SOLUS
C'est donc là de toutes les consolations que les enfans de Dieu peuvent recevoir la plus solide et la plus touchante , de n'avoir à glorifier que Dieu seul dans l'ouvrage de leur salut ; et il ne faut pas appréhender que la prédication de cette doctrine mette les hommes au désespoir : Quoi! faut-il craindre , dit saint Augustin (?) , que Vhomme désespère de lui-même et de son salut , quand on lui montre à mettre en Dieu son espérance , et qu'il cesse d'en desespérer quand on lui dira, superbe et malheureux qu'il est, qu'il n'a qu'à espérer en lui-même ? Ce seroit le comble de l'aveuglement et de l'orgueil. Mais si l'on ne peut entendre cette vérité dans la dispute , si les esprits pesans et foibles ne sont pas
(0 De dono pers. c. vi. n. i2. — (») De prœd. SS. c. r. n. g,
(^; De dono persev. cap. xxii.
G'JO DÉFENSE DE LA TKADITlOiV
encore capables de pénétrer les expositions de l'Ecri^ ture^ ils auront, continue saint Augustin (0, un moyen plus aisé d'entendre une vérité si importante à leur salut. Qu'ils laissent là toutes les disputes, et que seulement ils se rendent attentifs aux prières qu'ils font tous les jours ; sic audirent vel non audirent in hac quœstione disputationes nostrasj ut magis intuerentur orationes suas. C'est là que le Saint- Esprit qui leur dicte leurs prières, leur décidera que c'est de Dieu uniquement qu'il faut tout attendre; puisqu'il faut attendre de lui, autant ce que nous faisons nous-mêmes, que ce qu'il fait en nous-, et c'est à ce qu'ils apprendront dans les prières que l'Eglise a toujours faites et fera toujours depuis son commencement jusqu'à ce que ce siècle finisse , quas semper habuit et habebit Ecclesia au
KXOUDIIS SUIS DONEC FINIATUU HOC S^CULUM.