CHAPITRE IV
Jlatorite de l'Eglise d^Occident. S^il est permis à M. Simon d'en appeler à l'Eglise orientale. Julien le pe'lagien convaincu par saint Augustin dans un semblable procède.
Contre une si grande autorité de tout l'Occident , M. Simon nous appelle à l'Eglise orientale , comme plus éclaire'e et plus savante. C'est de quoi ie ne conviens pas. Mais sans commettre ici les deux Eglises, et sans vouloir contredire nos critiques, qui s'imaginent qu'ils paroissent plus savans en louant les Grecs, je répondrai à M. Simon ce que saint Augustin répondit à Julien qui , comme lui , rabaissoit l'autorité de l'Eglise occidentale (2) : Je crois que cette partie du monde vous doit suffire , ou Dieu a voidu couronner d'un tres-glorieux maitjre le premier de ses apôtres j par où il a établi dans l'Occident la principauté, de la chaire apostolique , comme lui-»même il l'explique ailleurs en tant d'endroits. Que répondra M. Simon à une aussi grande autorité que celle de l'Eglise occidentale, qui a l'Eglise romaine à sa tête , la mère et la maîtresse de toutes les Eglises ? Peut - on nier que cette partie du monde doive suffire à M. Simon aussi bien qu'à Julien , et
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l8 DÉFENSE DE LA TRADITION
d'autant plus à M. Simon qu'à Julien, que toute l'Eglise catholique s'est enfin depuis renfermée dans l'Occident? Ainsi l'autorité de l'Occident, selon lui si favorable à saint Augustin et à sa doctrine , sufïiroit pour réprimer ses censures; et lorsqu'il nous menace de l'Orient, à l'exemple des pélagiens, après que tout l'Occident se fut déclaré contr'eux , nous continuerons à lui dire ce que le même saint Augustin dit encore à Julien dans le même endroit : C'est en vain que vous en appelez aux éwéques d'Orient, puisqu'ils sont sans doute chrétiens, et que leur foi est la notre , parce qu'il nj a dans T Eglise qu'une même foi. C'est donc en vain que vous alléguez la doctrine des anciens Pères d'Orient, comme si elle étoit contraire à celle de saint Augustin , que l'Occident approuvoit; vous commettez les deux Eglises j vous faites voir de la partialité dans le corps de Jésus- Christ contre la doctrine de l'apôtre, qui au contraire y fait voir un parfait consentemei\t de tous les membres ; et sans encore entrer dans la discussion des senlimens des Pères grecs , il vous doit suffire que vous êtes né en Occident-^ que c'est en Occident que vous avez été régénéré par le baptême : ne méprisez donc pas l'Eglise où vous avez été baptisé. C'est ce que saint Augustin disoit à Julien, et nous en disons autant à M. Simon.
ET DES SAIKTS PÈIIES, L I V. I. iq