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CHAPITRE XXIV

La même chose se prouve par les Pères : trois sources pour en découvrir la tradition : première source , les apologies de la religion chrétienne,

M. Simon allègue (0 les Pères en faveur du sentiment de Grotius; mais il n'en a pu nommer un seul , et nous pouvons, au contraire, les nommer tous contre lui. Mais pour ne pas entreprendre contre notre auteur une dissertation immense, et ne laisser pas cependant sa te'mérité impunie , nous lui marquerons seulement trois sources, où il auroit pu découvrir , non pas le sentiment des particuliers , mais celui de toute l'Eglise.

Je lui nommerai premièrement les apologies de la religion chrétienne, qu'on présentoit aux empereurs et au sénat , au nom de tout le corps des chrétiens.

La plus ordinaire objection qu'on leur faisoit , c'est qu'ils croyoient en Jésus-Christ sans raison ; mais saint Justin répondoit au nom d'eux tous, que ce n'est pas croire sans raison que de croire ceux qui nonl pas dit simplement, mais qui ont prédit toutes les choses que nous croyons , long-temps avant qu elles fussent arrivées C^); ce qui, selon lui, fj'est pas seulement une preuve, mais encore, pour me servir de ses propres termes bien opposés à ceux de M. Simon et de Grotius, la plus grande et la plus

(«) P. 808 W Jiut. Apol. II.

iSa DÉFEîrSE DE LA TRADITION

forte de toutes les preuves , une ve'ritable démonstration , comme ce saint l'appelle ailleurs.

[Tertullien (0, un autre fameux de'fenseur de la religion chre'tienne , dans l'apologie qu'il en adresse au sénat et aux autres chefs de l'empire romain , exclut comme saint Justin, tout soupçon de légèreté de la croyance des chrétiens ; à cause , dit-il , quelle est fondée sur les anciens nionumens de la religion judaïque. Que cette preuve fût démonstrative, il le conclut en ces termes : Ceux qui écouteront ces prophètes trouveront Dieu ; ceux qui prendront soin de les entendre seront forcés de les croire. Qui studuerint intelligere cogentur et credere (2). Ce n'est donc pas ici une conjecture, mais une preuve qui force , cogentur : ce qu'il confirme en disant ailleurs (3) : « Nous prouvons tout par dates , » par les marques qui ont précède, par les effets » qui ont suivi : tout est accompli, tout est clair ». Ce ne sont pas des allégories ni des ambiguïtés, ce n'est pas un petit nombre de passages; c'est une suite de choses et de prédictions qui démontre la vérité.

Origène dans son livre contre Celse (4) , qui est une autre excellente apologie de la religion chrétienne, ajoute aux preuves des autres ses propres disputes, oii il a fermé la bouche aux contredisans*, et il répond pied à pied aux subterfuges des

C') On trouve dans la Dissert, sur Grotius , tom, Vf. p. 481, et suif. ce qui est ici marqué entre deux crochets.

(») Tertull. yîpol. n. 18. — (3) Adu. Jud. 8. p. 164. — (4) Lih. i. p. 38, 42» 43» 78, 86. Lib. ni. p. 127.

ET DES SAIKTS PÈRES, Î.IV. III. l83

Juifs qui detournoient à d'autres personnes les prophe'ties que les chrétiens appliquoient à Jésus- Christ. Pour nous ^ continue-t-il (0, nous prouvons, nous démontrons que celui en qui hous croyons a été prédit, et ni Celse , ni les gentils, ni les Juifs , ni toutes les autres sectes n'ont rien à répondre à cette preuve.

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