuit, est aussi certaine ; puisque pour mériter parla prière le don de persévérer dans les bonnes œuvres, il faut auparavant avoir reçu gratuitement le don de persévérer dans la prière même ; et ainsi ce grand don de persévérance qu'on peut mériter en priant, selon saint Augustin, selon le même saint Augustin, est gratuit dans sa source, qui est la prière.

Pour l'entendre , il ne faut que se souvenir de la cinquième proposition , où l'on a vu que tous ceux qui prient ont reçu efficacement le don de prier. Ce don n'est pas mérité, puisque c'est par la vertu de ce don que l'on mérite tout ce qu'on mérite. Ce C') De dono pers, cap. vi.

don enferme la foi, la confiance, l'humilité, qui sont les sources de la prière, toutes choses qu'on a reçues gratuitement par cette grâce qui fléchit les cœurs. Qu'on ne pense donc pas pouvoir mériter par ses prières tout l'effet de ce grand don de persévérance , puisqu'un des effets de ce don est d'avoir le goût, le sentiment, la volonté, et, comme on a dit, l'acte même de prier, qu'on ne reçoit que par grâce, iMPERTiTO oratiowis affectu et effectu (0.

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