CHAPITRE IX
L'auteur affaiblit encore la tradition par saint Hilaire , et dit indifféremment le bien et le mal.
NoTHE auteur n'attaque pas moins la tradition en parlant de saint Hilaire, lorsqu'il remarque avec tant de soin (2) que ce Père ne s'appuie pas même sur les traditions et sur les témoignages des anciens docteurs , mais seulement sur les livres sacrés. Il est vrai qu'il insinue au même lieu, que saint Hilaire en usoit ainsi pour combattre les ariens ^ar leur propre principe , et même selon leur méthode , à cause que l'Ecriture était leur fond principal.
Il semble donc qu'il ne fait omettre la tradition à saint Hilaire que pour s'accommoder aux ariens ; mais le contraire paroît éans les paroles suivante^^) ; Jl suppose ( c'est saint Hilaire ) , que las ariens convenaient de principes avec les catholiques ^ ayant de part et d autre la même Ecriture , et que toute leur dispute ne consistait que dans le sens qu'on lui devait donner. Si le principe des ariens étoit la seule Ecriture, et si saint Hilaire en convient avec eux, il convenoit donc avec eux que l'Ecriture étoit suf-
(») L. u. cont. Jul. c. X. n. 34- - W P. x32. — ^h Ibid.
'jS DÉFENSE DE LA TRADITION
fisante, et qu'on n'avoit besoin de la tradition, ni pour expliquer ce qu'elle dit , ni pour suppléer à ce qu'elle tait : ce n'étoit donc pas pour s'accommoder aux ariens, que saint Hilaire ne s'appuyait pas sur les traditions ; c'est à cause que le principe commun étoit que 1 Ecriture est assez claire, et la tradition inutile. C'est pour cela qu'il fait dire au même Père (0, que ces paroles de Je'sus-Christ : Allez maintenant instruire toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprilj sont simples et claires d'elles-mêmes. Ainsi l'Ecriture est claire selon les Pères : selon M. Simon l'on n'en peut rien conclure de certain, il faut avoir recours à la tradition; et néanmoins saint Hilaire ne s'appuie pas dessus. Notre auteur dit tout ce qu'il veut; il dit le pour et le contre , et fait sortir de la même bouche le bien et le mal , contre le précepte de saint Jacques (2), afin que chacun choisisse ce qui lui convient, et que tout soit indifférent.